Les micro organismes à l’assaut de l’envasement des ports

La société Ecosynergie a mis au point des procédés totalement naturels permettant de réduire
les hauteurs de sédiments, la prolifération des algues, la toxicité des métaux lourds, les résidus
d’hydrocarbure qui envahissent les ports.

Le travail des bactéries Et si le traitement biologique des sédiments était l’arme ultime contre les importunes et
onéreuses journées de dragages des ports qui charrient et génèrent force boues, bruit, nuisances
en tout genre et pollution de l’eau du large où sont souvent déchargés les sédiments ?!
C’est la solution que la société Ecosynergie propose à la Fédération Française des Ports de Plaisance (FFPP)
pour résoudre cet épineux problème, récurrent dans de nombreux ports, de l’envasement et de
la pollution notamment par les hydrocarbures.
« Cela fait une vingtaine d’années que je travaille sur cette question avec des scientifiques, des biologistes, des ingénieurs, des écotoxicologues » explique Gilles Bonamy, PDG d’Ecosynergie.
Partant du constat que tout polluant à sa contrepartie dans la nature, Gilles Bonamy a fait développer, au fil des années, des composés de micro organismes susceptibles de se nourrir des dits polluants.
« Le problème c’est que depuis des décennies on pollue plus que ce que les micro-organismes à l’état naturel peuvent absorber. En outre, ce que l’on rejette est de plus en plus complexe et donc les enzymes ont de plus en plus de mal à casser les molécules» analyse ce passionné de solutions biologiques.
Sa quête a consisté à rendre « ces bouffeurs de molécules » plus efficaces, plus résistants, plus actifs et plus gros consommateurs de produits pollués.
« On a trouvé un système pour les fixer sur des minéraux pour qu’ils se concentrent et soient plus résistants » poursuit Gilles Bonamy qui fait le parallèle entre ses micro organismes et ceux de la nature avec un sportif de haut niveau et un homme sédentaire. « Chaque cas est unique et il est nécessaire de trouver le bon assemblage pour chaque sédiment, chaque produit à absorber » précise le PDG dont la société s’est spécialisée jusqu’alors dans le traitement des eaux douces, étangs, lacs et autres plans d’eau pollués ou eutrophysés enFrance et à l’international. Elle procède aussi à de la dépollution industrielle ou au traitement des décharges d’ordures ménagères.
Gilles Bonamy PDG EcoSynergie - cliché A.Cassim

Cette année, dans le cadre des attentes des adhérents de la FFPP, Ecosynergie a procédé à une
campagne d’essais au port Gallice à Juan-les-Pins.
« En six mois, l’eau a retrouvé sa limpidité et les sédiments ont diminué de 50%» explique, photo à l’appui, cet entrepreneur peu conventionnel. Il est détenteur d’une maîtrise de psychologie expérimentale, mais aujourd’hui la biologie est la thématique de ses conférence aux MIT. « Il nous a fallu deux ans pour obtenir les autorisations de la DDTM et la validation des autorités scientifiques. Il fallait être sûr que ces bactéries ne soient pas pathogènes » précise Richard Poste, directeur du port. « En parallèle, nous avons fait certifier
les résultats par Copramex, un bureau d’études spécialisé dans l’ingénierie de l’environnement ».

Toutes les analyses montrent que les solutions proposées ne présentent aucune toxicité pour
les hommes et l’environnement et elles coûtent deux à quatre fois moins cher qu’une opération
de dragage classique. « Chez nous il faut compter au moins 250 € le m3 de vase draguée et
ensuite que fait-on de ces sédiments ? Nous n’avons pas comme dans d’autres régions de sites
d’épandage » conclut Richard Poste.

Bien que l’expérience soit concluante à port Gallice, il sera intéressant de voir si d’autres
infrastructures portuaires recourent à ce système dans un proche avenir, car le lobby du dragage
pourrait ne pas voir d’un bon œil l ‘arrivée de cette concurrence biotechnologique moins chère,
moins polluante et somme toute plus efficace.

Patricia-M. Colmant pour Seableue

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    2 réponses à Les micro organismes à l’assaut de l’envasement des ports

    1. ET pour les algues verte ? ça marche aussi??? parce qu’en Bretagne il y a de quoi faire …. <

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