Le Charles de Gaulle a mis le cap à l’est de la Méditerranée

Le porte-avions Charles-de-Gaulle et tous les bâtiments qui l’accompagnent ont appareillé de Toulon ce mercredi matin, pour participer aux opérations contre le groupe djihadiste État islamique.
Par mesure de sécurité, les familles n’ont pas pu pénétrer dans l’arsenal pour un dernier adieu à leurs 2600 marins embarqués.
Le porte-avions quitte Toulon, crédit photo B.Horva AFP

Tandis qu’un assaut policier d’ampleur était mené dans le centre de la ville de Saint-Denis dans le cadre de l’enquête sur les attentats de vendredi, le porte-avions appareillait de Toulon, ce mercredi matin, pour se rendre dans l’est de la Méditerranée avec son groupe aéronaval et prendre part aux efforts de la coalition dans sa lutte contre le groupe djihadiste État islamique.
«Le président de la République a décidé d’engager le GAN (groupe aéronaval, ndlr) en Méditerranée orientale, avant de lui faire rallier, le cas échéant, le golfe arabo-persique», a indiqué l’amiral René-Jean Crignola, commandant du groupe aéronoval, avant l’appareillage.
LeCharles-de-Gaulle et ses 18 Rafale, huit Super-Etandard modernisés, quatre hélicoptères et deux avions de guêt aérien, ne mettra que quelques jours pour se rendre sur cette zone, au large de la Syrie ou du Liban, contre environ un mois pour rejoindre le golfe arabo-persique, sa mission initiale.

Mesures de sécurité renforcées

Dans la force navale, on trouve aussi la frégate de défense aérienne Chevalier Paul, la frégate de lutte anti-sous-marineLa Motte-Picquet, le bâtiment de commandement et de ravitaillement Marne, un sous-marin nucléaire d’attaque (dont on ne donne jamais le nom par nature car c’est un prédateur discret NDLR), la frégate belge Léopold Ier. «S’ajouteront aussi une frégate britannique et peut-être une australienne en cours de mission», indique le porte-parole de la préfecture maritime de la Méditerranée, le capitaine de frégate Yann Bizien.

 

Avant d'embarquer ce mercredi matin à Toulon (Photo AFP)

Les familles se sont donc rendues partout où elles pouvaient voir la force navale passer: Mourillon, Saint-Mandrier, Tour Royale, etc. «On voyait des gendarmes un peu partout», indique un membre d’une famille de marin qui ne s’inquiète pas pour leur sécurité «même si le contexte est spécial, le climat particulier». Côté marin, on est tiraillé entre le plaisir de la mission pour laquelle on s’entraîne depuis des semaines et le pudique chagrin de devoir abandonner les siens quelques mois.

«Dans les jours qui viennent, l’arrivée sur le théâtre des chasseurs du groupe aérien embarqué, va tripler les capacités actuelles d’action de la France», a souligné M. Crignola, qui commande la totalité de la Task Force 473. C’est la troisième mission du porte-avions français dans cette zone au cours des deux dernières années.

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, avait d’abord annoncé vendredi que le porte-avions devait rejoindre le «golfe arabo-persique», quelques heures avant les attentats qui ont fait 129 morts à Paris et Saint-Denis. Mais lundi, François Hollande a annoncé qu’il se rendrait finalement dans l’est de la Méditerranée, lors de son allocution solennelle devant le Parlement réuni en Congrès au château de Versailles, à l’ouest de Paris.

L’aviation française a frappé mardi pour le troisième jour consécutif le fief du groupe État islamique à Raqa, dans le nord de la Syrie, a annoncé le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Les frappes aériennes menées par la France et la Russie au cours des dernières 72 heures dans le nord de la Syrie ont causé la mort de 33 djihadistes de l’EI, a affirmé mercredi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

Source le figaro.fr

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