Transquadra-Martinique : victoire d’Ozon en solitaire, Monin/Belloir en double

 

Les deux vainqueurs en solitaire et en double de la flotte atlantique sont arrivés à 40’ d’intervalle ce vendredi au Marin.
Alexandre Ozon et son Bepox 990 Team2Choc, leader depuis le départ de cette 2e étape de Madère le 10 février dernier, n’a laissé aucune chance à ses adversaires* et ce, malgré la perte de son safran tribord il y a deux jours.

Le duo Monin/Belloir sur le Figaro Bénéteau Yuzu a pris un sérieux ascendant il y a 3 jours sur un groupe de 5 à 6 bateaux qui bataillait pour le leadership depuis Madère.  

Vainqueur de la 1ère étape (qu’il avait également menée quasiment de bout en bout) Alexandre Ozon a survolé cette traversée de l’Atlantique, sa première en solitaire, avec brio et bonheur. En tête dès les premières heures de course à la faveur d’une option sud assez radicale, il a ensuite contrôlé ses adversaires et capitalisé sur ses milles d’avance en creusant régulièrement son avance malgré les attaques et la remarquable performance de son premier adversaire, Jean-Pierre Kelbert (Léon) 2e depuis Madère (et également dauphin du Royannais sur la 1ère étape). Le Lorientais a bataillé toute l’étape avec les premiers doubles.

Alexandre Ozon l’emporte donc en temps réel et en temps compensé (le rating du JPK 10.80 de Jean-Pierre Kelbert, attendu vers 22h, heure française, étant plus important que celui du Bepox 990) !

Et, non content de l’emporter, il termine également devant tous les duos, et accroche un nouveau record de transat au blason de la course avec un nouveau temps à battre de 13j 1h 14’ ! … Il s’est même offert le luxe d’arriver au ponton avant sa famille !

Alexandre Ozon (Team 2 Choc) : « La fin a été très difficile, j’étais vexé, frustré, de ne plus pouvoir exploiter mon bateau à 100% (il a cassé son safran tribord il y a deux jours). J’ai dû heurter quelque chose. Je ne savais pas comment faire… j’ai réfléchi j’ai trouvé un compromis de route la moins défavorable avec les moyens techniques dont je disposais, mais ce final a été vraiment dur.

Je l’adore mon bateau mais, dans ces conditions là, j’avais hâte que ça se termine. Ce sont les pires jours passés sur mon bateau. 315 milles dans une mer défoncée, croisée, infernale et puis des grains sans arrêt, jusqu’à 7 en une seule nuit. Jusqu’à 32 nœuds tu gères, mais à 40 – 42 nœuds, avec un seul safran, tu ne gères plus : c’était n’importe quoi.

Tu as pris la tête dès les premières heures de course…

« La course s’est jouée dès le départ, j’ai pris une option sud assez « sport », au sud, je me suis même demandé si je n’y étais pas allé un peu fort – il faut avouer que je suis un peu bourrin, en fait (rires) –  mais il fallait faire ça. Et, au bout de 2 jours et demi je suis ressorti avec 40 milles d’avance. Après, c’est toujours parti par devant, parce que j’étais dans la zone de vent que j’étais allé chercher ! Et je partais avec… On a discuté un peu avec Jean-Pierre (par mail, pendant la course) et avec son groupe de doubles, ils ont un peu été petits joueurs : ils ne sont pas allés jouer sur le plan d’eau ! Moi je n’étais pas là pour enfiler les perles, j’y suis allé franchement !

Ensuite je les ai contrôlés, parce que je me méfie du Jean-Pierre ! Mais j’étais toujours dans une zone avec 2 à 3 nœuds de plus de vent qu’eux, c’est énorme au portant ! Et puis, sur la fin je me suis envolé. Je savais que j’avais les conditions pour moi.

 

C’est une belle surprise ?

« Ça fait 2 ans que je prépare ça, j’avais comme objectif de faire un podium. La victoire, c’est bien sûr encore mieux, j’ai fait ce qu’il fallait pour ça, mais le principal, c’est le podium. »

 

On te sentait vraiment très heureux sur l’eau

« Oui, ça fait 11 saisons que je navigue sur mon bateau. Je le connais par cœur, je m’éclate avec, et là pour moi, faire une transat, ma première en solitaire, avec lui, c’était la cerise sur le gâteau !

La première étape, j’angoissais un peu parce que c’était plus un parcours pour Jean-Pierre. Et comme ça s’était bien passé (Alexandre Ozon arrive en tête avec 3h50 d’avance sur son rival) je suis parti sur cette 2e étape en me disant qu’il y aurait plus de match, que je pourrais allumer. Avoir un bateau léger dans de telles conditions est un avantage certain. Un bateau lourd, on casse inévitablement des trucs dans les départs à l’abatée, moi je n’ai absolument rien cassé rien abîmé ! Avant le safran bien sûr. »

Tu t’attendais à finir devant tout le monde ?

« Non mais quand j’ai vu qu’ils commençaient à tous se marquer les uns les autres, j’ai compris que c’était fini pour eux. Ils se sont marqués, ils ne suivaient pas les routages… Du coup, ils ne sont pas allés là où il y avait le plus de vent. Quand j’ai compris ça, j’ai continué à faire ma route et je me suis dit que c’était bon pour moi. C’est comme ça que j’ai quasiment toujours eu plus de vent qu’eux, sauf à un moment où j’étais plus au nord… une bulle bizarre, pas prévue, j’ai pris 40 milles ! Mais après on savait que ça repartait par l’avant. »

Ça donne envie d’aller un peu plus loin ?

« J’ai des idées, mais là pour l’instant, il faut que je digère ces deux derniers jours vraiment durs, amers. »

40 minutes plus tard seulement…

A 17h54′ 00 » (heure française), le premier duo de la flotte Atlantique, Olivier Monin et Aymeric Belloir coupait à son tour la ligne d’arrivée devant la marina du Marin 13j 1h 54min 00s de course, à 8,44 nds de moyenne.

Olivier Monin et Aymeric Belloir (Yuzu), vainqueurs en double atlantique en temps réel et probablement en temps compensé : « Le bateau a super bien marché ! Aymeric sait le régler à la perfection. On a mis la toile de circonstance, le bateau poussait, poussait et comme on n’a pas trouvé le frein, on a un peu fait le break avec les autres !

Il y a eu une très belle bagarre avec tout le groupe de doubles pendant plus d’une semaine, c’était sympa ! On a eu pas mal de contacts VHF, on était à moins de 10 milles pendant 4 jours.

Les trois derniers jours ont été franchement toniques. On était sous pilote avec 30 – 40 nœuds de vent, c’était vraiment agréable !

On a cassé des petites broutilles, mais rien qui empêchait le bateau de naviguer au maximum de son potentiel. On a fait de petites erreurs comme tout le monde. C’est à celui qui en fait le moins…

Le bateau arrive à 100% de son potentiel, les marins aussi…

La vie à bord était sympa, on s’est soignés avec de bons plats et du frais, beaucoup de chocolat, des crêpes. C’est important !

Le défi c’était vraiment de se donner à fond.

Sur la première étape, je découvrais… on a bien marché à partir de Vigo on avait remonté une 10aine de places sr la fin. J’ai beaucoup appris. »

Temps de course, temps record

Alexandre Ozon (Team de Choc) a passé la ligne de la 2e étape de la Transquadra – Martinique à 17h 14min 15s heure française), temps de course : 13j 1h 14min 15’s à 8,45 nds de moyenne, le Royannais non content de terminer devant toutes les flottes, s’offre en plus le record de l’épreuve : il le bat de 13h ! (Le record était de 13j 18h au départ de Porto Santo, à sa vitesse moyenne de 8,45 nds, il aurait mis 13j 5h 14min 15s.)

Le nouveau temps record de la Transquadra – Martinique est donc de 13j 1h 14min 15s.

Vainqueurs en réel de la flotte doubles Atlantique, le duo Olivier Monin / Aymeric Belloir (Yuzu) arrivé à 17h54′ 00 » (heure française), temps de course 13j 1h 54′ 00 » à 8,44 nds de moyenne. Ils pourraient aussi l’emporter au temps compensé.

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