TJV : Le class 40 Solidaires en Peloton ARSEP (Class40) obligé de changer de cap

« Ce 5 Novembre à 5h00 TU, nous subissons une avarie de safran, nous nous détournons au Cap Vert.
Après 24h de belle bagarre avec V&B, nous reprenions la 2ème place, une fois de plus nous ne pourrons pas en apprécier la saveur.
Nous marchions au portant, bien ouvert à 155° du vent réel, le bateau filait dans 18/20 noeuds, le bateau sous pilote.
Au moment où Vic sort de la bannette pour me remplacer, dans un surf, le bateau part légèrement au lofe, le pilote agit à la barre, on entend un bruit sourd et le bateau part au lofe. Résultat le spi part en vrac mais on arrive à le sauver.

Constat
L’étrier inférieur qui tient le safran pour le relier au bateau, s’ouvre. 
Le safran qui n’est plus retenu par le bas se met en travers et déforme tout le système femelot / étrier supérieur.
Nous avons réussi à démonter le safran et à sécuriser le bateau.
Nous faisons route vers L’île de Sao Vincente, dans le Nord Ouest de l’Archipel du Cap Vert.
Nous réfléchissons à des solutions pour repartir, mais ce genre de pièce cassée ne se trouve pas dans le shipchandler du coin. »

noname (6)



A la vacation de 10h30 Victorien Erussard, co-skipper  de Solidaires en Peloton ARSEP (Class40) complète les explications de  Thibaut Vauchel-Camus

« Ca s’est passé quand nous étions en train d’attaquer correctement. Nous naviguions à 100 %, et nous étions en train de creuser l’écart sur Louis Duc (Carac/Advanced Energies) et Maxime Sorel (V and B). On était super contents ! On faisait 2 heures de barre chacun, on barrait beaucoup, c’était bien fatiguant mais nous étions vraiment contents de nous.

Au changement de quart, le bateau est parti au lof parce que le safran a cassé. Ce sont les étriers du safran tribord qui ont cassé. Le safran s’est retrouvé en travers. Il a fallu redresser le bateau. Ce fut périlleux, on a empanné dans tous les sens, le spi a fait des cocotiers autour de l’étai. Cela nous a pris 20 bonnes minutes pour affaler le spi.

On a constaté que le safran était devenu un foil. Donc, nous sommes hyper déçu, parce qu’on était dedans, nous étions parmi les favoris. Il y a deux ans, on a eu aussi un problème et on a du s’arrêter 48 heures. Là, on se prive de nos ambitions. C’est incroyable parce que nous n’avons pas lésiné sur notre préparation. Nous étions vraiment prêts. Les deux safrans avaient été renvoyés au chantier trois semaines avant le départ. Ils ont tout vérifié avant le départ. C’est la faute à pas de chance. Mais il faut dire que les bateaux encaissent. On s’est pris trois fronts, et les bateaux vont vite. Les 40 pieds, quand on les mène à fond, ça vibre dans tous les sens. A priori, ce sont les vibrations qui ont fait que ça a fini par céder. La pièce en inox haute résistance est pliée à 45°, c’est fou la puissance ! Par chance, nous ne sommes qu’à 130 milles de l’île Saint Vincent au cap Vert. Il y a beaucoup de solidarité autour de nous, on aura un comité d’accueil au Cap vert pour nous aider. Ce n’est pas notre genre, on ne va pas s’amuser à abandonner. On va repartir. Mais toutes pièces, nous ne les auront pas avant une semaine. Du coup, soit on reste au cap Vert, et ça c’est impossible, soit on repart et on démonte le safran au vent pour le mettre sous le vent. Ça devrait le faire comme ça parce qu’on devrait naviguer 80 % du temps bâbord amures. Et sinon, nous naviguerons en tribord amures. Ce qu’on peut faire aussi, c’est traverser, et si cela ne le fait pas, nous arrêterons à Recife ou Salvador… Cela ne sert à rien de rester au cap vert ! »

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