Plaidoyer pour la sécurisation de l’eau en cette Journée Mondiale de l’Eau

Une déclaration de Loïc Fauchon, Président du Conseil Mondial de l’Eau

 L’eau a sa Journée mondiale qui met l’accent, cette année, sur ses liens avec l’alimentation et sur leurs enjeux. L’occasion d’approfondir les réflexions conduites lors du 6ème Forum mondial de l’eau quant aux solutions à mettre en œuvre pour garantir une « sécurité hydrique » indispensable à la planète toute entière…

Logo du Conseil Mondial de l'Eau La sécurisation de l’eau, c’est d’abord la sécurité d’une vie digne. C’est la promesse de disposer d’une eau suffisante pour nourrir et soigner la population planétaire. C’est ensuite la sécurité économique et sociale pour produire biens et services dans un cadre juste et incitatif.

C’est aussi, obligation plus nouvelle, la sécurité écologique pour assurer la préservation de la biodiversité autant que la vie des générations futures.

Cette sécurisation mêle indissociablement eau et énergie que nous devons, l’une et l’autre, consommer moins et gérer mieux.

Impératif majeur et à court terme, cette « Water Security » s’inscrit parmi les nécessités stratégiques du monde de demain, au même titre que la sécurisation des ressources rares, de la mer ou des univers chimique et nucléaire…

Le Conseil Mondial de l’Eau demande que soit garantie une énergie à bas coût, nécessaire à la disponibilité de l’eau. Une énergie indispensable pour éviter que l’accès à l’eau recule dans les campagnes d’Afrique ou les bidonvilles d’Asie, sitôt que le prix du baril flambe.

Nous demandons également aux Etats d’imposer très vite, au cœur de la négociation climatique, un « paquet eau-énergie » pour accroître le financement des grandes infrastructures de l’eau et de l’assainissement.

Faire accepter que la sécurité de l’eau soit érigée en priorité planétaire relève d’une volonté internationale exceptionnelle, basée sur l’engagement des Nations Unies et l’adoption d’un ou plusieurs traités internationaux qui irrigueront ensuite les politiques nationales et locales. A travers elle, il s’agit de garantir une croissance acceptable et un développement harmonieux.

Que la planète soit bleue ou la croissance verte, la couleur importe peu. Ce qui compte, c’est la nature, la qualité et la durée de cette croissance. C’est que, basée sur la maitrise de l’eau et de l’énergie, elle soit suffisante, partagée, équitable et respectueuse de l’homme comme de la nature.

Ce que le monde attend de nous aujourd’hui, c’est qu’au temps des incantations succède le temps des solutions. Et des réalisations. Car au-delà des discours et des déclarations, notre planète a besoin d’actes concrets et crédibles.

C’est ce défi que la France, Marseille et le Conseil Mondial de l’Eau ont relevé en organisant le 6ème Forum mondial de l’eau, du 12 au 17 mars dernier. Un Forum dont les enseignements sont autant de messages. Et portent autant d’exigences.

Ce fut d’abord un Forum fédérateur rassemblant plus de 20 000 délégués venus de 173 pays, décideurs politiques et économiques, responsables d’organisations non gouvernementales et journalistes, autour d’une ambition commune : faire avancer, concrètement, la cause de l’eau.

Ce fut aussi un Forum résolument politique où une quinzaine de chefs d’Etats et de gouvernements ainsi qu’un millier de ministres, parlementaires ou élus locaux ont formulé des engagements forts. Et inscrit l’eau et l’assainissement au menu du Sommet de Rio + 20 du mois de juin prochain.

Ce fut enfin un Forum novateur où la plateforme créée tout exprès a enregistré près de 1400 solutions de toute nature et de toute dimension, mais toutes concrètes et susceptibles d’apporter des réponses aux milliards de femmes et d’hommes qui, à travers le monde, attendaient de « vraies solutions ».

Ces solutions, ces engagements et bien d’autres encore à venir, il appartient désormais à chacun de les faire vivre en cette Journée mondiale de l’eau et au-delà pour que le « message de Marseille », riche de mobilisation et d’espoirs, se traduise au plus tôt dans la réalité quotidienne de tous ceux qui, à travers le monde, ont soif et ont faim.

www.worldwatercouncil.org ;

 

 

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