Belle lutte entre Armel et Alex pour une arrivée prévue le 19 janvier

Armel Le Cléac’h et Alex Thomson entament leur dernière ligne droite qui s’annonce plutôt courbe : les deux leaders vont devoir remonter plein Nord avant d’obliquer vers la Bretagne, puis descendre le long des côtes vendéennes, pour une arrivée prévue le jeudi 19 janvier. Mais avec quel écart et qui devant ?
Il faudra probablement attendre encore jusqu’à mardi prochain pour savoir qui d’Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) toujours en tête ce samedi matin avec 120 milles de marge, ou d’Alex Thomson (Hugo Boss) a le plus de chance de franchir la ligne d’arrivée jeudi prochain en vainqueur. Car une nouvelle fois, le Britannique revient à portée de lance-pierres du Léonard dans des vents encore très instables et faiblards au large des Canaries. Les alizés d’Est n’arrivent pas à prendre du coffre en raison de cette dépression au milieu de l’Atlantique qui perturbe tous les schémas habituels.

Retrouver la pression

L’anticyclone des Açores est bien là, mais il est décalé au large du golfe de Gascogne : les deux leaders vont donc devoir faire un grand tour jusqu’à l’entrée de la Manche avant de piquer sur Les Sables d’Olonne : c’est donc une bonne opportunité pour le Gallois puisque dès ce soir, le vent de Sud-Est va se renforcer à l’approche de l’archipel, une fois ces calmes canariens traversés. L’accélération sera franche dès dimanche avec plus de trente nœuds attendus en début de semaine, mais ce sont aussi les vents instables de la fin de parcours qui vont entretenir le suspense jusqu’aux côtes bretonnes. La priorité en ce début de week-end est de sortir du marasme canarien, ce qui s’annonce très compliqué pour les deux leaders ce samedi.

La situation est bien plus claire pour Jérémie Beyou qui navigue 500 milles plus au Sud dans des alizés de Nord-Est d’une vingtaine de nœuds : c’est dimanche où le skipper de Maître CoQ va s’arracher les cheveux dans une bulle incontournable qui va sensiblement le ralentir avant de toucher le flux de Sud-Est de ses prédécesseurs. Heureusement, l’Atlantique Nord commence à se remettre en place et Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac) ne devrait pas souffrir de cette configuration originale. En revanche, le Niçois doit grappiller des degrés en longitude pour se recaler devant ses deux poursuivants plus à l’Est, actuellement encore englués dans le Pot au Noir : Jean Le Cam (Finistère Mer Vent) et Yann Éliès (Quéguiner-Leucémie Espoir) cherchent la sortie du « tunnel » et la belle lune de ce samedi est un atout pour zigzaguer entre les grains.

Le train-train quotidien

La problématique n’est pas la même dans l’hémisphère Sud : Louis Burton (Bureau Vallée) commence à accélérer dans des alizés d’Est d’une quinzaine de nœuds tandis que Nándor Fa (Spirit of Hungary) s’extrait d’une dépression australe plutôt tonique qui lui a apporté plus de quarante nœuds la nuit dernière… Éric Bellion (Commeunseulhomme) est juste derrière cette perturbation qui va lui permettre de gagner rapidement vers le Nord-Est tout comme son poursuivant Conrad Colman (Foresight Natural Energy) qui profite d’un bon flux de secteur Sud aux abords des îles Falkland.

Et du côté du cap Horn, cela se précise : Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut) devrait le déborder dans moins de 48 heures avec une petite marge d’avance sur Arnaud Boissières (La Mie Câline) qui s’est recalé dans son sillage après une option vers le Sud qui n’a pas porté ses fruits. Et à une centaine de milles, le Suisse Alan Roura (La Fabrique) a fait le break sur l’Américain Rich Wilson (Great American IV) dans un flux de Nord-Ouest bien propulsif ! Un environnement bien différent pour l’Espagnol Didac Costa (One Planet-One Ocean) et Romain Attanasio (Famille Mary-Étamine du Lys) qui se couvrent de polaires dans un vent glacial venu de l’Antarctique par 54° Sud…

EXTRAITS DES VACATIONS 
Alex Thomson (Hugo Boss) :
« Je réduis un peu l’écart par rapport à Armel car il est entré dans la cellule anticyclonique. Je le suis et ma vitesse chute aussi à quatre nœuds. C’était prévu et cela va continuer pendant une journée. J’espère être mieux positionné à l’Ouest pour profiter d’un petit peu plus de vent que lui. Après les vents faibles, on aura une brise de Sud-Est, ce qui nous permettra d’accélérer et de dépasser les vingt nœuds. On aura ces vitesses-là jusqu’aux abords de la Manche et nous ne serons pas loin l’un de l’autre. Ensuite il va falloir traverser une dorsale. D’ici six jours, les prévisions peuvent évoluer… Le résultat dépendra de comment j’avance dans cette zone de vents faibles. Pour gagner la course, je crois qu’il va falloir que je sois devant lui dès cette dorsale. Le premier à en sortir pourra creuser l’écart sur les dernières centaines de milles. »

Louis Burton (Bureau Vallée) :

« Je suis allé presque jusqu’au centre de l’anticyclone des Açores pour aller chercher la bascule de vent et ça s’est pas mal combiné : certes, c’est encore un peu mou mais ça a commencé à repartir en milieu de nuit. Maintenant, c’est plutôt pas mal avec une belle lune, un alizé qui commence à s’établir à 15-18 nœuds d’Est. Le bateau marche bien à 14-15 nœuds : comme dit Jean-Pierre Dick, c’est « easy sailing » ! Il y a un comblement du Pot au Noir qui se profile, du coup je devrais y être dans trois à quatre jours… »
CLASSEMENT DE 5H00
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