AKENA Vérandas de retour en Vendée dans son port d’attache

Le grand oiseau blessé a retrouvé son port.
Le 60 pieds AKENA Vérandas, remorqué depuis samedi soir par l’Anthinéas, est arrivé ce matin à 11h45 aux Sables d’Olonne, son port d’attache.
AKENA aux Sables

Emu, Arnaud Boissières a remercié longuement tous ceux qui l’avaient soutenu depuis le début de la mésaventure, et sa première pensée a été pour les salariés d’AKENA Vérandas. « Depuis que j’ai branché mon téléphone ce matin, ça n’arrête pas de sonner. J’ai plein de messages de soutien de la part des salariés et je suis très touché » a expliqué le skipper.
Sur le ponton Vendée Globe, une cinquantaine de personnes avaient fait le déplacement pour saluer ce Sablais d’adoption.
Parmi eux, beaucoup d’anonymes mais également des personnalités à l’image du député – maire des Sables d’Olonne, Louis Guédon, Christophe Chabot, PDG d’AKENA Vérandas, a expliqué que cette avarie « compliquerait la saison à venir » sans remettre en cause le projet vendéen.  » Cela va nous donner encore plus d’énergie pour faire encore mieux la prochaine fois » a-t-il conclu.
Le bateau noir et vert sera donc amarré, dans un an, à ce même ponton pour prendre le départ du Vendée Globe.

Les mots d’Arnaud Boissières :

« Nous sommes contents d’avoir ramené le bateau. La déception, ça viendra plus tard. Le principal, c’était de ramener le bateau dans de bonnes conditions. Bien sûr que nous sommes déçus. D’abord, pour AKENA qui me soutient depuis un moment, pour tous les salariés. … Déçu parce qu’avec Gérald, nous avons fait un bon début de course. Déçu pour l’équipe technique parce qu’elle a vraime

nt travaillé d’arrache pied pour que le bateau soit prêt. Et quand tu es au large et que Plonplon vient te chercher avec un bateau de pêche, ça fait vraiment plaisir… C’est grâce à eux que nous avons pu ramener le bateau, et l’Anthineas qui est un bateau de pêche aussi. Il y a une aile cassée à ce bel oiseau noir et le principal est que l’on puisse la réparer pour le prochain Vendée Globe. Nous avons tous l’énergie pour. Nous sommes tous très motivés et moi plus aujourd’hui qu’avant.

AKENA VERANDAS Arnaud-et-Gerald« Je suis aussi déçu pour Gérald parce que je l’emmène dans cette aventure et elle n’a duré que trois jours… Je suis déçu pour lui qu’on n’ait pas pu s’exprimer pleinement mais la mer n’a pas voulu nous laisser passer cette fois… La prochaine fois, j’espère que ça passera mieux. »

Les mots de Gérald Véniard :

« Non, je n’ai pas eu peur. Avec Arnaud, on ne peut pas avoir peur. C’est un grand marin, tout le monde le sait, il a quand même terminé un Vendée Globe avec force et bravoure. On n’a pas eu le temps d’avoir peur. Ça surprend parce qu’on ne s’y attendait pas et ce n’étaient pas des conditions qui laissaient imaginer qu’on allait prendre le mat sur la gueule. Ça s’est passé dans des conditions plutôt clémentes et le mat est tombé brutalement. C’est très bruyant. Ça, je vais m’en souvenir longtemps. Au bruit, j’ai eu l’impression qu’on s’était pris un cargo de pleine face, mais en fait, pas du tout. Nous étions tout seul à ce moment là. Le carbone, ça explose vraiment. Ça projette des bouts dans tous les sens. »
Un équipage très peiné :
Nous avons eu peur que le mât qui pendouillait sur le côté du bateau transperce la coque, ce qui n’aurait pas été bon pour nous. Il a fallu se débarrasser de tout ce qui pendait le plus vite possible. Nous avons coupé. Arnaud à la scie à métaux et moi avec un grand couteau, pour laisser filer une belle somme d’argent et une belle somme d’énergie »
« Ça fait mal au cœur de regarder ça couler devant nous, en pleine mer. Je crois que nous avons agit en bons marins puisque nous n’avons pas eu le temps d’avoir peur. Avec ce qui nous restait, nous avons fait un gréement de fortune. C’est beau quand nous voyons des photos chez les autres, mais quand nous le faisons nous même, ce n’est pas pareil. Après, nous avons été ballotés par les vagues.
Le bateau ne ressemble plus à rien. Quand il n’y a plus de mat, plus de voile, ce n’est plus un bateau, c’est un radeau. C’est des moments difficiles mais nous n’avons pas perdu espoir et aujourd’hui, le bateau, il n’a rien. Il lui en manque un beau morceau mais ce n’est pas grave.
Comme disait Arnaud, nous en ferons un autre ! ……. »
Le regard sur les autres bateaux de la course:
« Aujourd’hui, nous apprenons qu’il y en a plein d’autres qui ont des soucis, dont un qui doit être dans une mauvaise posture, c’est Poujoulat. Ça aussi ça nous arrache le cœur. Ça fait mal aussi de savoir les autres en difficulté. Avec Arnaud, nous arrivons à bien nous entendre dans la difficulté mais c’est pour cacher la déception que nous faisons les clowns… Bien sûr que ça fait mal. C’est un an de travail en ce qui me concerne et plusieurs années pour Arnaud. Nous avions l’impression d’être dans le coup et de pouvoir se battre… Voila, c’est comme ça. »
Plus d’infos :
http://www.akenaverandas.com

    Imprimer Commenter Partager

    Laisser un commentaire