Malgré l’urgence, la réforme de la pêche piétine

Seaweb, une ONG qui promeut la consommation de poissons non menacés d’extinction, mène une campagne d’information sur l’urgence de réformer la politique commune de la pêche pour préserver les ressources.
Comment faire pression sur les ministres européens responsables de la Politique Commune de la Pêche pour les mettre au pied du mur afin qu’ils trouvent un terrain d’entente sur la nouvelle réforme qui fait l’objet de tergiversations stériles depuis des mois ?

De nombreuses ONG dont seaweb sont mobilisées pour tenter d’alerter le grand public afin de faire avancer la réforme.

FILET DE PÊCHE  Photo Alain Cassim

Le dossier navigue entre la Commission Européenne, le Conseil des ministres de l’Union et le Parlement Européen alors même que la situation des réserves halieutiques devient critique et nécessite la prise urgente de mesures de préservation.
Avec 6 millions de tonnes de poisson pêchées par 80 000 bateaux, l’UE est le 4è producteur dans le monde soit 4,6% du tonnage mondial.
Néanmoins, les Européens étant grands consommateurs de poisson avec 22,3 kg par habitant et par an contre 16,5 kg de moyenne mondiale ( chiffres de 2005), ils importent 60 % de leur consommation.

A l’occasion d’un séminaire organisé sur cette question à Saint Raphaël cette semaine, Ernesto
Penas Lado, directeur aux affaires maritimes à Bruxelles a souligné que les responsables européens sont d’accord sur les grands principes, mais sont loin de s’entendre sur les modalités. Chacun est conscient de la nécessité de réduire les capacités de production et de mettre un coup d’arrêt à la surpêche.

Mais qui est prêt à expliquer à ses pêcheurs qu’ils vont devoir renoncer à leur métier?
« Les Français refusent de reconnaître la surexploitation » a renchéri de son côté Philippe Cury, de
l’Institut de Recherche pour le Développement tandis que Stéphan Beaucher, représentant des ONG,regrettait que depuis l’arrivée du nouveau gouvernement, la France n’était plus un acteur moteur à Bruxelles sur la réforme.

De même, quelles sont les dispositions qui vont permettre de supprimer les rejets de poissons
pêchés en plus des quotas autorisés ou en plus des espèces recherchées.
« Il est admis que ces rejets de poissons qui sont morts constituent un gâchis scandaleux, mais on n’a pas encore trouvé les moyens techniques pour les éviter » constate pour sa part Amélie Malafosse, conseiller de l’ONG Oceana. Cette jeune experte plaide pour que l’enjeu environnemental soit placé au cœur de la réforme.

Les experts halieutiques constatent avec une grande inquiétude que partout dans le monde, à
l’exception de quelques points préservés comme l’Alaska, les stocks de poisson ne se reconstituent
pas.
« Le déclin est tel que les poissons qui restent ne sont pas suffisamment nombreux pour
assurer la reconstitution des stocks » poursuit Philippe Cury qui insiste sur le cas emblématique de la morue à Terre-Neuve qui, malgré le moratoire sur la pêche imposé par le Canada en 1992, n’est pas revenue.

Les ministres européens devraient rouvrir le dossier de la réforme le 23 octobre prochain, mais il est
à craindre que ce ne soit pas avant janvier au Parlement Européen.

Patricia-M. Colmant pour Seableue

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    2 réponses à Malgré l’urgence, la réforme de la pêche piétine

    1. Marcel Mochet dit :

      Et on continue avec des formules à l’emporte pièce: Qui sont les « experts »? ONG?, scientifiques reconnus?, etc…. ……Les experts halieutiques constatent avec une grande inquiétude que partout dans le monde, à
      l’exception de quelques points préservés comme l’Alaska, les stocks de poisson ne se reconstituent
      pas…………….. Dès que la gestion est bonne (c à d qu’il y a une volonté politique), les stocks se reconstituent, à l’image de la Norvège pour ses stocks de morue aux Lofoten et en mer de Barents, à l’image de la coquille St-Jacques en baie de St-Brieuc, à l’image de la légine au large des îles Kerguelen et Crozet, etc…. Tout n’est qu’une question de volonté politique qui hélas n’exste pas vraiment. Concenr

    2. Marcel Mochet dit :

      Et on continue avec des formules à l’emporte pièce: Qui sont les « experts »? ONG?, scientifiques reconnus?, etc…. ……Les experts halieutiques constatent avec une grande inquiétude que partout dans le monde, à
      l’exception de quelques points préservés comme l’Alaska, les stocks de poisson ne se reconstituent
      pas…………….. Dès que la gestion est bonne (c à d qu’il y a une volonté politique), les stocks se reconstituent, à l’image de la Norvège pour ses stocks de morue aux Lofoten et en mer de Barents, à l’image de la coquille St-Jacques en baie de St-Brieuc, à l’image de la légine au large des îles Kerguelen et Crozet, etc…. Tout n’est qu’une question de volonté politique qui hélas n’exste pas vraiment. Concernant Terre-Neuve ou le retour de la morue est encore un vrai problème, de nouveaux quotas de pêches (certes petits) viennent d’être distribués. Le retour de la morue est plus lent que prévu. Par contre vous n’avez aucun mots sur le massacre des poissons fourrages (farines) à travers le monde (Chili, Russie, etc..) qui lui est un énorme problème, sans conteste le plus important en ce moment dans les océans……C’est l destruction de la chaîne alimentaire qui se passe sous nos yeux…

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