Sur la route du retour vers les Sables d’Olonnes : l’heure des choix

Le front froid traverse la flott
Pluie et vent au programme avant la molle
  La flotte divisée en plusieurs groupesunnamed (5) Avec le passage du front froid sur la flotte, le paysage s’est brutalement remodelé. Dès les premières heures de la matinée pour la queue de flotte, la pluie s’est invitée, accompagnée de vents instables et d’une mer désordonnée du fait de la rotation rapide des vents. Malgré ces conditions peu engageantes, le jeu pour les solitaires est de rester le plus longtemps possible au contact du front sous peine de se voir aspiré par les vents faibles sur son arrière.

 C’est un des paradoxes de la vie de marin. Il suffit de demander à tout navigateur normalement constitué ce qu’il pense de la pluie pour comprendre qu’elle a sa place au panthéon des fléaux maritimes, non loin du béribéri et de la naupathie. Un marin, c’est habitué à recevoir des paquets de mer dans la figure : c’est sain, ça fait partie du jeu, c’est le signe que le bateau dévore les milles. Mais la pluie… elle est sournoise, elle s’insinue dans le moindre espace, transforme la cabine en une sorte de sauna permanent, sans compter la goutte vicieuse qui se faufile dans le dos et glisse le long de la colonne vertébrale.

Et pourtant, c’est plus que jamais l’heure d’être sur le pont, de travailler les réglages, de chercher le meilleur compromis pour garder la plus grande vitesse possible. Chaque heure de maintenue sous le front froid, c’est la promesse de milles gagnés facilement sur la route. Car derrière, le vent s’écroule.

Double fracture

C’est cette mésaventure qui frappe aujourd’hui le deuxième peloton constitué de la grande majorité des bateaux d’ancienne génération. Au sein de ce peloton, Nolwen Cazé (Fée Rêvée), Steven Rouxel (Offshoresailing Concarneau) ou Jean-Patrick Loison (Stop Hunger One) ne sont déjà plus qu’à 5,5 nœuds, quand aux avant-postes de ce groupe, Yann Burkhalter (Kalaona), Henri Leménicier (LPO Agir pour la Biodiversité), Frédéric Bazin (Manu Poki) et Frédéric Moreau (Petit Auguste et Cie) sont encore à plus de 7 nœuds. Mais tout ce groupe est déjà à cinquante milles des derniers du groupe de tête.

Choisir son camp

A l’avant de la flotte, pour la première fois, de vraies divergences de stratégie apparaissent. Les écarts latéraux, s’ils ne sont pas encore très marqués devraient grandir rapidement au vu des angles des uns et des autres. Au nord, Valentin Gauthier (Shaman) et Jonas Gerkens (Volvo) estiment sûrement que le risque de se faire aspirer par la dorsale qui se développe dans leur sud est trop important. Tenants de l’option sud, Tanguy Bouroullec (Kerhis CERFrance) et Thomas Dolan (Offshoresailing.fr) ont dû considérer que la traversée de cette zone de vents faibles étant quasiment obligatoire, autant devancer l’appel. L’écart de route entre les deux groupes est de 15°, une différence non négligeable, au vu des plus de 800 milles qu’il reste à parcourir. Cette fois-ci, les dés sont jetés…

Classement au pointage de 17h (TU+2) :

Séries :

1 Tanguy Bouroullec (Kerhis CERFrance) à 774,8 milles de l’arrivée

2 Thomas Dolan (Offshoresailing.fr) à 17,2 milles

3 Valentin Gauthier (Shaman) à 17,4 milles

4 Jonas Gerkens (Volvo) à 20,2 milles

5 Germain Kervéléo (Technique Voile) à 31,5 milles

Prototypes :

1 Ian Lipinski (Griffon.fr) à 724,8 milles de l’arrivée

2 Alberto Bona (Promostudi La Spezia) à 47,9 milles

 Classement disponibles sur le site Internet de la course à : 8h – 11h – 14h – 17h – 20h (TU+2)

Toutes les informations sur

http://lessables-lesacores650.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

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