Inauguration grandiose ce 6 août 2015, d’une seconde voie du canal de Suez

C’est avec faste que L’Égypte lance les festivités pour célébrer l’expansion du canal, qui doit permettre de doubler le trafic à l’horizon 2023.

Avec un défilé aérien et une parade navale conduite par le président Abdel Fattah al-Sissi, l’Égypte inaugure ce jeudi avec faste une seconde voie du canal de Suez, un projet destiné à relancer une économie à genoux. La cérémonie, dont l’invité d’honneur est le président français François Hollande, se tiendra dans l’après-midi à Ismaïlia (nord-est), en bordure du canal. L’émir du Koweït et le roi du Bahreïn figurent parmi les personnalités attendues.
Ouvert en 1869 après une décennie de travaux, le canal relie la mer Rouge et la mer Méditerranée. C’est une des routes principales du commerce mondial – notamment pour le transport du pétrole – et une source précieuse de devises étrangères pour les autorités qui tentent de relancer une économie en crise depuis la révolte de 2011 qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir.

Canal de Suez

Image – le Point

L’expansion du canal représente l’un des projets phares d’Abdel Fattah al-Sissi, l’ex-chef de l’armée qui a destitué le président islamiste élu Mohamed Morsi en 2013 et s’est fait élire président un an plus tard.
Longue de 72 kilomètres, la nouvelle voie va permettre de doubler le trafic à l’horizon 2023.
À cette date, quelque 97 navires emprunteront le canal quotidiennement contre 49 actuellement. La nouvelle artère permettra une circulation dans les deux sens, réduisant de 18 heures à 11 heures le temps d’attente des bateaux.

13,2 milliards de dollars en 2023

Elle doit faire passer les revenus du canal de 5,3 milliards de dollars (environ 4,7 milliards d’euros) attendus en 2015 à 13,2 milliards de dollars (11,7 milliards d’euros) en 2023. Jeudi, Abdel Fattah al-Sissi devrait conduire une parade navale à bord d’un élégant yacht qui appartenait autrefois à la famille royale.
Un défilé aérien rassemblera les trois avions de combat Rafale et huit F16 récemment livrés par la France et les États-Unis.
Alors que le pays fait face à une vague d’attentats djihadistes sans précédent, 10 000 policiers seront mobilisés à travers le pays pour les festivités.
La branche égyptienne du groupe djihadiste État islamique (EI) a d’ailleurs menacé mercredi d’exécuter dans un délai de 48 heures un Croate travaillant pour un groupe français, enlevé le 22 juillet dans la banlieue du Caire.

Le creusement du nouveau canal avait été lancé le 5 août 2014 par Abdel Fattah al-Sissi, qui avait réclamé que les travaux soient terminés sous un ambitieux délai d’un an. Les autorités ont levé neuf milliards de dollars (8,25 milliards d’euros) pour la construction, en vendant des participations aux Égyptiens. Le projet a entraîné le creusement d’un nouveau canal de 37 kilomètres ainsi que l’approfondissement et l’élargissement du canal existant sur 35 kilomètres. En 2007, le trafic par le canal de Suez a représenté 7,5 % du commerce maritime mondial, d’après le Conseil mondial de navigation.

« Une pluie d’investisseurs »

La cérémonie de jeudi intervient au moment où l’Égypte veut s’afficher en acteur incontournable sur la scène régionale, tandis que ses alliés occidentaux ont tempéré leurs critiques concernant la répression lancée contre les opposants. Depuis l’éviction de Mohamed Morsi, plus de 1 400 personnes ont été tuées dans la répression, en majorité des manifestants islamistes. Des dizaines de milliers ont été arrêtés et des centaines condamnés à mort dans des procès de masse dénoncés par l’ONU. « Le nouveau régime est engagé dans une lutte politique pour asseoir sa légitimité, à l’intérieur du pays mais aussi à l’étranger », a estimé Amr Adly, expert du centre Carnegie pour le Moyen-Orient.

Les autorités souhaitent également développer la zone qui borde le canal pour en faire une plateforme industrielle et commerciale, avec plusieurs ports et un centre de services pour les flottes commerciales. Elles promettent la création de plus d’un million d’emplois dans les quinze prochaines années. « Il y a une pluie d’investisseurs qui veulent investir » dans ce projet, a estimé le directeur de l’Autorité du canal de Suez, Mohab Mamish.

Source le Point

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