Les farines animales seront-elles réintroduites dans l’alimentation des volailles, des porcins et des poissons ?

Depuis la crise de la vache folle ou Encéphalopathie Spongiforme Bovine (ESB) en 2001, l’utilisation des farines animales, ou le « Feed Ban », a été bannie dans l’alimentation de tous animaux de ferme  et des poissons d’élevage.
Ce qui était une interdiction temporaire s’est d’ailleurs transformée en interdiction permanente depuis 2003, marquée par des règlements européens.

Boeufs regroupes
ALCIMED fait le point sur la réflexion menée au niveau européen pour l’éventuelle réintroduction de ces farines animales.

Depuis 2003, effet de la crise de la vache folle  ou Encéphalopathie Spongiforme Bovine (ESB) il est formellement interdit d’incorporer des farines animales de bovins, de porcins ou de volailles dans l’alimentation des bovins, des porcins, des volailles et des poissons d’élevage.

Les farines de poisson sont depuis 2008 à nouveau autorisées dans l’alimentation des porcins, des volailles et des poissons en évitant le cannibalisme entre même espèce.

Mais il serait aujourd’hui question de réintroduire des farines animales (porcins, volailles) dans l’alimentation des animaux de fermes dits « monogastriques » (porcins et volailles) et des poissons.

Plusieurs axes réglementaires sont envisagés au niveau européen.
Certaines farines animales rentreraient dans l’alimentation de certains animaux sous forme de « protéines animales transformées »
Ces intentions au niveau européen, interviennent en réponse à la pénurie annoncée de protéines dans le monde et à l’augmentation constante des prix des protéines végétales destinées à l’alimentation animale.

Une grande pression s’exerce donc sur la Commission Européenne et sur le Parlement Européen qui doivent se pencher sur la question, tout en restant très prudents pour garantir la sécurité des consommateurs européens.

La Commission européenne travaille donc sur l’élaboration d’une proposition concernant une possible réintroduction de ces « protéines animales transformées » dans l’alimentation des porcins, volailles et poissons.
Une réintroduction de ces farines ne pourra pas être effective sans des outils de contrôle tels qu’une ségrégation spatiale des lignes de production dédiées à chaque espèce animale, des tests fiables et sensibles différenciant les « protéines animales transformées » , un système de contrôle à chaque étape de la chaîne de production, et un strict système d’étiquetage .

Divergence des avis des autorités scientifiques
Plusieurs agences de sécurité alimentaires ont cherché à évaluer les conséquences probables de cette réintroduction :

En septembre 2011, la Food Standard Agency (FSA) au Royaume-Uni a refusé son aval à la levée du « Feed Ban » pour les « protéines animales transformées » de volailles et de porcins.
La FSA a jugé le rapport bénéfice-risque disproportionné, aussi petit le risque soit-il.

– En novembre 2011, l’Agence Nationale de SEcurité Sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a rendu un avis similaire à celui de la FSA, considérant que toutes les conditions jugées nécessaires à la réintroduction des farines animales en toute sécurité n’étaient pas encore réunies.

– Une autre autorité française, le Conseil National de l’Alimentation (CNA) a, en revanche, donné son aval à cette réintroduction en décembre 2011.

– En 2011, l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments (AESA) a réalisé une estimation du risque d’ESB dérivant de la réintroduction des farines de porcins et de volailles dans l’alimentation des animaux non-ruminants.
L’AESA conclut que l’augmentation du risque d’infection par l’ESB n’est pas significatif et donc que la réintroduction des farines de porcins et volailles ne représente pas de risque pour la santé publique.

« La levée de l’interdiction de l’utilisation de certaines farines animales dans l’alimentation de certains animaux est donc toujours en discussion et ne pourra être effective que lorsque les garanties maximales de sécurité du consommateur seront mises en place » souligne Florent Surugue, Directeur de la Business Unit Agroalimentaire d’ALCIMED.
« La décision de lever ou non cette interdiction devrait être prise d’ici 2015. Il est très difficile de savoir dans quel sens ira cette décision puisque l’avis de nombreux états membres n’est pour le moment pas clairement exprimé», poursuit Constance Hervieu, consultante au sein de la Business Unit Agroalimentaire d’ALCIMED.


Source : ALCIMED société de conseil et d’aide à la décision spécialisée dans les sciences de la vie
www.alcimed.com

 

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    Une réponse à Les farines animales seront-elles réintroduites dans l’alimentation des volailles, des porcins et des poissons ?

    1. On ne saura pas… ou très peu.. même s’il existe plus de contrôles qu’auparavant, La confiance n’est plus vraiment au rendez-vous..
      Pour mes animaux, je me rends directement dans des magasins de nourriture spécialisée pour les animaux de toutes espèces confondues.

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