Un plan sur 5 ans, avec 8 propositions clé pour la sauvegarde de l’océan

 Le rapport de la Commission Océan Mondial sera présenté aujourd’hui 24 juin à New York.

Ce rapport se centre sur l’ensemble des zones de l’océan qui se trouvent en-dehors de toute juridiction nationale.
Ces zones constituent ce qu’on appelle la haute mer.
Elles représentent 64 % de la surface totale de l’océan (soit 45 % de la surface totale de la Terre).

Selon les conclusions du rapport, l’absence avérée dune gouvernance adéquate et le manque de visibilité dans le débat politique entraînent une mauvaise gestion des ressources, un manque à gagner et une situation d’injustice mondiale. Bateaux de pêche photo ACassim

La Commission estime ainsi que les services de la haute mer tels que l’absorption du carbone, qui représentent entre 74 et 222 milliards de dollars annuels, sont en péril.

Le Commission préconise donc un plan sur 5 ans, avec 8 propositions clé pour la sauvegarde de l’océan, et plus particulièrement de la haute mer. Ces propositions seront présentées aujourd’hui 24 juin à New York.

Extrait de la Lettre signée des coprésidents: José María Figueres, Trevor Manuel,  David Miliband

« Du déclin à la restauration de l’océan mondial »

Notre océan est en déclin. La destruction des habitats, la perte de la biodiversité, la surpêche, la pollution, le changement climatique et l’acidification de l’océan mènent le système océanique à sa perte. La gouvernance est tout à fait insuffisante et, en haute mer, l’anarchie règne sur les flots. Les progrès technologiques et la réglementation inexistante creusent le fossé entre riches et pauvres : les pays qui en sont capables exploitent des ressources qui s’amenuisent, tandis que les pays qui n’en ont pas les moyens en subissent les conséquences. La stabilité régionale, la sécurité alimentaire, la résilience climatique et l’avenir de nos enfants sont tous menacés.
Pourtant, nous sommes également motivés par le fait que la haute mer a la possibilité de jouer un rôle de régénération pour restaurer le bon état de l’océan dans son ensemble et qu’un nombre de propositions ambitieuses sont susceptibles de stimuler un cycle de restauration. Nous pensons que le processus de dégradation de l’océan peut s’inverser et que l’actuel cycle de déclin peut devenir un cycle de restauration.

64% de l’océan, c’est à dire 45% de la surface planétaire, se trouve en dehors de tout contrôle national: c’est ce que l’on appelle la haute mer. Ce qui affecte l’océan ne connaît pas de limites nationales. Pour garantir la restauration de l’océan nous devons aussi nous tourner vers cette zone, dont l’avenir est menacé par les multiples impacts des activités humaines actuelles et à venir.

Durant ces 18 derniers mois, la Commission Océan Mondial a approfondi sa connaissance de la haute mer, et a découvert à quel point celle-ci est essentielle, et à quel point son immense potentiel est menacé. La Commission a consulté des experts issus du monde scientifique, de la recherche, des affaires, d’organisations intergouvernementales et non-gouvernementales.
Ce 24 juin prochain, elle publie donc ces huit propositions d’action nécessaires pour stimuler le cycle de restauration de l’océan.

Celles-ci tirent la sonnette d’alarme, mais indiquent également la marche à suivre.
Bien que certaines de ces propositions ne soient pas nouvelles, toutes sont pragmatiques et possibles, et devraient inciter le secteur public comme le secteur privé à prendre leurs responsabilités. Nous devons dès maintenant commencer à faire machine arrière.
Aucun gouvernement, aucune entreprise, aucune personne n’est en mesure de relever de façon isolée le défi de sauver l’océan mondial. Pour mettre un terme à l’exploitation exagérée et non durable des ressources naturelles et des libertés, et pour restaurer le bon état de l’océan, il faut une coalition de changement dotée d’un ordre de mission clair.
Nous sommes convaincus que si le paquet de huit propositions que nous vous soumettons aujourd’hui est rapidement mis en œuvre, il est possible d’inverser le processus de dégradation de l’océan mondial au cours de la prochaine décennie.

 Les huit propositions pour la restauration de l’océan du rapport, intitulé
Du déclin à la restauration – Un plan de sauvetage pour l’océan mondial

1. instaurer un objectif de développement durable (SDG) pour l’océan mondial dans le cadre de l’ONU ;

2. améliorer la gouvernance de la haute mer, notamment par un accord d’application de la CNUDM, la nomination par le Secrétaire général de l’ONU d’un Représentant spécial pour l’océan et la création d’organisations régionales de gestion de l’océan (ORGO) ;

3. réduire la surcapacité des navires de pêche en éliminant les subventions nuisibles concernant la haute mer ;

4. mettre fin à la pêche IUU, y compris en élargissant l’obligation des numéros (d’enregistrement) OMI aux navires de pêche opérant en haute mer ;

5. mettre un terme à la pollution par les plastiques dans l’océan mondial, y compris en réduisant au minimum l’utilisation de plastiques à usage unique par des interventions gouvernementales directes et en réglementant l’utilisation des dispositifs de concentration de poissons afin de réduire au minimum les prises accessoires et la pêche fantôme ;

6. établir des normes juridiquement contraignantes concernant le pétrole et le gaz offshore ainsi qu’une convention internationale sur la responsabilité et l’indemnisation des dommages écologiques et des pertes économiques connexes ;

7. créer un Conseil de responsabilité de l’océan mondial ; et,

8. afin de reconstituer les stocks de poissons, la communauté mondiale des États doit envisager, après une période de cinq ans, de transformer en zone de régénération les zones de la haute mer où les organisations régionales de gestion de la pêche (ORGP) s’avèrent inefficaces.

Extraits des communiqués de la COM

LA COE – Focus :

La Commission Océan Mondial est une commission internationale indépendante composée d’anciens chefs d’État, ministres et chefs d’entreprise. Créée en 2013, elle a pour mission d’analyser les principaux défis et menaces qui pèsent sur la haute mer et d’élaborer des propositions techniquement et politiquement réalisables pour y répondre.

www.globaloceancommission.org.

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