Fabrice Amadeo en accord avec sa Route du Rhum

Fabrice Amadeo-Photo JM-Lio

Fabrice Amadeo-Photo JM-Lio

Journaliste au Figaro, Fabrice Amedeo bouclait voici 4 ans sa première Route du Rhum à la 26ème place. Fort de plus de 15 000 milles parcourus sur son Class40, un Akilaria RC2 dénommé SNCF Geodis – Newrest, il revient cette année sur la Reine des transats avec de toutes autres ambitions que simplement « boucler le parcours ».

Il s’est quatre années durant donné les moyens de progresser dans tous les compartiments du métier de navigateur océanique, travaillant avec les spécialistes Thomas Ruyant (Class 40 tenant du titre : Thomas Ruyant ou Armel Tripon, mais aussi aux côtés d’un coach physique, pour espérer jouer entre Saint-Malo et Pointe-à-Pître avec les 15 meilleurs d’un plateau qui comptait le 2 novembre dernier pas moins de 43 engagés. Au terme du 5ème jour de course, le skipper de SNCF Geodis – Newrest tient fermement la barre de ses ambitions. A la bagarre depuis 48 heures avec Miranda Merron pour le gain de la 8ème place du classement général provisoire, le journaliste « reporter du large » est non seulement parfaitement en rythme avec les meilleurs, mais il affiche un bonheur et une sérénité sur l’Atlantique qui en dit long sur le chemin parcouru depuis 2010.

Dans le bon paquet…

« Je me suis fait un peu avoir cette nuit car j’attendais la rotation du vent un peu plus tard… » Fabrice Amedeo raconte sans faux fuyant ses heures et malheurs de navigateur océanique. Au terme de 5 jours particulièrement éprouvants, marqués par trois passages de fronts virulents qui ont provoqué pas moins de 8 abandons et de multiples « arrêts aux stands » au sein de la Class des monocoques de 40 pieds, Amedeo l’amateur, certes éclairé, rivalise avec les Pros de la catégorie, et affirme plus clairement que jamais ses prétentions et son bonheur de disputer une Route du Rhum pour la gagne. « Le front est passé cette nuit alors que j’étais sous Code 0 et j’ai perdu 45 minutes avant d’envoyer le spi. Je suis toujours dans le bon paquet et c’est le principal. Le coup de vent est passé en douceur, de 13 à 18 noeuds avec de la pluie. Je vais renvoyer le grand spi ce matin pour glisser sur la route directe. J’étais avec Miranda (Merron) toute la journée. On était à 200 mètres l’un de l’autre et on s’est parlé par VHF. On s’est croisé et elle a un peu mieux navigué que moi en envoyant le Code  0. »

En phase avec sa course et son bateau

Franc, direct, enthousiaste, Amedeo l’amateur se glisse mille après mille dans la peau d’un navigateur chevronné, abordant avec sérieux et application les milles et une facettes du métier, gestion technique du bateau, navigation, analyse météo… sans oublier le bonhomme et sa bonne capacité à fonctionner :  » Pour l’instant, j’ai 13 noeuds de vent et la mer est toujours hachée. On va  rester un moment en tribord et il faut bien regarder quand on va de nouveau passer en bâbord pour contourner l’anticyclone. La situation météo est assez claire avec ce contournement des hautes pressions. Il faut bien appréhender ce timing de l’empannage à venir. Je pense qu’on a en a terminé avec le près. Le bateau est à plat, et on se met en configuration d’allures portantes, en matossant bien le bateau etc… J’ai toujours un petit souci d’électronique, le même que Miranda d’ailleurs, avec sa grande antenne qui est en rade. »

Comme dans un rêve

Mobilisé depuis quatre années par ce projet, Fabrice Amedeo vit un rêve éveillé en voyant se réaliser ses plus folles visions :« Pour l’instant cette Route du Rhum Destination Guadeloupe se déroule comme dans un rêve. Le départ musclé a provoqué un écrémage auquel j’ai échappé, me laissant parfaitement dans le coup, avec uniquement des avaries mineures  à gérer (tuyau de ballast arraché ndlr). Je crois avoir bien navigué jusqu’à présent, avec seulement de petites erreurs de timing notamment. On va entrer dans les alizés, dans lesquels je n’ai guère d’expérience. Il me faut rester très concentré et par bonheur, je constate à chaque instant que ma grosse préparation physique paie. Je suis super heureux d’être sur l’eau. J’ai faim… j’ai la gagne. Mon sommeil est de qualité, et je m’alimente de mieux en mieux. J’ai mis trois jours à m’alimenter normalement. Je suis en phase avec mon bateau. Il n’y a pas beaucoup de compartiments du jeu où je suis « à la rue ». Je fais ma stratégie et ma foi, cela se passe pas mal. Je me sens très à ma place dans cette Route du Rhum, et je vis de grands moments. Mes manoeuvres passent toutes seules, je me sens affuté et prêt à tout ce que cette course a en réserve pour moi. »

 

Le marin en deux mots :

Fabrice Amedeo, 36 ans, Levalloisien, originaire du Maine et Loire. Cinq transats en course : transat Jacques Vabre 2013, Quebec – Saint Malo 2012, Solidaire du Chocolat 2012,  Route du Rhum 2010, et Transat AG2R 2008. Participation à la Solitaire du Figaro 2008. Huit participations à la course du Fastnet, rédacteur en chef adjoint au Figaro, auteur de 6 ouvrages. Fabrice est l’auteur du livre de la 10ème édition de la Route du Rhum.« Les Héros de l’Atlantique » (Editions Glenat).

 

 

Suivez Fabrice : http://www.routedurhum.com/fr/s02_corporate/s02p08_cartographie.php

Source T.B Press

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