Le départ du Vendée Globe en ligne de mire

  Le bateau, la nourriture, la gestion du sommeil et la préparation physique : Vincent raconte comment il se prépare à passer de sa vie de terrien à celle de marin
Le 6 novembre prochain, Vincent Riou s’élancera pour son 4ème Vendée Globe. Seul vainqueur au départ de cette édition, le skipper de PRB ne cache pas ses ambitions : s’offrir une seconde victoire sur ce Tour du Monde en solitaire, sans escale et sans assistance. S’il est encore un peu tôt pour avoir les yeux rivés sur la météo, le marin profite de cette semaine de transition pour régler les derniers détails avec son équipe technique et se préparer au quotidien en mer qui l’attend dans 10 jours. Gestion du sommeil, nourriture embarquée, préparation physique, Vincent fait le point.

© Eloi Stichelbaut / PRB

© Eloi Stichelbaut / PRB

Un bateau prêt à partir

« Il y a dix jours, quand nous avons amarré la bateau, la préparation technique était terminée. Ce convoyage entre Port la Forêt et Les Sables d’Olonne nous a permis de faire les dernières petites validations. L’idée, c’était d’arriver ici avec un bateau prêt. Mon équipe s’occupe avec de petites tâches comme refaire des petites marques sur les cordages. Dès le début de la semaine prochaine, nous embarquerons tout ce dont j’ai besoin pour le Vendée Globe. L’avitaillement sera chargé trois jours avant le départ. PRB sera alors fin prêt à larguer les amarres. »

Quatre à six heures de sommeil par jour

« Le sommeil en mer est très différent du sommeil à terre. Sur ce point, le Vendée Globe n’est pas une des courses les plus dures car c’est une compétition très longue qui nécessite de dormir si on veut rester lucide. L’être humain ne peut pas tenir trois mois dans ces conditions sans se reposer un minimum. Pour ma part, j’essaie de dormir entre quatre et six heures par jour. Notre rythme de sommeil est différent et surtout irrégulier. En mer, on dort autant le jour que la nuit. Les périodes de sommeil peuvent durer de 20 minutes à deux heures.  En général, je dors une à deux heures rarement plus car il faut veiller sur le bateau et sur la performance. Nous sommes habitués à faire ce genre de cycles. C’est un des points clés dans la discipline.

On ne peut pas vraiment se préparer à l’avance à peu dormir. Il faut pour cela être fatigué et  ressentir la pression de l’environnement et de la course. Avant de partir, je dors beaucoup pour ne pas arriver avec un déficit de sommeil. C’est important pour les premières heures de course. Plus on est en forme, plus on est efficace. La transition entre le sommeil de marin et celui de terrien intervient très vite. C’est une phase un peu complexe mais avec l’expérience, on y arrive assez bien. Du coup, quelques semaines avant le départ d’une course, je fais des siestes. C’est super agréable et ça permet de cumuler du sommeil. »

Des conserves et de la nourriture lyophilisée  

« Je fabrique l’eau avec un dessalinisateur. J’embarque juste quelques bouteilles d’eau minérale car l’eau qu’on dessale, n’a pas de goût. Il n’y a pas de minéraux dedans. C’est assez particulier mais pour réhydrater l’organisme, c’est parfait. Concernant la nourriture, c’est moitié lyophilisée moitié conserve. L’avitaillement est fait pour un certain nombre de jours et est adapté aux conditions climatiques. Les calories dans une portion journalière ne sont pas les mêmes sous l’équateur que dans les océans australes. Tout est prévu : un sachet par jour avec trois repas, des encas et tout ce qu’il me faut. Les besoins énergétiques et l’alimentation sont des choses que nous commençons à bien maîtriser. Depuis quelques années, il y a une quantité de produits légers, simples et bons qui se sont développés et que nous pouvons embarquer. Se faire plaisir en mangeant quand on est en mer reste pour moi quelque chose d’important. L’avitaillement représente environ 120 kilos. »

Travailler les muscles de la stature 

« La préparation physique est quelque chose qui a beaucoup évolué. Au début, nous étions des sportifs moins organisés. Maintenant, tous les marins qui viennent chercher la victoire sur le Vendée Globe suivent une préparation physique planifiée et organisée. Ce n’est pas du tout les mêmes objectifs que dans les sports athlétiques traditionnels car pendant nos trois mois en mer, nous ne marchons quasiment pas. Inévitablement, notre condition physique se dégrade. Du coup, notre préparation consiste à travailler les muscles de la stature pour éviter de se blesser car c’est notre ennemi numéro un. En attendant le départ, j’essaie de garder la forme en faisant régulièrement du sport, surf et footing essentiellement.»

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