Des récifs de coraux profonds dans le Golfe de Gascogne

La campagne océanographique BobEco qui a démarré le 9 septembre a permis de mettre en évidence à plusieurs centaines de mètres de profondeur, des récifs de coraux profonds et des falaises jusqu’alors inconnus dans le Golfe de Gascogne.
C’est à bord du navire océanographique Pourquoi pas? équipé du robot téléopéré Victor 6000, qu’une équipe de scientifiques européens est partie de Brest pour mener la campagne océanographique BobEco.

Cette mission qui a duré jusqu’au 11 octobre était dirigée par Sophie Arnaud-Haond (unité de recherche Étude des Écosystèmes Profonds du Centre Ifremer Bretagne) et a permis l’exploration de coraux profonds du golfe de Gascogne et à l’Ouest de l’Irlande.
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Cette campagne, comme les campagnes BobGeo qui l’ont précédées, s’inscrit dans le cadre du projet européen CoralFISH, dont l’objectif est de cartographier les écosystèmes coralliens en Europe, d’étudier les interactions entre ces habitats, les populations de poissons et les pêcheries, et de recueillir les bases scientifiques indispensables à une bonne gestion de ces écosystèmes.

Les coraux des eaux froides Paysage de récif du Canyon de la Petite Sole © Ifremer - Victor 6000/BOBECO 2011

Contrairement aux idées reçues, on ne rencontre pas uniquement les récifs coralliens dans les eaux chaudes tropicales.
L’Atlantique Nord renferme également des coraux. Ils ont été signalés pour la première fois au début du XXème siècle dans l’Atlantique Nord-Est par les pêcheurs dont ils endommageaient les filets.
Ce n’est que récemment et grâce à l’emploi de technologies modernes de cartographie que la distribution et l’étendue de ces structures récifales d’eaux froides ont été appréhendées.

En dépit de leur éloignement des côtes, ces écosystèmes sont impactés par l’activité humaine et le réchauffement climatique.

Il a été estimé que 30 à 50% des récifs norvégiens et irlandais de Lophelia pertusa (espèce de corail d’eau froide) ont été partiellement ou totalement détruits, sans que l’on connaisse leur capacité de régénération et les temps nécessaires au recouvrement de l’habitat.

Alors que ces habitats complexes, aussi appelés « coraux d’eaux froides », sont menacés par la pêche profonde et l’acidification de l’océan, très peu de données sont actuellement disponibles pour la façade Atlantique française

BobEco a donc eu pour mission  de permettre aux scientifiques  d’étudier les diverses données sur :
– l’identification des types d’habitats et la caractérisation génétique, chimique et microbiologique des récifs,
– la cartographie précise des différents habitats des coraux d’eau froide, isolés ou sous formes récifales, vivants ou morts dans le golfe de Gascogne,- l’inventaire et la structure spatiale des espèces associées,
– l’estimation de l’impact des pêcheries sur les écosystèmes coralliens.

Ces résultats ont été obtenus grâce à l’acquisition et l’analyse de photos et de vidéos, et à partir d’échantillons récoltés par le robot téléopéré Victor 6000.
Les images permettront notamment de faire l’inventaire des espèces de poissons présentes.

La campagne BobEco, qui constitue une contribution aux efforts nationaux, européens et internationaux pour la classification des habitats des coraux d’eau froide, permettra à terme de mieux comprendre la distribution, le fonctionnement et la vulnérabilité des écosystèmes coralliens.

http://wwz.ifremer.fr

 

 

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