Le défi Français ENERGY TEAM, au premier AC World Series à Cascaïs

Le défi mené par Loïck et Bruno Peyron a pris possession depuis le 20 juillet dernier de son AC45 et s’entraîne quotidiennement en vue des premiers AC World Series qui se dérouleront du 6 au 14 août prochain.

La base de TEAM ENERGY, Challenger Officiel pour la 34e America’s Cup, se situe à 10 milles à peine de Cascaïs, près de la tour de Belem à l’entrée du Tage et proche du Pont Vasco de Gama.

AC45-ENERGY TEAM © Gilles Martin-Raget / Americascup.comDepuis leur installation l’équipage enchaine les navigations, prend ses marques et affine les réglages de son catamaran monotype à aile, préfiguration de l’AC72 à bord duquel se disputera la prochaine Coupe de l’America, l’été 2013 à San Francisco.

A quelques jours de la première confrontation sur l’eau, Loïck Peyron nous livre ses impressions :

Les premières sensations à la barre de l’AC45

Loïck Peyron :  La prise en main a été assez rapide et chaude car notre première navigation à Lisbonne s’est faite dans beaucoup d’air. Plus de 20 noeuds en permanence le premier jour, avec des claques à 25 noeuds. Pour une première journée c’était même un petit peu limite en conditions de vent. Et puis la grande inconnue, c’était de savoir comment maîtriser la puissance de l’aile, surtout au début… C’est assez grand, on ne savait pas trop comment ça marche avant d’en prendre la mesure et de la contrôler aujourd’hui assez bien. Même si on a fait un premier tour d’horizon assez général, on est encore très loin de la perfection et de l’efficacité. On commence à enchainer nos premières manoeuvres mais pas plus. on avance bien dans la préparation du bateau mais il y a encore énormément de boulot.

Loick Peyron a la barre de Energy Team © Gilles Martin-Raget / Americascup.com Securité d’abord ?

LP : Oui, le principe de sécurité est prioritaire. On essaie d’être le plus calme possible même si on se prend au jeu. Finalement ce bateau est un cata, avec des sensations générales qui restent celles d’un multicoque. La seule vraie différence, c’est cette aile qu’il faut apprivoiser, dont il faut détecter tous les secrets, la façon dont elle s’articule. Cela vient finalement assez vite. C’est une question aérodynamique classique, comme une voile, sauf que c’est une aile rigide. Il y a un peu plus de puissance parfois, beaucoup moins de trainée, ce qui est la vraie découverte. En fait ce bateau ne s’arrête jamais, même bout au vent on continue d’avancer, l’aile générant tellement moins de trainée qu’une voile. Le premier jour, on a navigué sous aile seule et on virait sans problème en l’absence de voile d’avant, ce qui serait pratiquement impossible avec un multicoque habituel. Avec ce bateau on n’arrête pas de remonter au vent, c’est nouveau et assez marrant comme fonctionnement.

Quelle marge de progression ?

LP : Elle est énorme même si on commence à avoir le bateau en main. Il n’y a aucun problème sur la partie sécurité, même si on se fait de petites frayeurs parfois, mais les manoeuvres s’enchainent. Maintenant il va nous falloir beaucoup plus de temps pour affiner la puissance, trouver les bons réglages en fonction des allures, des voiles d’avant, du cap.. etc. Tout ça se joue au millimètre, au degré près. On commence donc à marquer tous nos réglages sur le bateau. Pour l’aile, il y a trois réglages importants : la cambrure, la rotation de l’ensemble et le twist en haut de l’aile.

 L’équipage ?

LP : Les gars tournent à l’entraînement sur tous les postes. L’ambiance au sein de l’équipe est excellente, familiale, même si nous ne sommes pas encore au complet.
L’équipage est composé de Peter Greenhalgh, Nicolas Texier, Christophe André, Arnaud Jarlegan, Jean-Baptiste Levaillant, Jean Sébastien Ponce, Devan Le Bihan et Yann Guichard qui arrive demain pour prendre la barre, ce qui va me permettre d’avoir un premier regard extérieur et de me concentrer davantage dans un rôle de performer et de coach extérieur.
Pour les premières régates, la feuille de match n’est pas finalisée. Le vrai problème c’est le poids, car le bateau n’est pas large et l’aile assez puissante.
Il faut être au maximum du poids et on n’y sera pas…. En fait il faut être super lourd ce qui n’est pas notre cas, donc il va falloir trouver des solutions.

Loick Peyron a la barre de Energy Team © Gilles Martin-Raget / Americascup.com

Le Vent à Cascaïs ?

LP : On s’entraîne encore à Lisbonne et dans le Tage le vent est très irrégulier. On ira peut-être demain à Cascaïs pour découvrir le site, naviguer sur place. Cela dit, le vent va commencer à mollir et on va naviguer dans du petit temps, ce qui est bien. Cela va nous permettre de travailler en souplesse, proprement.

 15 jours d’entrainements, suffisant ?

LP : On aura forcément trois mois de retard, voire plus… mais oui ça va le faire pour une première. On progresse tous les jours de façon considérable. On sait exactement ce que l’on aimerait faire. On est une des plus petites équipes en termes d’effectif et de moyens, pas en termes d’envie et de potentiel, donc pas de soucis. Il ne faut pas qu’on oublie l’objectif qui est la Coupe dans deux ans, c’est notre réalité. Donc il faut calmer le jeu et y aller tranquillement, en souplesse, en déroulant bien les manoeuvres… Donc pas de soucis, on sera prêt !

 Quel programme de course ?

LP : La première confrontation est assez particulière comme format, mais elle nous permettra de faire tourner pas mal de monde à bord. Dès le premier samedi (6 août), on aura une course en flotte, en plusieurs manches. Le dimanche se dérouleront seulement des épreuves de vitesse, bizarrement sur le même parcours. Le lundi et le mardi seront « off ». A partir du mercredi et jusqu’à samedi (13 août) ce sera du Match Race. Enfin le dernier dimanche (14 août) aura lieu la seule vraie régate comptant pour les AC World Series. Le dimanche 14 août sera donc la journée la plus importante, celle à laquelle je ne participerai pas*, ce qui met un peu de pression sur les épaules de mon camarade Yann Guichard qui me remplacera à la barre.

 * Loick participera le 14 août au départ de la course du Fastnet à bord du trimaran géant Banque Populaire.
www.energyteam.fr

 

 

 

 

 

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