L’émotion de Vincent Riou face à son obligation d’abandonner le Vendée Globe 2012

Longs silences, voix tremblante,… le skipper de PRB n’a pu cacher son immense déception ce matin lors de la vacation  avec le PC course : 
Au sujet de la décision d’abandonner :
« J’ai pris le temps du murir la décision car s’il y avait la possibilité de continuer, j’avais envie de le faire. Il y a un moment, on est obligé de devenir fataliste car il n’y avait plus de moyen raisonnable de faire le Vendée Globe avec ce bateau vu l’état dans lequel il est. On a beau avoir envie de se battre et mettre de l’énergie, il y a certaines choses qu’on ne peut pas faire. Quand, avec les ingénieurs, on a fait le calcul sur ce que l’on pouvait faire, on a dû se résoudre à l’évidence : ce n’est pas possible de possible de naviguer tribord amure avec le bateau. Je vais rejoindre Salvador de Bahia pour retrouver un ponton. Je veux réparer provisoirement le bordé et  changer  le tirant d’outrigger. Une fois que ce sera réparé le bateau pourra reprendre la mer.»
 

avarie coque PRB VG2012 photo envoyée par Vincent Riou
Au sujet des premiers espoirs pour réparer hier : 
« J’y ai cru hier. Quand j’ai percuté l’objet flottant, il faisait nuit et je n’ai pas vu le problème de tirant d’outrigger. La première fois que j’ai regardé, cela ne me semblait pas dramatique. Hier, je me suis battu pour remettre en ordre le bateau. La réparation à l’avant avait bien avancé,  la peau extérieure était refermée. J’ai fait une réparation sur le tirant cette nuit. Pas une réparation définitive mais quelque chose qui me permette d’aller jusqu’au Brésil. J’ai déjà vécu la situation de perdre mon gréement et il est hors de question que cela se reproduise. Ce matin, je suis monté dans le mât pour mettre mon gros étai et assurer le gréement sur tribord. Je viens de changer d’amure pour rejoindre le Brésil. »

Au sujet des avaries : 
« C’est un des côtés difficiles du métier de marin, il n’y a pas toujours de justice. Il faut savoir être fataliste et accepter sinon on ne vit plus. C’est tellement d’investissement et de travail en amont, c’est dramatique comme fin. Il faut que j’apprenne à vivre avec, voilà c’est tout. Oui jean Le Cam m’a appelé la nuit dernière. Merci à tous pour votre  soutien, j’apprécie. »

Vidéo de Vincent expliquant son avarie :  http://www.prb.fr/voile/medias/videotheque

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