Un bateau de pêche démantelé lors de la réunion européenne de fixation des quotas 2011

Selon le constat de Bruxelles, quelque 88% des stocks de poissons européens sont actuellement surpéchés.

Pêche cabillauds @A.CassimEt Greenpeace continue de tirer le signal d’alarme.
En marge de la réunion des ministres européens de la Pêche, qui a eu lieu le 13 décembre, quarante militants de Greenpeace ont amené un faux bateau de pêche industrielle de 25 mètres de long et 11,5 mètres de haut devant le Conseil européen pour demander à l’Europe d’arrêter la surpêche.
En fin de matinée, les militants ont symboliquement démantelé le bateau.

« Pour gérer la pêche, l’Union européenne doit se conformer à la science et résister aux lobbies de l’industrie de la pêche. Malheureusement les ministres, Bruno Le Maire en tête, sont à l’écoute de ces seuls lobbies. Ainsi, ils marchandent et revoient à la hausse les quotas de pêche proposés par les scientifiques, au lieu de mettre fin à la surpêche et de démanteler les bateaux qui pillent nos mers », s’indigne Emmanuel Buovolo, chargé de campagne Océans pour Greenpeace France.

En 2010, par exemple, l’Union européenne avait adopté des quotas supérieurs de 34% aux avis scientifiques.

La commissaire européenne Maria Damanaki plaide régulièrement pour une approche basée sur le principe de précaution quand l’état des connaissances scientifiques est incomplet et a appelé les ministres à ne pas perdre des yeux l’objectif de parvenir d’ici 2015 à un niveau de rendement maximum durable pour les stocks de poissons européens, malgré leurs inquiétudes à propos de « l’impact des réductions nécessaires pour y parvenir ».

Des océans européens qui meurent de trop de pêche

Aujourd’hui, la flotte européenne est capable de pêcher 2,5 fois en volume ce que nos mers sont en mesure de nous donner.

Résultat, 90% des stocks pêchés en Europe sont surexploités.

Dans le cas des espèces profondes, 100% des stocks sont au-delà des limites de sécurité biologique, mais les pêches se poursuivent.

Un pays comme la France a reçu des millions en subventions européennes pour ses flottes industrielles, pour des bateaux toujours plus grands et aux pratiques toujours plus destructrices.
Certains peuvent en un seul trait de chalut détruire un écosystème entier.

Une réforme cruciale
En arrière-plan des discussions sur ces quotas, un processus de réforme de la Politique commune des pêches (PCP) doit aboutir début 2013 et devra intégrer :

– Des objectifs de réduction de la surcapacité de pêche. Cela doit se traduire par des sorties de flotte des bateaux industriels, et non par leur « exportation » vers d’autres océans ou par leur re-pavillonage dans d’autres pays, comme c’est encore trop souvent le cas.

– L’obligation de respecter les avis scientifiques pour la fixation des TAC et quotas. – Des règles permettant d’instaurer des réserves marines, afin de contribuer à la gestion durable des pêcheries.

« Les flottes européennes sont devenues de plus en plus destructrices, alors que le nombre d’emplois qu’elles supportent n’a fait que diminuer. Une réforme de la Politique commune des pêches n’a de sens que si les responsables s’entendent pour pêcher moins et soutenir les pêcheurs qui ont des pratiques réellement durables », ajoute Emmanuel Buovolo.

Sources Grenpeace.

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