Le Guyanais Pascal Vaudé occupe la tête de la Bouvet Guyane depuis 8 jours

Pascal Vaudé  qui depuis plus d’une semaine est en tête de la Bouvet Guyane, creuse petit à petit l’écart sur ses deux rivaux directs que sont Henri-Georges Hidair et Francis Cerda..
Plus, il souhaite pousser son avance à 50/60 nautiques pour mieux gérer la seconde partie de la course. Et ce n’est pas gagné, car la  tendance s’est inversée. Pascal a été ces dernières 24H moins vite qu’Henri-Georges décidément coriace.
Les autres rameurs contactés par l’organisation de la course affichaient bon moral et goûtaient à plein les saveurs de leur aventure maritime.

Bouvet Guyane : Pascal Vaude en tête de la course @Eric Rousseau
A noter que les deux rameurs qui sont au nord de la flotte, Henri-Georges Hidair et Christophe Dupuy, se partageaient le 13 février une belle progression avec 55 milles de gain au but.
Hidair a donc réduit de quelques milles son retard sur le leader (48 milles parcourus ces dernières 24 h) et Dupuy s’empare de la place de quatrième au détriment de Pierre Verdu.

Mais le héros du jour est Julien Besson qui passe vite fait de la 9ème à la 7ème place ce 13 février au matin avec la coquette distance de 62 milles parcourus en 24 heures.
Rares sont ceux qui arrivent à franchir le seuil des 60 milles en une journée. Besson en est désormais. Encore un effort sur les avirons et il va venir inquiéter les 5 premiers.

6 questions à Pascal Vaudé

Combien de temps de rame en moyenne par jour ?

Entre 8 et 9 heures. Je me réveille vers les 7 h. Je prends le temps de faire le point sur la carte et de me faire un petit déjeuner. A partir de 8 h, je rame jusqu’à 13 heures. Après cela, je fais une pause déjeuner et je reprends les avirons vers 14 heures et jusqu’à 19/20 h selon la clarté du ciel. A ces 10 heures théoriques, il faut soustraire quelques arrêts momentanés.

 Pas de rame la nuit ?

Non pas encore. La nuit, je règle le canot au mieux pour qu’il dérive à bonne vitesse. Ce matin, en faisant le point, j’ai noté 20 milles parcourus sans toucher aux avirons. En 2009, j’ai beaucoup appris sur les meilleurs réglages du bateau et aussi sur l’art et la manière de tirer sur les avirons.

 Après 15 jours en mer, un premier bilan comparatif sur les conditions de 2009 et maintenant ?

C’est très différent. La mer est moins formée, moins haute mais plus hachée, plus désordonnée. Ce qui peut expliquer les déboires connus par plusieurs concurrents quand le vent s’est fâché le premier week-end. Je dirais que globalement les conditions météo sont plus favorables pour cette première portion du parcours avec des vents mieux orientés (plus NE, ndlr) plus constants. Idem pour les courants. Ce qui nous a permis de faire dès le départ une progression plus ouest et assez rapide. Alors que ça fait trois ans, tout le monde était descendu plus sud et progressait à vitesse lente.

Et personnellement ?

Pendant les 15 premiers jours, ma vitesse de rapprochement atteignait à peine les 40 milles/jour alors que là je dépasse fréquemment les 50 milles. Sans doute aussi j’utilise mieux mon bateau. Autre constat, on rencontrait en 2009 beaucoup de méduses sur la route alors que cette fois il n’y a plus de méduses. Elles sont remplacées par des algues qui… m’empêchent de pêcher.

La stratégie pour les jours à venir ?

J’aimerais porter mon avance à 50/60 milles sur mes deux poursuivants, pour ensuite gérer la seconde moitié du parcours avec sérénité.

S’attendait-il de mener la course ?

Pas vraiment. Le premier soir, j’ai failli faire demi-tour car ma batterie ne fonctionnait pas. Je me suis ravisé et j’ai bien fait. Le lendemain matin ma « doudou » me dit au téléphone que je suis 9ème mais seulement 1.5 mille derrière mon copain Pierre Verdu. Durant la journée, j’ai bien forcé sur les rames. Le lendemain j’étais 5ème. Ensuite, j’ai maintenu mon rythme, il y a eu des abandons, et puis voilà… Je reçois beaucoup d’encouragements des Guyanais et ça motive.

 17 coups/minute, soit environ 1 000 coups d’aviron toutes les heures pour Pierre Verdu

Pierre Verdu a ramé toute la nuit profitant d’une météo clémente pour se recaler au nord du 9°20’ de latitude. Son routeur, Charles Andrea, le même que celui de son copain Pascal Vaudé, lui a promis une belle veine de courant favorable s’il tenait sa route.
4 heures de sommeile par jour lui suffisent, le reste du temps il rame :
Il pousse sur les avirons 50 minutes sans interruption, s’octroie une pause de 5/10 minutes et reprend les avirons. Sa cadence est de 17 coups/minute, soit environ 1 000 coups d’aviron toutes les heures. « Parfois, je les compte pour bien garder le rythme ».
Hier, Pierre suivait attentivement une belle dorade qui l’accompagne depuis des lustres. Il avait décidé de la harponner. Au moment d’appuyer sur la gâchette. Il a vu un grand rostre se profiler sous le canot. C’était un bel espadon. Il l’a poliment laissé poursuivre sa route.
La nuit, il allume des feux led qui éclairent le contour de la coque et si la charge des batteries ne le permet pas, il navigue au clair de lune. Quand il y en a !

Pierre Mastalski est lui aussi heureux de son sort et se découvre marin
Surtout ce matin car le vent est modéré et la mer est praticable sans stress.
Avec le temps, il prend ses marques et se sent bien chez lui à bord de sa coquille de noix :
« J’étais 25% catalan, 25% polonais et le reste français. Désormais j’ai 5% de sang marin qui coule dans mes veines ». Pierre n’est pas un bleu de l’aviron. Il pratique depuis 15 ans, mais la mer et surtout le large sont un nouveau monde pour lui. Il se l’approprie lentement mais sûrement. Son coach, son jeune fils Valentin, lui donne des consignes pour tenir le rythme et aller taquiner ses collègues devant. A suivre

Pour Guillaume Bodin tout va bien sur son Pink Boat.
S’il est dans le sud c’est parce qu’il le veut bien.
S’il ne rame pas la nuit, c’est qu’il n’en éprouve pas le besoin : « A quoi bon se tuer ».
Il n’a pas de problème physique, s’est habitué au roulis incessant de son embarcation, gère ses nécessités électriques, parle avec sa femme une fois par jour, plus largement avec sa famille une fois par semaine. Bref RAS.

Marc Chailan découvre l’aviron et ne se risque pas à ramer la nuit sur son « Grain de Sel ».
Pas encore du moins. Il suit son bonhomme de chemin à une cadence fort respectable et sur une route qui lui est indiquée par un ami qui a traversé l’Atlantique Nord, de Cap Cod en Bretagne, à bord d’un kayak. Marc déguste sa matinée. « Souvent c’était calme au lever du jour puis le vent forcissait. Aujourd’hui, ça reste calme et c’est très bien ainsi ». La mer est encore croisée mais son amplitude a baissé.

Au 15ème jour de la Bouvet Guyane, la Bouvet Guyanejours  n’est pas toujours un long fleuve tranquille mais les marins sont heureux sur leurs bateaux.

CLASSEMENT DU 13 FEVRIER :

1Pascal Vaudé – 2. Henri-Georges Hidair – 3. Francis Cerda

 

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