Brad Van Liew, premier au Cap Horn

« C’est un grand soulagement de franchir le Cap Horn sans incident. Maintenant le vent doit tomber complètement et je vais être scotché quelques temps. Mais j’y penserai plus tard. Je savoure d’abord l’instant ».

Brad Van Liew au passage du cap Horn

A 43 ans, Brad Van Liew a franchi le Cap Horn pour la troisième fois de sa carrière lundi soir à 22h30 UTC. Il entre ainsi dans l’histoire en devenant le premier Américain à cumuler trois passages en solitaire devant ce cap mythique.

Le skipper américain quitte les Mers du Sud et met le cap sur Punta del Este

Quinze jours après le départ de la troisième étape de la VELUX 5 OCEANS à Wellington en Nouvelle-Zélande, Brad est le premier concurrent à quitter le Pacifique Sud pour entamer sa remontée de l’Atlantique, direction Punta del Este en Uruguay, 1300 milles devant son étrave.

On ne changera pas le Horn !

Fidèle à sa réputation, le Horn a imposé à l’Eco 60 Le Pingouin des conditions particulièrement difficiles avec des vents violents et une forte houle quelques heures avant le passage du Cap. Mais au moment de doubler le fameux rocher, le ciel s’est dégagé et la mer s’est calmée pour offrir à Brad un magnifique souvenir :

« Cela fait pas mal d’années que je n’étais pas venu ici et c’est un moment vraiment magique », a t’il confié à l’équipe de la course.

« J’étais très ému en doublant le cap. Je m’en souviendrai toute ma vie. Il n’y a pas beaucoup de marins qui sont passés trois fois en solitaire et je suis très fier de faire partie de ce groupe. C’est un sentiment incroyable ».

Cap-Horn de Brad Van Liew

“L’approche du Cap Horn a été très difficile », poursuit le skipper américain.
« Les vagues étaient très dangereuses et j’ai eu beaucoup plus de vent que prévu. Il devait y avoir 30 nœuds et j’en ai eu 50 ! Et quand j’ai atteint le plateau continental, les vagues étaient assez effrayantes. J’ai planté l’étrave plusieurs fois et à deux reprises le bateau s’est levé par l’arrière avec les safrans hors de l’eau. Cela vous rappelle à quel point cet endroit peut être sans pitié ».

De nombreux skippers ont vu leur course se terminer à cet endroit. Certains y ont même laissé la vie.
Lors de l’édition 1990/91 de la course autour du monde, le Sud-Africain John Martin est entré en collision avec un iceberg à l’approche du Cap Horn et a été secouru par con compatriote Bertie Reed.
Quatre ans plus tard, le Britannique Harry Mitchell âgé de 70 ans a disparu en mer alors qu’il tentait de réaliser son plus grand rêve en doublant le Cap Horn.
Dans l’édition 1998/99, la Française Isabelle Autissier a du être secourue par Giovanni Soldini après avoir chaviré à l’ouest du Cap Horn.

La même année, Brad Van Liew affrontait une très violente tempête avec des vagues de plus de 20 mètres à l’approche du Cap Horn, tandis qu’en 2002/2003, Derek Hatfield, actuellement troisième derrière Brad et Gutek, chavirait dans ce même secteur.
Plus récemment, dans le Vendée Globe 2007/08, le Français Jean Le Cam était lui aussi secouru après avoir perdu sa quille et chaviré dans les environs du Cap Horn.

Le Polonais Zbigniew ‘Gutek’ Gutkowski devrait être le prochain skipper à franchir le Cap Horn. Il se trouvait ce matin à 345 milles d’extrémité sud de l’archipel Chilien.

1.Brad Van Liew – Le Pingouin : 1239.1 milles / 0 / 191.5 milles / 8 noeuds
2. Zbigniew Gutkowski – Operon Racing : 1623.2 milles / 384 milles / 203.8 milles / 8,5 noeuds
3. Derek Hatfield – Active House : 1656.5 milles / 417.4 milles / 279 milles / 11,6 noeuds
4. Chris Stanmore-Major – Spartan : 1829.6 milles / 590.4 milles / 265.8 milles / 11,1 nœuds

Troisième étape Wellington (Nouvelle-Zélande) – Punta del Este (Uruguay)

www.velux5oceans.com

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