3000 km sur un catamaran des glaces, une nouvelle expédition à travers l’Océan Arctique

« La Voie du Pôle » est le nouveau défi de Sébastien Roubinet accompagné de Rodolphe André.
Deux hommes d’expérience pour une aventure aux multiples objectifs.

En 2007, Sébastien Roubinet et son équipe franchissent le passage du Nord-Ouest uniquement à la voile sur Babouche,un bateau conçu et réalisé spécialement pour ce programme par Sébastien Roubinet lui-même.

En 2000, Rodolphe André, accompagné d’Arnaud Tortel, traverse l’Océan Arctique à pieds, entre la Russie et le Canada, 1800 km en 106 jours.

Le prototype de la  Voie des Glaces - photothèque S.Roubinet

En 2011, Sébastien Roubinet et Rodolphe André vont ensemble traverser l’Océan Arctique, entre eau et glace, avec pour seule assistance celle du vent .
Il partiront d’Alaska, pour une arrivée au Spitsberg en passant par le pôle Nord.
Sur près de 3000 km (1750 milles nautiques), ils feront progresser un drôle d’engin, hybride catamaran/char-à-glace, capable d’évoluer sur l’eau et sur la banquise.

Les motivations essentielles

Un pari technologique osé, doublé d’un défi sportif nécessitant un mental et un physique à toute épreuve, et particulièrement l’amour de ces régions polaires, contrées menacées par des évolutions climatiques

La banquise arctique maigrit à vue d’œil (de satellite) depuis trente ans, sa surface en fin d’été a diminué de 40% et son épaisseur moyenne de 50%, passant de 3m à 1,5m.
La banquise estivale pourrait disparaître complètement vers 2030 ; cette disparition aura des conséquences radicales sur le climat planétaire global.
Les modèles de prévisions climatiques actuels sont incapables d’expliquer cette accélération des processus ; la science, même aidée des technologies satellitaires les plus avancées, reste pour le moment aveugle.
Il est donc urgent de mettre la banquise sous surveillance étroite, ce que font plusieurs programmes de recherche internationaux avec des moyens de surface variés : navires brise-glaces, stations dérivantes, bouées automatiques.
Le catamaran des glaces de Sébastien Roubinet (5m, 200kg) semble bien dérisoire face à ces moyens lourds.
Mais c’est justement un atout : grâce à sa légèreté et à l’absence de propulsion mécanique, il va effleurer l’Océan Arctique tel une libellule posée sur l’eau, sans perturber le milieu traversé.
Engin hybride capable d’évoluer sur l’eau et sur la banquise, c’est donc une plateforme d’observation unique pouvant fournir des données de premier choix .
Seuls des instruments scientifiques très légers et peu énergivores (solaire) ont droit d’asile à bord !

Pour les scientifiques, c’est un pari technologique passionnant : Sébastien et Rodolphe embarquent un sondeur électromagnétique mesurant en continu l’épaisseur de banquise défilant sous le catamaran et une station météo automatique.
Accompagnées de prises de vue vidéo régulières décrivant l’état de surface de la glace, ces observations contribueront à l’étalonnage des télémesures d’épaisseur de banquise effectuées par le nouveau satellite Cryosat II, qui a été lancé au printemps 2010 et sera totalement opérationnel à l’été 2011 pendant l’expédition.

    Imprimer Commenter Partager

    Laisser un commentaire