Thibaut Vauchel Camus , 2ème en class 40 de retour au pays

10 eme éditions de la Route du Rhum 2014: Les arrivées10 eme éditions de la Route du Rhum 2014: Les arrivées« Je ne voulais pas décevoir…» 
Après 17 jours et 4399 milles de traversée, Thibaut Vauchel Camus ne s’attendait pas à un tel engouement en débarquant à Pointe-à-Pitre. Accueilli en Guadeloupe comme l’enfant prodigue de retour au pays, il a pris en pleine face la chaleur d’un accueil d’exception, rehaussé par sa performance.
Pour sa première Route du Rhum et course transatlantique en solitaire, le skipper de Solidaires En Peloton est resté fidèle à son plan de route et ses convictions avec le succès que l’on sait.
Il a su porter de la  plus belle des manières les couleurs de la Fondation ARSEP.

Un podium et une double victoire

Thibaut s’est démarqué dans la catégorie la plus représentée et la plus internationale de la transat. Dès le début, il a su se positionner dans le peloton de tête de la Class40 pointant en sortie de Manche bord à bord avec les ténors de la série. La traversée du golfe de Gascogne a révélé ses talents de navigateur à la faveur d’une option audacieuse, lui permettant de prendre la tête à la hauteur du cap Finistère. Malgré un passage difficile à la hauteur de Madère, bloqué dans les petits airs, il n’a pas cédé  jusqu’à faire partie d’un trio qui a su creuser un écart irrémédiable sur les poursuivants. Sa fin de course s’est résumé à un mano a mano victorieux avec l’expérimenté Kito de Pavant (Otio Bastide Médical).
 
En décrochant cette admirable seconde place, Thibaut accompli le plus bel exploit de sa carrière et a surtout offert une belle visibilité à la cause défendue depuis 2011 avec son ami Victorien Erussard.
En effet cette course était celle d’un défi sportif mais également celle d’un combat mené aux côtés de la Fondation ARSEP (Aide à la Recherche sur la Sclérose En Plaques)  afin soutenir les personnes atteintes de cette maladie qui touche plus de 85 000 personnes en France.
Entretien avec le seul navigateur parti de chez lui pour arriver à la maison… 
Le skipper de Solidaires En Peloton revient sur sa course et son combat  

48 heures après ton arrivée, comment te sens-tu? 
« Je réalise doucement. Jusque là, j’ai été tellement submergé par l’émotion d’arriver ici que je n’avais pas vraiment perçu la valeur de la performance sportive. Pour moi, c’était quand même énorme : retourner en Guadeloupe où j’ai passé toute mon adolescence et arriver par la mer, en course, en solitaire. D’habitude, c’était en avion… là, c’était chargé de tant de choses. » 
  
Au départ de Saint-Malo, aurais-tu signé d’emblée pour un tel résultat ? 
« C’est difficile de répondre. Je serais tenté de dire, oui, bien sûr. Je ne faisais pas partie des favoris, mais je pensais que je pouvais tirer mon épingle du jeu. Je disposais d’un très bon bateau, j’étais déchargé par Victorien (Erussard) de toutes les tâches ingrates pour me concentrer uniquement sur la partie sportive du projet et je savais que j’étais à l’aise en vitesse pure. Mais surtout je devais être à la hauteur du projet et de la cause que nous défendons.  Je ne voulais pas décevoir. »
 
D’emblée, tu t’es positionné en tête de flotte… 
« C’était essentiel. Il ne fallait pas se faire décrocher en début de course. On avait bien travaillé avec Fred Duthil qui m’a préparé mon plan de routage, je me suis tenu à notre plan d’action pour sortir de Manche. Ensuite, il y a eu cette option dans le golfe de Gascogne : j’étais sûr de mon choix. L’idée était de partir en pointe sur une route assez sud pour arriver en tête au cap Finisterre. Ça s’est passé comme je voulais, c’était incroyable. Me retrouver comme çà, dans le même wagon que ceux que je classais comme les favoris de cette Route du Rhum, ça m’a donné confiance. Je me suis dit que j’avais fait du bon boulot depuis le départ et qu’il n’y avait pas d’autre choix que de continuer. » 
  
Il y a eu des moments de doute ? 
« Paradoxalement, j’ai souffert quand j’ai vu les pépins de Nicolas Troussel, Sébastien Rogues, Nicolas Thomas. D’une part, ça ôtait un peu de piment à la course, de l’autre on ne peut pas s’empêcher de penser que si ça leur arrive à eux, ça peut aussi nous tomber dessus. Sinon, il y a eu ce passage de la dorsale à la hauteur de Madère. Je me suis un peu aventuré dans mon option sud et je l’ai payé assez cher. Dès que j’ai pu m’en dégager, ça a été une véritable libération. Du coup, j’ai cravaché le bateau comme jamais avec des pointes à plus de 25 nœuds. Je voulais vraiment rester au contact de la tête de flotte, ne pas me faire décrocher. » 
  
Et des moments de bonheur, hormis cette arrivée magique ? 
« Il y en a plein quand on régate comme ça aux avant-postes. Mais j’en retiens deux vraiment magiques : tout d’abord, ce petit louvoyage au ras de Basse-Terre à la sortie du canal des Saintes. C’était une manière de me dire que je rentrais au pays, j’étais chez moi…  Il y a eu aussi cette matinée à quelques jours de l’arrivée où j’ai pu recevoir de nouveau les classements après plus de 30 heures de black-out pour cause de panne informatique. Tout à coup, j’ai réalisé que j’étais deuxième : j’étais revenu sur Kito et Yannick en naviguant à l’instinct. Ça m’a donné une confiance énorme pour les derniers jours… » 

Ton expérience du haut niveau en catamaran de sport a-t-elle été utile ? 
« Sans aucun doute. J’étais à l’aise en conduite du bateau, en glisse… Mais surtout, le haut niveau t’apprend à ne rien lâcher, à rester maître de tes nerfs même quand la situation n’est pas aussi favorable qu’on voudrait. » 
  
Pour toi cette course c’est aussi la concrétisation d’un projet mené aux côté de la Fondation ARSEP ? 
 
« Je suis très fier du chemin que je viens de parcourir sur ce bateau aux couleurs de la Fondation ARSEP, c’est un formidable projet d’hommes et de passion. Et cette deuxième place est un cadeau que je  tenais à leur offrir et que je dédie aussi à toutes les personnes atteintes de cette maladie. J’ai reçu de nombreux messages de soutien de la part de malades qui m’ont accompagné pendant toute la course et notamment durant les moments difficiles. Aujourd’hui je suis vraiment content que ma seconde place permette de faire de la  lumière sur cette cause car il est très important de soutenir la recherche médicale pour lutter contre la sclérose en plaques. » 


Un dernier mot ? 
« Je n’oublie pas que si ce projet est une  belle réussite, je le dois en majeure partie à Victorien Erussard. Il m’a vraiment mis dans les conditions idéales pour que je prépare au mieux cette Route du Rhum. Il a pris sur lui tout ce qui pourrait me bouffer la vie de manière à ce que je ne me concentre que sur le sportif. C’est peut-être une course en solitaire, mais c’est une équipe qui l’a gagnée… »

 


A propos du Défi Voile Solidaires en Peloton 
Défi Voile Solidaires En Peloton, c’est un double projet. D’une part, un projet sportif dont le temps fort 2014 sera la Route du Rhum – Destination Guadeloupe et d’autre part, un projet citoyen visant à faire du bateau le porte-voix de la Fondation ARSEP pour sensibiliser le plus grand nombre à la sclérose en plaques. Le Class 40 porte le nom et les couleurs de la marque sportive de la Fondation ARSEP, Solidaires En Peloton. Marque d’espoir et de solidarité, son objectif est de rassembler, grâce au sport, l’énergie et la combativité de tous, malades ou non, pour faire avancer la recherche sur la sclérose en plaques. Ce projet est porté par deux amis passionnés de la mer, Thibaut Vauchel-Camus et Victorien Erussard, skippers et chefs de projet associés.
A propos de la Fondation ARSEP 
La sclérose en plaques (SEP) est une maladie neurologique, chronique et invalidante. Elle survient à l’âge de tous les projets (25-35 ans). En France : 80 000 personnes sont atteintes, 4 000 nouveaux cas par an. Maladie rare chez l’enfant (700 malades de -18 ans en France), 25 nouveaux cas sont diagnostiqués par an chez ces jeunes. A ce jour, on ne peut pas guérir de la SEP, seuls certains traitements permettent d’améliorer le quotidien des patients. La Fondation ARSEP soutient la recherche sur cette maladie. Elle a 2 missions : financer les équipes de recherche qui étudient la SEP (+ de  1,5 M€ par an sont affectés à la recherche) et informer le public sur les avancées de la recherche médicale, thérapeutique et scientifique. Elle est reconnue d’utilité publique et ne fait appel qu’à la générosité du public. 


 

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