Le bar : vers une gestion durable de la ressource

Pour une  gestion durable de la ressource du bar, les pêcheurs professionnels souhaitent mettre en place une réglementation pour sécuriser cette espèce.
En constat un affaiblissement des stocks de bar à la pointe Bretagne, et même si le phénomène semble localisé, il demande à être expliqué scientifiquement et incite les professionnels à prendre des mesures concrètes.
Le bar pour une gestion durable @cnp

Le bar a une grande importance économique pour les pêcheurs professionnels.
En 2009, il représentait la troisième espèce débarquée en termes de valeur, pour un montant de 40 millions d’euros.
C’est aussi un poisson recherché par les plaisanciers, dont les prélèvements, estimés à 5 600 tonnes, sont au moins équivalents à ceux des professionnels.

Depuis trois ans, les ligneurs-palangriers de la pointe Bretagne ont constaté une diminution de la ressource.
Selon Emmanuel Kelberine, Président du comité local du Nord-Finistère, « nous manquons de recul pour analyser ce phénomène ».
Des changements comportementaux ou des migrations différentes constituent sans doute un élément explicatif.
En effet, dans d’autres endroits, notamment dans le Nord-Pas-de-Calais, les professionnels ont fait état cette année de très bons rendements.
En 2008, le Conseil International pour l’Exploration de la Mer (CIEM) constatait d’ailleurs une augmentation de la quantité des reproducteurs en Manche ces vingt dernières années.

Vers un recensement, une licence et des contrôles.

Sans évaluation scientifique fiable de la ressource, alors même qu’elle est essentielle à leur activité, les professionnels ont conscience de naviguer sans visibilité.
« L’espèce n’est pas encadrée mais cela ne nous empêche pas d’y travailler : nous souhaitons mettre en place un plan de gestion sur les pêcheries du bar afin de définir des objectifs de gestion », explique Jean-Marie Robert, chargé de mission au Comité National des Pêches. Parmi les pistes envisagées, un recensement des différentes flottilles pratiquant de façon ciblée la pêche du bar, la mise en place d’une licence et un renforcement du contrôle.

Sur le terrain, les professionnels s’organisent également.
Dans le parc marin d’Iroise, les pêcheurs participent avec les scientifiques de l’Ifremer à un programme de marquage, seul moyen de vérifier les probables migrations : « Nous somme en train d’affiner les connaissances sur les stocks et sur les migrations », commente Emmanuel Kelberine. La profession réfléchit également à la mise en place d’un système de déclaration des captures en temps réel, qui complèterait les résultats du marquage.

Quant aux plaisanciers, qui capturent donc autant de bars que les professionnels, leurs représentants ont signé la Charte nationale de la pêche plaisancière éco-responsable, instituée par le Grenelle de la Mer. Mais pour devenir une réalité quotidienne, cet encadrement devrait également se traduire par une réglementation.

S’appuyant sur de nouvelles données scientifiques, les conclusions du CIEM attendues en décembre serviront de base à la mise en place du plan de gestion de la ressource.

Info avec  Comité National des Pêches du 18/11/10

Enquete-Ifremer-sur-la-peche-au-bar-en-2009

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