Catastrophe écologique en Hongrie

Les boues rouges ont maintenant atteint le Danube.

Une catastrophe écologique qu’il est difficile de maitriser..
Budapest demande de l’aide de l’Europe

Le bilan provisoire de ce drame fait état de 4 morts et de plus 123 blessés, sans compter les milliers de poissons du Danube dont les branchies sont brulés par ces émanations toxiques, et les autres espèces aquatiques et oiseaux asphyxiées, englués, et ce désastre  dur la flore maculée et détruite par cette boue rouge.
Selon les constatations de Tibor Dobson, le chef régional des services anti-catastrophes l’écosystème entier de la rivière Marcal, directement touché par la marée rouge, a été détruit,
Les poissons morts ont également été trouvés dans la Raab. « Ils ne résistent pas au pH de 9,1 »,

Pour tenter de lutter contre ce flux toxique qui se répand dans les villages, les rues sont passées au jet d’eau, les rivières sont nettoyées. Par mesure de précautions, « il est interdit d’utiliser les puits » mais aussi de se nourrir de la végétation qui a été en contact avec cette boue rouge.
La chasse et la pêche sont aussi interdites dans les trois départements de l’ouest de la Hongrie qui sont déclarés en état d’urgence . Pour éviter les émanations lors du nettoyage les habitants portent des  masques et des lunettes.

Selon un responsable du Service des eaux, les échantillons d’eau prélevés au confluent de la rivière Raab avec le Danube révèlent « un taux alcalin légèrement supérieur à la normale, entre 8,96% à 9,07%« , alors que la normale est à 8%.

L’accident s’est produit le lundi 4 octobre dans une usine d’aluminium de la ville d’Ajka, à 160 km à l’ouest de Budapest).
Un réservoir s’est rompu pour une raison encore inconnue et a déversé quelque 1,1 million de mètres cubes de boue rouge toxique sur les sept villages avoisinants.

L’usine Magyar Aluminium (Mal), à l’origine de cette catastrophe se défend de la présence de plomb dans ces rejets  affirmant que la boue qui se déverse ne contient aucun métal lourd nocif, et détaille sur son site sa composition chimique: elle est constituée en majorité d’oxyde de fer (40-45 %), ce qui lui confère sa couleur rouge, mais aussi d’oxyde d’aluminium (10 à 15%), de dioxyde de silicium (10 à 15%), d’oxyde de calcium (6 à 10%), de dioxyde de titane (4 à 5%) et d’oxyde de sodium (5 à 6%). « Ses composants ne sont pas solubles dans l’eau », peut-on lire sur le site de l’usine.

Baisse de toxicité par dilution

La boue rouge, qui a déjà pollué deux rivières, la Marcal et la Raab, et qui a atteint le Danube, serait diluée et verrait ainsi  une baisse de son acidité.. Selon les dernières évaluations, le pH du Danube était  à 8,4 – contre 9,1 deux heures plus tôt .

Le rouge (toxique)est passé au vert (toxique)

Cette couleur rouge de l’eau est le résultat de ce déchet toxique en amont, et a depuis pris une teinte vert bouteille en raison de l’acide acétique versé dans la rivière pour faire chuter le pH.
Du plâtre massivement versé dans les rivières a provoqué des îlots flottants de mousse grisâtre.

Selon les experts, la boue rouge va également rendre infertile une bonne partie du sol, contaminé par des métaux lourds connus pour leur longévité.

L’inquiétude grandit pas seulement pour l’environnement en Hongrie mais aussi pour les pays limitrophes. Le Danube  traverse en effet 10 pays européens et 6 se situent en aval de la Hongrie : la Croatie, la Serbie, la Roumanie, la Bulgarie, l’Ukraine et la Moldavie.

Une angoisse qui gagne aussi la France qui possède la seule unique usine de traitement de minerai de bauxite produisant des boues rouges, située à Gardanne (Bouches-du-Rhone).
La secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, a demandé jeudi un « nouveau contrôle » de cette installation, en place depuis 1893 aujourd’hui exploitée par la société Rio Tinto, mais qui fait, selon les précisions du cabinet de Mme Jouanno, l’objet d’un suivi régulier.

Une enquête criminelle a été ouverte en Hongrie pour déterminer les responsables de cette pollution de grande ampleur. La facture de cette catastrophe industrielle sera lourde. Les premières estimations chiffrent les dégâts à un prix compris entre 5 et 10 millions d’euros.

Mais la réparation écologique n’a pas de coût !!

Pour un complément d’infos : www.lemonde.fr/planete/article/2010/10/08/boue-rouge-budapest-demande-l-aide-de-l-europe_1422061_3244.html

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