L’Arctic Sunrise, bateau de Greenpeace, à Saint Malo en soutien à la pêche artisanale

L’Arctic Sunrise fera escale à Saint Malo les 26, 27 et 28 mai, pour soutenir un modèle de pêche durable, celui de la petite pêche artisanale : ces pêcheurs représentent 80% de la flotte et la moitié des emplois du secteur, mais ne sont ni représentés, ni écoutés par le Ministre M. Cuvillier, alors que la réforme de la Politique commune de la pêche européenne arrive dans les étapes finales de sa négociation.

Green-Peace

« Au sein de l’association des ligneurs de la pointe de Bretagne, nous défendons depuis 20 ans un modèle de pêche artisanale durable.», explique Gwenaël Pennarun, pêcheur artisan du Sud Finistère. « Nous avons initié un mouvement au niveau national, afin que notre Ministre fasse une place juste à la petite pêche, qui représente 80% de la flotte. Nous saisissons l’occasion que Greenpeace nous donne de faire passer notre message, en participant à la tournée de l’Arctic Sunrise.»

Hélène Bourges est  chargée de campagne océans à Greenpeace.

A Saint Malo, le bateau sera ouvert au public les 26 (10-18h), 27 (15-19h) et 28 mai (11-14h30 et 16-18h), quai Saint Louis, Bassin Vauban.

La pêche artisanale, le futur de la pêche européenne

Il existe en fait deux modèles pour l’avenir de la pêche et des océans : la pêche industrielle, incarnée par les thoniers senneurs ou les chalutiers profonds, aux pratiques destructrices, et la pêche artisanale, ancrée dans le tissu local, qui pratique une pêche sélective, à plus petite échelle, dans le respect de l’environnement, et qui nourrit le tissu économique et social localement. Les pêcheurs artisans travaillent sur leur bateau, et ne gèrent pas leur entreprise comme des actionnaires visant à maximiser leurs profits, comme les grands armateurs. Leurs techniques de pêche sont douces, elles permettent de quasiment éliminer les prises non désirées, alors que la pêche industrielle peut rejeter jusqu’à 60% de ses prises, mortes ou mourantes à l’eau.

 La question essentielle que soulève Greenpeace : M. Le Ministre Cuvillier : quel modèle de pêche pour demain ?

60% des stocks de poissons européens sont surexploités, et la flotte européenne, dont la France fournit une bonne partie, peut aujourd’hui pêcher 2 à 3 fois la quantité de poissons que la mer peut offrir durablement. Le Parlement européen, il y a quelques mois, votait les bonnes orientations pour une réforme de la pêche qui permette enfin de retrouver des niveaux de populations de poissons sains d’ici 2020. Les ministres européens de la pêche réunis la semaine dernière à Bruxelles ont affaibli la réforme. La France fait partie des pays qui ont fait blocage dans les négociations, notamment en refusant de s’engager sur une date. Les prochaines échéances de négociations se tiendront à la fin du mois.

« Si l’on continue à pêcher au même rythme, d’ici 35 ans les océans pourraient être vides » souligne Hélène Bourges, chargée de campagne océans à Greenpeace. « La Politique commune de la pêche n’est revue que tous les 10 ans. Il est donc urgent de changer de cap, aujourd’hui, pour que les pêcheurs ayant les pratiques les plus durables soient ceux qui aient d’abord accès aux ressources. C’est un des messages que le Ministre Cuvillier doit entendre, et que soutiennent près de 80 000 citoyens européens sur le site http://www.myboat.gp »

 

 

 

 

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