Départ dimanche 29 juillet de la 4ème édition des Sables – Les Açores – Les Sables

 A chaque édition des Sables – Les Açores – Les Sables, ils sont un bon quart de la flotte qui vont se confronter à leur première course hauturière à bord d’un Mini. 6,50 mètres d’inconfort permanent, d’astuces pour caser le bric-à-brac nécessaire à toute course au large, mais aussi de plaisirs de la glisse et d’histoires qu’on emmagasine pour les raconter au port.

Et avant le grand départ des 38 concurrents qui aura lieu aujourd’hui à 13H02,  les solitaires ont eu fort à faire en bricolages, avitaillement, choix de route.

 Les Sables-Les Açores-Les Sables 2012  ©Christophe BreschiEt leurs choix témoignent aussi de leurs priorités entre les obsédés de la performance qui partent à la chasse au poids, les maniaques de la trajectoire idéale et les philosophes qui se réjouissent simplement de se retrouver enfin seuls en mer…

 Entre les familles, les copains venus respirer un parfum d’aventure, les anciens qui s’offrent une bouffée de nostalgie, le ponton du Vendée Globe à Port Olona respire l’ambiance des grands départs. A bord des 6.50, c’est l’heure des derniers préparatifs.

 Ici, pas de préparateur attitré pour remettre clés en main à son skipper une monture parée pour la traversée.

 Ce sont encore les bonnes volontés, les réseaux d’amitiés qui font office de Sésame pour décharger le skipper de toutes les dernières tâches.

 Un choix de route difficile

 Internet oblige, certains navigateurs solitaires ont passé le plus clair de leur temps, rivés devant leur ordinateur, à compulser fiévreusement les différents routages possibles. Pour ce faire, il faut disposer d’une polaire de vitesse fiable – la polaire permet, en théorie, de déterminer la vitesse du bateau en fonction de l’angle et de la force du vent – et recouper les différents fichiers de vent fournis par les divers offices météorologiques.

 Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les choix de route s’avèrent d’une grande complexité : en cause, une petite bulle anticyclonique au milieu du golfe de Gascogne, centrée sur la route vers les Açores. En choisissant une route nord, on limite les risques d’une navigation sans vent, mais certains routages donnaient, hier encore, une navigation jusqu’à la latitude de la pointe de Bretagne. Soit un écart de route qui ne permet pas de rectifier son option.

 Deuxième inconvénient, cette route implique plusieurs jours de navigation au près, l’allure la moins favorite des Minis.

 Autre possibilité: tenter de contourner cette bulle par le sud, le long des côtes d’Espagne. La formation d’une petite dépression orageuse sur la péninsule ibérique peut provoquer des vents plutôt de secteur nord-est, mais par nature très instables. Avec en filigrane, le risque de se faire emprisonner par des calmes pour peu que la bulle redescende un peu en latitude.

 Difficile de choisir dans ces conditions.

 Au final, peut-être que l’issue de ce dilemme sera de faire un choix, puis d’observer la conformité ou non des conditions rencontrées pour décider de s’y tenir ou de changer son fusil d’épaule. Direction et force du vent, observation des nuages et surveillance scrupuleuse du baromètre seront peut-être les clés de la réussite.

Certains coureurs n’ont pas ces angoisses existentielles. Pour eux, l’essentiel est de savoir rentrer dans sa bulle dès la ligne de départ franchie, de se débarrasser au plus vite des scories de la vie terrienne. Savoir opérer cette mutation, c’est avoir la garantie que dès les premières heures de course, on sera efficace… les premiers milles peuvent se révéler déterminants, ne serait-ce que pour marquer psychologiquement ses adversaires.

 Pour ces gaillards-là, passer le temps nécessaire à bord pour vérifier que tout est bien en place comme on le souhaite, ranger son matériel avec un soin méticuleux, faire corps avec son bateau est tout autant essentiel que de brûler quelques neurones sur des supputations stratégiques.

 Capucine Trochet, marraine de la course, qui vient de rallier Lanzarote, sur Tara Tari, un bateau traditionnel bengali, en naviguant à l’ancienne ne désavouerait certainement pas cette manière de faire.
Derniers préparatifs photo : Christophe Breschi SAS-2012

 Quoiqu’il en soit anciens ou bizuts , tous, pour avoir le droit de prendre le départ, ont dû en passer par des épreuves qualificatives : justifier d’un certain nombre de milles en course sur leur bateau et avoir accompli hors course, un parcours de 1000 milles en solitaire sur son bateau.

 Ce dimanche matin il faudra déposer le téléphone portable auprès de l’organisation, signer la feuille d’émargement signifiant acceptation des instructions de course…

 Bref, ces instants-là concrétiseront cette bascule dans un autre monde :

On a beau être venu le chercher, s’être battu pour être sur la ligne, certains sourires seront un peu plus figés à l’heure de quitter les pontons de Port Olona.

Pour plus d’infos www.lessables-lesacores.com

 

 

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