Sainte-Hélène : création de la première pêcherie britannique de thons capturés un à un

 

Une vaste zone maritime où tout type d’engin de pêche destructeur sera interdit et où seuls les thons capturés un à un seront autorisés pourrait assurer l’avenir de l’une des communautés insulaires les plus isolées au monde.

Sainte-Hélène, « généralement connue pour être le lieu d’exil de Napoléon », est un territoire d’outre-mer britannique situé dans les tropiques sud de l’océan Atlantique. Cette île de 122 km2 est une des îles habitées les plus isolées au monde et elle recèle des paysages surnaturels et des océans foisonnants.

Dotée d’une zone maritime recouvrant 446 614 km2 d’habitat de pleine mer, l’île se situe dans une région à la faune marine très riche et elle possède une longue tradition de pêche à la canne artisanale où les thons sont capturés un par un sans que les autres créatures marines aient à en pâtir. Mais de nos jours, les précieuses ressources dont dépendent les insulaires sont constamment menacées par une surpêche résultant des activités de navires de pêche étrangers dans tout l’océan Atlantique. Un autre problème réside dans la faiblesse des prix obtenus par les pêcheurs à terre pour leurs captures, ce qui ne leur permet pas de dégager des revenus décents.

Récemment lancé par un partenariat entre la Fondation internationale de la pêche à la canne (International Pole & Line Foundation, IPNLF), les autorités de Sainte-Hélène et des partenaires locaux, un nouveau projet tente de protéger la pêche et d’améliorer les rendements pour cette communauté insulaire isolée. Le projet vise à créer une zone de pêche couvrant l’ensemble de la zone maritime de St Hélène où les captures de thons se feront une par une, l’objectif étant de protéger une vaste zone océanique contre des activités de pêche préjudiciables, tout en offrant un système de protection plus que nécessaire à la pêche thonière locale dont les impacts sont faibles et les activités sont socialement responsables.

À travers ce projet, l’IPNLF et les partenaires locaux créeront des politiques destinées à promouvoir et à protéger l’écosystème unique de Sainte-Hélène, ainsi que la pêcherie thonière artisanale et durable ancrée dans cette communauté insulaire depuis des décennies. Ces trois prochaines années, le partenariat travaillera avec les autorités locales afin de garantir l’adoption et la mise en œuvre de politiques qui interdisent tous les engins de pêche destructeurs, améliorent la gestion, et renforcent les activités de suivi, de contrôle et de surveillance (SCS) destinées à faire obstacle à la pêche illicite.

Le projet établira des systèmes fondés sur les meilleures pratiques dans les domaines de la traçabilité, de la transparence et de l’enregistrement des données, et il améliorera la sécurité en mer. S’appuyant sur l’ensemble de ces mesures, les partenaires du projet envisagent de communiquer à l’échelle mondiale les résultats obtenus par cette pêcherie, montrant ainsi l’exemple par un modèle qui favorise les pêcheries à faible impact et la conservation marine aux États et aux communautés côtières qui partagent la même vision.

 

Citations 

Point de vue des entreprises locales

Stephane Weston, dirigeant d’entreprise et directeur opérationnel de la Corporation des pêcheries de Sainte-Hélène, commente : « Bien que de nombreux petits États et territoires insulaires se soient engagés dans la mise en place de zones partiellement interdites à la pêche, ce projet fera passer la conservation marine à la vitesse supérieure. Imaginez donc une zone maritime de 400 000 km2 au beau milieu de l’océan Atlantique où les dauphins, les baleines, les requins et les tortues ne courront jamais le risque de rencontrer un chalut de fond ou une palangre ! Plus aucune senne coulissante n’encerclera des bancs entiers d’animaux marins. Non seulement le projet représentera une planche de salut pour Sainte-Hélène, mais il permettra également de définir la manière dont les pêcheries devraient opérer au 21e siècle : un secteur halieutique parfaitement sûr, viable et respectueux de l’environnement qui sera détenu et géré à l’échelle locale. Enfin, ce projet apportera une contribution non négligeable à l’économie locale par des produits de grande qualité destinés à la vente sur l’île, mais aussi à l’exportation. »

Point de vue du principal organisateur/d’une ONG internationale

Adam Baske, directeur de la politique et de la communication à l’IPNLF, déclare : « L’IPNLF prend ce projet très à cœur, étant donné que nous sommes une organisation internationale engagée dans le développement et la démonstration de la valeur de la pêche aux thons capturés un à un pour les communautés côtières. Pour qu’il soit couronné de succès, il importera que les communautés de pêcheurs et l’île dans son ensemble puissent bénéficier des engagements pris dans ce cadre : c’est ce que nous nous proposons de faire. Nous pensons aussi que la promotion des politiques inédites que Sainte-Hélène s’apprête à appliquer placera ces pêcheries sous le feu des projecteurs – renforçant ainsi dans l’opinion des fournisseurs, des détaillants et des consommateurs l’importance de réaliser des choix intelligents sur les produits de la mer, tout en faisant de Sainte-Hélène un exemple mondial à la fois pour les États partageant cette vision et pour les autres grandes nations océaniques. »

 

 

Point de vue des autorités locales

Lisa Phillips, gouverneur de Sainte-Hélène, remarque : « Depuis des siècles, les habitants de Sainte-Hélène entretiennent des liens étroits avec leurs eaux environnantes et les ressources précieuses qu’elles recouvrent. Notre respect inné pour l’écosystème marin a permis de maintenir la durabilité au premier plan de notre politique halieutique, parallèlement à la nécessité d’offrir un avenir prospère à nos pêcheurs. Je me félicite donc des efforts déployés par l’IPNLF pour nous aider à mettre en place une zone spéciale de conservation marine dans laquelle la grande richesse de la faune marine de l’île est maintenue tout en améliorant les intérêts commerciaux de ceux qui vivent de la pêche. »

Selon Derek Henry, directeur intérimaire de la Direction de l’environnement et des ressources naturelles pour le gouvernement de Sainte-Hélène, « Les bénéfices anticipés par Sainte-Hélène dans le cadre de ce projet soutiendront clairement la mise en œuvre du plan de gestion marine de Sainte-Hélène et de la stratégie de l’île pour le secteur de la pêche. Le projet apportera une réponse importante aux aspirations locales pour une collaboration améliorée et plus intelligente entre les acteurs du secteur, celle-ci devant profiter aux bénéficiaires et aux utilisateurs maritimes de Sainte-Hélène, aujourd’hui comme demain. Preuve de notre engagement dans ce projet, le gouvernement et les partenaires locaux ont d’ores et déjà convenu d’interdire les activités palangrières sur toute la durée du projet. »

Le projet est soutenu par Oceans 5, une initiative menée par des bailleurs de fonds internationaux et motivée par les possibilités de produire des bénéfices durables pour les communautés côtières.

 

À PROPOS DE LA CORPORATION DES PÊCHERIES DE SAINTE-HÉLÈNE

La Corporation des pêcheries de Sainte-Hélène (Saint Helena Fisheries Corporation, SHFC) est une organisation non gouvernementale créée en 1979 dans le cadre de l’ordonnance relative à la corporation des pêcheries de Sainte-Hélène. Son but est de soutenir le développement durable des pêcheries de l’île. SHFC travaille aux côtés de l’Association des pêcheurs et d’autres partenaires locaux parmi lesquels la Direction de l’agriculture et des ressources naturelles du gouvernement de Sainte-Hélène afin de développer le secteur halieutique local. Outre ce rôle, la corporation est chargée de l’achat, de la transformation ou du stockage de tous les poissons capturés, ainsi que de la commercialisation des produits de la pêche sur le marché intérieur et à l’international. Elle régule les prix du secteur, facilite les activités commerciales, aide les pêcheurs à obtenir des financements et propose des services d’appui concrets tels que la fourniture de pièces d’accastillage, de carburant, de glace et d’appâts.

 

À PROPOS DE L’IPNLF

L’action de la Fondation internationale de la pêche à la canne (IPNLF) vise à développer, à soutenir et à promouvoir dans le monde une pêche thonière à la canne et à la ligne qui soit responsable sur le plan social et environnemental. L’IPNLF a pour ambition de contribuer à l’essor de la pêche côtière, en ce compris les personnes, les communautés, les entreprises et les eaux concernées. En tant que plate-forme réunissant des organisations qui accordent de l’importance à la durabilité, nous nous appuyons sur l’influence du marché pour amorcer des changements à l’aide de projets halieutiques concrets et d’une coopération des différents acteurs. L’IPNLF est ouverte aux organisations impliquées dans la chaîne d’approvisionnement des thons capturés un à un. Avec l’aide de ses membres, l’IPNLF démontre aux consommateurs, aux décideurs politiques et à toute la chaîne d’approvisionnement la valeur de thons capturés un à un. Nous travaillons au croisement de la science, de la politique et du secteur des produits de la mer et, pour ce faire, nous mettons en œuvre une approche étayée par des faits et orientée sur des solutions en nous appuyant sur les conseils de notre Comité consultatif scientifique et technique et de notre Conseil d’administration.

Officiellement enregistrée au Royaume-Uni depuis 2012 (association 1145586), l’IPNLF dispose de bureaux à Londres et aux Maldives, et elle emploie également du personnel en Indonésie.

 

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