Un point sur la Jacques Vabre à moins de deux jours du départ de la transat

A quarante-huit heures du départ, chacun surveille d’un œil attentif la situation météorologique pour savoir à quelle sauce la flotte risque d’être mangée.

La dépression venue de Terre-Neuve occupe toujours les esprits.
Même si le phénomène semble perdre un peu de sa puissance, l’état de la mer est le principal souci des concurrents engagés dans cette Transat Jacques Vabre.
La flotte risque d’affronter une zone où la hauteur des vagues pourrait encore dépasser les dix mètres.
Si pour les Imoca, la situation risque d’être grandement inconfortable, elle peut être plus difficile encore pour les Multi50 et les Class40. Ces derniers et Jean Maurel, le directeur de course, vont se revoir samedi après un nouveau bulletin météo.

La flotte des Imoca entre les anciens et les derniers de nouvelle génération
Sur le papier, à l’exception des frères Burton (Bureau Vallée), nouveaux venus dans la série, tous peuvent prétendre au podium, voire à la victoire finale.
Tous ont procédé à une refonte complète de leur bateau.
A bord d’Akena Vérandas, Arnaud Boissières et Gérald Véniard ont choisi d’engranger le maximum de milles pour améliorer progressivement leur machine.
Mike Golding a procédé à d’importantes modifications sur Gamesa : changement de mât, nouveaux postes de barre, allègement général. Même démarche pour Kito de Pavant (Groupe Bel) Dominique Wavre et Michèle Safran ©C.LaunayParet (Mirabaud).

Innovation chez Safran (le tenant du titre 2009) : Marc Guillemot et Yann Elies inaugureront une quille en titane, une première dans le monde de la course au large.

Alex Thomson (Hugo Boss) a choisi une solution radicale en rachetant tout récemment le voilier avec lequel Roland Jourdain a remporté la Route du Rhum.

DCNS un cas particulier :  Marc Thiercelin, dans le cadre son programme des « Filières du talent » a proposé à l’ancien champion de ski Luc Alphand d’être le symbole des programmes de reconversion du groupe. Compétiteur de haut niveau, Luc s’est jeté à corps perdu dans l’aventure, mais la Transat Jacques Vabre sera le premier test in vivo du niveau de performance auquel le duo est arrivé.

Les plus récents :
Plusieurs bateaux de dernière génération vont tenter de secouer le cocotier.
Banque Populaire (Armel Le Cléac’h – Christopher Pratt), Cheminées Poujoulat (Bernard Stamm – Jean-François Cuzon), MACIF (François Gabart – Sébastien Col) sont les derniers nés de la série, qui entendent bien compenser leur manque de mise au point par le gain de performance lié à toute avancée architecturale.

Deux autres équipages à surveiller de près ont réussi à concilier nouveauté et expérience du large.
Vincent Riou et Hugues Destremau (PRB) qui disposent du premier des voiliers construits après le Vendée Globe 2008. Cela fait maintenant deux ans que Vincent navigue à bord et a pu, par petites touches, fiabiliser l’extraordinaire potentiel de son nouveau monocoque.
Virbac-Paprec 3. Jean-Pierre Dick, déjà double vainqueur de la Transat Jacques Vabre a remporté récemment la Barcelona World Race avec sa nouvelle monture…
Deux duos placés comme favoris, mais quand on s’apprête à affronter des vents de quarante nœuds et une mer en relation, les logiques de la régate pure n’ont pas forcément beaucoup de sens.

Visite : Samedi à 15h30, David Douillet, Ministre des Sports viendra saluer les marins au départ de la 10e Transat Jacques Vabre.

Ambiance sur levillage de la Tranast J.V @A.CourcouxIls ont dit :
Marc Guillemot (Safran) : « Notre priorité c’est la fiabilité. Notre quille en titane va peut-être nous permettre de compenser le petit déficit de vitesse qu’on a vis à vis des bateaux de nouvelle génération. Jusque là, nous ne l’avons testé que dans le petit temps. Ce début de Transat va être un bon révélateur. »

Luc Alphand (DCNS) : « Grâce à Marc (Thiercelin), j’ai pu accéder à un nouveau challenge. Nous avons parcouru 11 000 milles en commun. Ce que j’ai découvert, c’est que la course au large n’est pas qu’un métier, c’est un monde à appréhender dans sa globalité. Je commence tout juste à être un équipier correct. Je me régale de continuer à apprendre sur cette Transat Jacques Vabre.»

Christopher Pratt (Banque Populaire) : « Ça sent la grosse brafougne avec beaucoup de mer surtout. Le problème, ce n’est pas le vent, mais l’état de la mer. On parle de creux de dix mètres, ça fait la moitié de la longueur du bateau, le tiers de la hauteur du mât, ça commence à faire… J’ai connu ça avec Marc (Thiercelin), il y a deux ans, sur la Transat Jacques Vabre. De toutes les façons, la route du sud paraît obstruée par l’état de la mer. On fera les comptes à la fin de la semaine, on verra qui aura encore un bateau intègre. Il y a deux ans, à la sortie de la dépression, le classement était quasiment fait. »

Dernière minute :
Le bateau Naviguez Anne Caseneuve n’ayant pas pu présenter son certificat de jauge Multi50 à l’issue des inscriptions, le vendredi 28 octobre 2011, conformément à l’article 6.1.3 de l’avis de course, il ne pourra donc pas prendre le départ de la Transat Jacques Vabre 2011 dimanche 30 octobre à 13h02.

www.transat-jacques-vabre.com

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