Le poids de la pêche sur les espèces profondes

Le samedi 4 juin, dans 21 villes de France, les militants bénévoles de Greenpeace se sont  mobilisés autour des enseignes de distribution et des points de vente de poissons des grandes profondeurs.
Par cette action Greenpeace a voulu sensibiliser le public à la disparition des espèces profondes.

Têtes de poissons Le chalutage des grands fonds

Le chalutage profond est une pêche industrielle qui se pratique à plus de 400 mètres de profondeur, là où personne ne voit les dégâts causés, dans des écosystèmes mal connus.
Cette pêche a commencé pour les Français dans les années 80.
Comme l’explique Greenpeace, si on va pêcher si profond, c’est parce qu’on a déjà vidé les couches supérieures des mers…

Certaines espèces sont fortement menacées:  l’empereur par exemple, dont la pêche a été fermée cette année car il a été décimé dans l’Atlantique Nord Est en une vingtaine d’années.

« 9 espèces sur 10 sur les étals des poissonneries sont d’ores et déjà surexploitées ou au bord de la surexploitation », précise Hélène Bourges, chargée de campagne Océans pour Greenpeace France.
« Si on continue à pêcher à ce rythme, d’ici 35 ans les océans seront vides, selon une étude de Boris Worm publiée en 2006 dans la revue Science…Cette situation reflète notamment l’échec de notre politique commune des pêches européennes depuis 25 ans»

La technique de chalutage

La flotte des chalutiers profonds français compte une douzaine de bateaux…. Mais la technique de pêche est particulièrement destructrice.
Le chalutage profond vise des espèces profondes qui se reproduisent très lentement, et sont donc particulièrement vulnérables à la pêche. Les chaluts sont des filets coniques, dont l’ouverture peut être aussi large qu’un terrain de football, tirés par des bateaux au dessus du plancher océanique, raflant tout sur leur passage.
POISSONS PECHES @A.CASSIM« En moyenne 30 à 40% du contenu du filet, mais parfois beaucoup plus, sont effectivement rejetés à l’eau, morts, dès que le filet est remonté. » explique Hélène Bourges. « En plus du gaspillage (coraux, éponges…) on épuise également les stocks d’espèces qui ne sont pas celles qu’on est venu pêcher. »

Perspectives pessimistes pour l’avenir des océans européens

L’Union européenne a entamé un processus de réforme de la Politique commune des pêches européenne, qui régule les pratiques de nos flottes dans et hors des eaux communautaires.
Le chalutage profond, selon  Greenpeace, est l’exemple même du type de pêche à bannir.
L’ONG demande que l’Union européenne s’oriente vers une pêche durable.
L’ avis des scientifiques en matière de quotas, la diminution du nombre de bateaux, la protection de zones en mer, notamment sur les zones de reproduction de certains poissons, et une étude mieux ajustée des subventions accordées, font parties des revendications émises par l’ONG.

Source : Greenpeace

Plus d’informations sur la campagne et le guide des espèces profondes menacées sur www.greenpeace.fr/sos-oceans

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