Les 79 concurrents de la Mini-Transat la Boulangère en course vers le Marin

Il faut être fait d’un drôle de bois pour faire la Mini-Transat. Outre les quelques deux années de sacrifices à penser et dépenser Mini, tous les concurrents savent que pour eux la Mini-Transat La Boulangère pourrait s’arrêter brusquement sur ces petits bolides survitaminés à la défaveur d’une casse matérielle. Tous vivent avec une petite boule au ventre dès que le vent monte d’un cran. Et pourtant…

 

Il n’existe pas trente-six façons de faire la Mini. Ceux qui sont venus pour la gagne acceptent de naviguer avec en permanence l’épée de Damoclès de la casse qui les menace. Pour aller plus vite que le voisin, dès que le vent monte, c’est savoir mettre entre parenthèse ses craintes, accepter de pousser le curseur, de repousser la fatigue, de jouer avec les limites du matériel. Chacun essaie de faire avec ses propres capacités avec cette conscience aigüe que le plaisir de la course ne peut venir que dans l’aptitude que tous auront à franchir un cran supplémentaire dans l’audace. Ce qu’on ne croyait pas possible en début de course, le devient progressivement et la Mini-Transat La Boulangère ne devrait pas échapper à la règle.

The race must go on

Après son démâtage, Dorel Nacou (Ixblues Vamonos) a pu rapidement constater que mis à part le tube de mât brisé en deux, il disposait encore de ses barres de flèche, de la totalité de ses voiles et de son gréement. Ni une ni deux, il décidait donc de signifier officiellement à Blanche Hermine, le bateau accompagnateur venu sur zone, qu’il était hors de question pour lui d’abandonner. Dorel va rejoindre le port de Boujdour dans le sud de la côte marocaine. Là, il compte bien réparer et reprendre la mer au plus vite pour terminer le boulot. Qu’attendre de moins d’un garçon qui, vingt-cinq ans plus tôt, a décidé de fuir son pays la Roumanie, en traversant l’Europe dans des wagons de marchandises pour trouver refuge à Marseille et s’y établir ? En course au large, l’obstination est parfois une vertu majeure.


Ce vendredi 3

La bataille d’empannages se poursuit au large des côtes d’Afrique. Les classements évoluent au gré des trajectoires des uns et des autres. A ce petit jeu, certains tirent particulièrement bien leur épingle du jeu. En revanche, la nuit a été cruelle pour Erwan Le Mené et Timothée Bonavita, victimes d’avaries de safran.

On l’avait oublié lors de la première étape courue à un train de sénateur. A haute vitesse, tous les débris qui traînent dans l’océan deviennent des dangers potentiels pour les solitaires. Deux navigateurs en ont été victimes la nuit dernière : Erwan Le Mené (Rousseau Clôtures), suite à un choc avec un OFNI, se retrouve ce matin avec un safran endommagé et un trou dans le tableau arrière de son prototype. Contraint de naviguer à vitesse réduite, il envisage déjà un arrêt technique. Timothée Bonavita (Prism) déplore lui aussi une avarie de safran. Mais le jeune navigateur dispose d’une pelle de rechange. Il attendait le lever du jour pour procéder à la réparation. Autre éclopé, Dorel Nacou (IX Blues Vamonos) est arrivé à Boujdour. Il est toujours aussi déterminé à réparer et reprendre la route.​​​​​​​

Stratégies divergentes

En série, Rémi Aubrun (Alternative Sailing – Constructions du Belon) a choisi son camp. Après être venu chercher des vents plus forts le long des côtes d’Afrique, le navigateur trinitain a décidé de jouer le bord rapprochant, laissant ses principaux adversaires s’écharper au large de Nouadhibou. Tanguy Bouroullec (Kerhis – Cerfrance), Clarisse Crémer (TBS), Erwan Le Draoulec (Emile Henry) n’ont sûrement pas dit leur dernier mot. A surveiller aussi, la trajectoire radicale de Cédric Faron (Marine Nationale), particulièrement inspiré, positionné huitième bien qu’étant le plus à l’est de la flotte.

En prototype, Ian Lipinski (Griffon.fr) a choisi quant à lui de prolonger son bord au sud. Il entraîne dans son tableau arrière Charlotte Méry (Optigestion – Femmes de Bretagne) et Simon Koster (Eight Cube Sersa), quand Arthur Léopold-Léger (Antal – XPO) et Andrea Fornaro (Sideral) ont choisi de se rapprocher de la route directe.

Bagarre à tous les étages

Si la bataille stratégique qui anime la tête de course est intense, plus à l’arrière, on ne reste pas les bras croisés.  En prototype, ils sont quatre qui semblent avoir fait le pari de se rapprocher de l’orthodromie pour descendre vers le Cap-Vert. Antoine Cornic (Destination île de Ré), David Allamelou (Boréal), Frédéric Guérin (Les-amis.fun) et Marcel Schwager (Artvision.ch) vont devoir surveiller leur progression par rapport à leurs adversaires plus à terre. Verdict en fin de journée…

 

 

 

    Imprimer Commenter Partager

    Laisser un commentaire