Morgan et son Safran fin prêts pour la longue route

Le monocoque Safran est prêt à partir. Morgan Lagravière s’est discrètement éclipsé pour faire le plein de chaleur humaine auprès de sa famille et de ses amis, avant de basculer en mode course, dimanche, à 13h02. « Tous les voyants sont au vert », confie-t-il à 24 heures du départ et alors que les conditions météo s’annoncent optimales.

Le monocoque Safran est en configuration départ depuis hier vendredi. Il a été nettoyé et l’avitaillement frais a été chargé à bord. Quant à Morgan, le skipper, il avoue n’avoir jamais été aussi prêt à quelques heures d’un départ de course. « Si j’avais eu trois jours de plus, je n’aurais pas su qu’en faire… », affirme-t-il.

Portrait de Morgan Lagravière durant le pré-départ du Vendée Globe 2016

« Je dormirai un quart d’heure et ce sera parti ! »

Morgan sait qu’il lui reste désormais à gérer une phase de transition délicate, dimanche. « Je suis assez émotif et je m’attends à un petit moment de flottement. Mais autant j’aime être entouré quand je suis à terre, autant quand je suis en course, je préfère être en solitaire et je deviens quelqu’un de vraiment différent. Je vais faire le plein de relations humaines avant de quitter le ponton puis reconnecter mes neurones pour partir le couteau entre les dents. Mentalement je suis prêt à me transformer en compétiteur ! »

Toutefois, il faudra à Morgan quelques temps pour opérer sa mutation : « Je pense que je devrai attendre le réveil de la première sieste pour être totalement en mode course. J’ai du mal à m’endormir après un départ mais cela arrivera dans les premières 24 heures. Je dormirai un quart d’heure et ce sera parti ! ».

Jean-Marie Liot / DPPI / Safran

Jean-Marie Liot / DPPI / Safran

 

« En solitaire, j’ai un tempérament constructif »

Le jeune skipper de Safran, dont ce sera le premier Vendée Globe, analyse avec lucidité ses points forts et ses points faibles : « Je manque un peu d’expérience mais dans toutes les premières fois on trouve de l’excitation et du plaisir, un peu d’inconscience peut-être. J’ai confiance en moi. Je n’aurai pas peur d’aller plus vite que mes concurrents ! L’important pour moi, c’est de ne pas avoir de regrets à l’arrivée. Si je fais des erreurs à bord, je m’en veux, je suis agacé mais ça ne dure pas. J’ai la capacité à me reconstruire rapidement. En solitaire j’ai un tempérament constructif pour passer très vite à l’étape suivante ».

« Nous sommes bénis des dieux ! »

En parallèle de sa pause familiale, Morgan se consacre désormais à l’analyse météo de la première semaine de course, avec Roland Jourdain qui ne pouvait rêver de meilleures conditions : « Nous sommes bénis des dieux ! Le départ sera donné avec un vent de 10 à 15 noeuds, sur une mer correcte puis ce sera vent de travers jusqu’au Cap Finisterre, des conditions idéales pour les bateaux à foils, surtout que le vent montera en fin de journée et la première nuit. Lundi, au passage du Cap Finisterre, le vent se renforcera 30 à 35 noeuds de nord. Cela va durer une dizaine d’heures et ce sera le premier point délicat à gérer pour Morgan. Il ne faudra pas s’emporter, faire attention au matériel, rester sage dans les manoeuvres. Ensuite, les bateaux descendront très rapidement jusqu’aux Canaries, au portant. Les alizés sont plutôt soutenus ».

Le monocoque Safran quittera le ponton dimanche matin à 9h58. A bord, Morgan sera accompagné de sa famille proche et de son équipe technique dont Roland Jourdain qui devrait lui dispenser les derniers conseils.

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