Les skippers de la Transat bakerly ont pris le grand large

C’est à 15h30 (HF) que Vincent Riou s’est élancé seul à bord de son PRB pour une traversée de l’Atlantique direction New York. Quelques minutes plus tôt alors qu’un front passait sur Plymouth brossant le ciel d’une brume et d’une pluie fine, Vincent affichait un sourire discret et un regard serein. Entouré jusqu’au dernier moment de son équipe technique, c’est lui qui semblait le plus relaxé, trouvant les bons mots pour rassurer ceux qui préparent avec lui, depuis plusieurs mois, ce rendez-vous important de la saison.

 Vincent Riou

Une fois arrivé sur la zone de course, l’équipe a peu à peu quitté le bord, laissant Vincent seul face à son défi : remporter cette transat entre Plymouth et New York. « The Transat, c’est la transat de légende. C’est la transat la plus engagée que je connaisse.

 

C’est une transat en accéléré avec des conditions souvent difficiles. Des conditions très différentes et des transitions quotidiennes voire plusieurs fois par jour. C’est une transat qui est physique mais intellectuellement intéressante car il faut en permanence se remettre en cause et réfléchir » a confié Vincent à plusieurs reprises alors que le départ approchait.

PRB V Riou

Une Transat et six candidats à la légende

Face à lui, cinq redoutables concurrents armés pour la plupart de bateaux nouvelle génération qui devront comme le skipper breton entrer rapidement dans la course. Le vent relativement calme au départ (15 nœuds de sud-ouest) va vite se renforcer pour atteindre dans quelques heures 25 nœuds de nord-ouest. Conformément aux analyses de Vincent hier, les premières heures de course pourraient être déterminantes. « Il va falloir arriver à trouver un moment pour naviguer vite dans l’après-midi tout en observant les conditions que j’aurais sur zone et en regardant les prévis de la fin d’après-midi. Ce sont ces fichiers qui seront décisifs et qui forgeront ma route pour au moins la première semaine de course » analysait le skipper de PRB quelques minutes avant de larguer les amarres.

La météo va en effet contraindre les skippers à des choix de route assez radicaux dès le début de la course pour s’appuyer soit sur une dépression au nord soit sur l’anticyclone au sud. Ce matin, à la lecture des derniers fichiers, la route sud semblait plus favorable. Vincent attendra le dernier moment pour se positionner et dévoiler sa stratégie : « Aujourd’hui, la route est plutôt à la faveur du sud mais on verra bien ce soir. Les priorités vont être dans les choix stratégiques, pas forcément dans la vitesse. Il va quand même falloir aller vite car il n’est pas question de se faire distancier par les adversaires mais il faudra prendre le temps de bien analyser les données pour faire les bons choix. Le tout, en allant très vite en Manche avec des cargos partout ! Ce ne sont pas des conditions faciles car le vent assez faible au moment du départ va se renforcer très vite. Il y aura quelques changements de voiles à faire. Il va falloir être capable de cumuler tout ça et garder la tête froide pour faire les bons choix ». 

Le vainqueur de la dernière Transat Jacques Vabre sait trop combien l’exercice du solo est différent et exigeant surtout quand il s’agit d’une traversée de l’Atlantique Nord. Mais il attendait ce rendez-vous avec envie depuis plusieurs mois maintenant. Et il n’a qu’une intention : rendre la copie la plus propre possible. « J’espère arriver dans 12 jours à New York, c’est un bon objectif » a-t-il lancé, amusé, en quittant Sutton Harbour.

 

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