La Posidonia Oceanica fragilisée par les changements climatiques

 Malgré leur formidable capacité d’adaptation les herbiers marins de Méditerranée sont devenus fragiles

Sophie Arnaud-Haond, chercheur au Centre Ifremer Bretagne, et des scientifiques portugais de l’ Université de l’Algavre et espagnols SCCI-IMEDEA et IFISC (CSIC-UIB),  ont rédigé un article  dans Plos One  qui met en évidence les menaces qui pèsent sur les herbiers de Posidonie de la mer Méditerranée.

De Chypre à Almería en Andalousie, une cinquantaine de prairies de Posidonia de la mer
Méditerranée ont été échantillonnées pour l’étude, c’est-à-dire plus de 1500 pieds
d’herbiers.
L’analyse des génomes présents dans les échantillons, a montré que beaucoup de clones
ou génotypes identiques se retrouvaient dans des prairies distantes de plusieurs
kilomètres.
Les auteurs de l’étude ont employé un modèle pour simuler la croissance clonale et
estimer ainsi l’âge des lignées.
Ils ont pu vérifier qu’il était possible, malgré les forts changements environnementaux,
de retrouver des génotypes qui se multiplient sans doute déjà depuis plusieurs dizaines
de milliers d’années.

POSIDONIE OCEANIAPosidonia oceanica, l’espèce qui a fait l’objet de l’étude, est une plante à fleur marine endémique et emblématique de la Méditerranée, qui structure l’un des écosystèmes côtiers les plus productifs et les plus riches en biodiversité, et qui représente aussi un puits de carbone essentiel.

Les scientifiques ont montré que sa capacité de reproduction par clonalité, qui est un  processus commun à toutes les angiospermes marines, (classification regroupant les plantes à fleurs et donc les végétaux qui portent des fruits),  leur permet de faire perdurer des génotypes depuis plusieurs dizaines de milliers d’années !

Ces plantes, qui sont distinctes des algues, ont des fleurs sous-marines et se reproduisent de façon asexuée. Elles étendant leurs ‘clones’ sur des distances considérables.
Les scientifiques qui ont donc échantillonné cette espèce ont retrouvé des individus génétiquement identiques sur des fonds marins couvrant jusqu’à 15 kilomètres.

Malgré la capacité d’adaptation incroyable, de cette plante endémique, ( dont la présence naturelle du  groupe biologique est exclusivement liée à une région géographique délimitée),  les changements climatiques récents menacent les prairies qui résultent de dizaines de milliers d’années d’évolution.
On estime en effet que disparaissent chaque année  5 % de ces herbiers de Posidonie qui sont la base essentielle des écosystèmes côtiers .

Pour plus de prévention et de lutte contre la pollution du milieu marin :
http://www.ramoge.org/fr/Default.aspx

 

 

 

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