The Transat bakerly : sentence est sans appel privé de grand voile, abandon forcé pour Sébastien Josse

 

Une avarie de Grand Voile signe une fin de course pour Sébastien Josse et le Mono60 Edmond de Rothschild
Ce mercredi 4 mai, peu après minuit, tandis qu’il naviguait au large du cap Finisterre par 25-30 noeœuds de secteur Nord-Est dans une mer maniable, Sébastien Josse a connu un empannage violent suite à un décroché de barre.

2 mai 2016, Plymouth (UK), départ de "The Transat Bakerly" 2016. Mono60 Edmond de Rothschild , Gitana16. skipper Sebastien Josse.

2 mai 2016, Plymouth (UK), départ de « The Transat Bakerly » 2016. Mono60 Edmond de Rothschild , Gitana16. skipper Sebastien Josse.

Dans la manoeœuvre, la Grand Voile – voile principale et véritable moteur de 160m2 – a été sérieusement endommagée et est désormais inutilisable.
Des dégâts qui ne représentent pas de danger immédiat pour le marin et la structure du 60 pieds, mais condamnent cependant toute performance et par conséquent tout intérêt de traverser l’Atlantique en course.

C’est pourquoi en consultation avec ses armateurs – Ariane et Benjamin de Rothschild – et son équipe technique, Sébastien Josse a décidé d’abandonner The Transat bakerly et de faire route vers les côtes espagnoles et plus précisément Vigo, en Galice, où il sera rapidement rejoint par des membres du Gitana Team.

Parti de Plymouth lundi 2 mai à 15h30, Sébastien Josse réalise un début de course remarqué, où il parvient à exploiter le potentiel de son foiler de dernière génération pour s’imposer par deux fois en chef de file des IMOCA devant Vincent Riou (PRB) et Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII).
Le tempo est donné et le trio de tête profite des très belles conditions météorologiques qu’offre cette première partie de transat pour filer à vive allure en direction du cap Finisterre.
C’est au passage de cette pointe, réputée pour ces vents forts et une mer bien souvent mauvaise, que l’avarie survient.

Joint par son équipe à terre, Sébastien Josse ne cachait ni sa déception de devoir renoncer à cette magnifique course qu’est la Transat Anglaise, ni sa frustration de ne pouvoir poursuivre la confrontation engagée dès les premiers milles de course avec Vincent Riou et Armel Le Cléac’h:
 « J’ai cassé des lattes et la corne de la Grand Voile – ce qui permet tout simplement la tenue du haut de la voile – dans un empannage un peu trop violent suite à un décroché de barre. Malgré toutes les précautions, ce sont malheureusement des choses qui peuvent arriver à ces points sensibles. Tout se passe très vite, en dix secondes peut être. Cela n’a rien de spectaculaire comme avarie mais la sentence est sans appel : privé de Grand Voile, il est impossible d’imaginer aller quelque part en course. Il y a forcement beaucoup de déception. C’est toujours assez compliqué quand les choses s’arrêtent brutalement ainsi. J’étais bien dans le match, au contact avec Armel et Vincent. Le bateau était très bien préparé et nous montrait qu’il en avait vraiment sous le capot. C’est d’autant plus frustrant que le plus dur sur cette première partie de course était je pense derrière nous. Nous avons eu du vent fort toute l’après-midi – au-delà de 30 noœuds – mais il se calmait progressivement et devait encore bien mollir dans les trois prochaines heures. J’ai tout affalé et je fais actuellement route vers Vigo qui est environ à 80 milles de ma position. Mais sans Grand Voile difficile de dépasser les 8-10 noœuds, donc je ne serai pas là-bas avant demain après-midi »
 
déclarait le skipper du Gitana Team.

Un abandon après une trentaine d’heures de course tandis qu’il bataille en tête de flotte. l’histoire semble malheureusement se répéter à seulement six mois d’intervalle. Mais la ressemblance s’arrête bien là car les faits sont totalement différents.
Sur la Transat Jacques Vabre, le dernier-né des Gitana avait alors été mis à l’eau à peine deux mois plus tôt (en août, ndlr) et le bateau manquait encore de mise au point du fait de sa jeunesse.
L’équipe dirigée par Cyril Dardashti avait immédiatement œoeuvré pour permettre à Sébastien Josse de reprendre la mer dans des conditions optimales.
Des efforts payants dès le mois de décembre, puisque le skipper d’Edmond de Rothschild s’imposait en solitaire lors de la Transat retour St-Barthélémy Port-la-Forêt et décrochait ainsi sa précieuse qualification pour le Vendée Globe.
Après un chantier d’hiver tourné vers l’optimisation, le Mono60 Edmond de Rothschild était fin prêt pour démontrer ses capacités hauturières.
Mais la casse et les avaries demeurent inhérentes au sport mécanique qu’est la course au large, qui plus est sur des monocoques d’une telle technicité.

À l’image de la belle réaction dont avait fait preuve le marin et les membres du Gitana Team en novembre dernier après l’épisode « Jacques Vabre », l’équipe aux cinq flèches n’est pas de nature à baisser les bras. L’objectif est donc dès à présent de réparer dans les plus brefs délais la voile endommagée, pour permettre à Sébastien Josse de reprendre la mer vers les Etats-Unis. Car si The Transat bakerly est dans son sillage, la New York – Vendée (Les Sables d’Olonne), le deuxième rendez-vous de la saison 2016, reste pleinement à sa portée.  Le départ de cette transat d’Ouest en Est est programmé le 29 mai prochain.

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