Vendée Globe : à chacun sa bulle !

Le ralentissement programmé d’Armel Le Cléac’h est en cours et le leader n’a désormais plus que 195 milles de marge sur son poursuivant direct, Alex Thomson : ce jeudi s’annonce donc particulièrement important car le temps de traversée de la bulle anticyclonique va impacter la stratégie de la dernière ligne droite vers les Sables d’Olonne !
Derrière, Jérémie Beyou déborde les Malouines, Jean-Pierre Dick perd du terrain face au duo Eliès-Le Cam, Conrad Colman est sorti indemne de la dépression et Enda O’Coineen se déroute vers l’île Stewart…

Il n’y a rien d’autre à faire que de se concentrer sur le point d’impact et de trouver la porte de sortie : Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) rentre depuis le coucher du soleil dans une zone de vents faibles et sa vitesse décroît progressivement au fur et à mesure qu’il s’enfonce dans ce marasme anticyclonique. Il lui faut traverser le plus rapidement possible cette bulle en forme de haricot qui bloque le passage au niveau du 35° Sud, au large de l’Uruguay. Or c’est toujours un peu la loterie dans ce type de système météo qui fluctue énormément au fil des heures, pouvant aussi bien s’étaler en longitude qu’en latitude ! Alors que derrière, Alex Thomson (Hugo Boss) peut non seulement revenir à moins de cinquante milles du leader dès ce soir, mais surtout éviter les pièges que va subir son prédécesseur…

Et pendant ce temps

C’est donc à la sortie de cette bulle que la suite du match va se dessiner. Et c’est aussi une opportunité pour le troisième larron de profiter des enseignements de ce passage : avec 1 300 milles d’écart, Jérémie Beyou va pouvoir rattraper une partie de son retard mais surtout, il pourrait bénéficier de conditions météo totalement différentes ! Déjà à raser les îles Falkland, Maître CoQ est poussé par un flux de Sud-Ouest qui va le propulser très rapidement vers les Quarantièmes. Ce qui n’est pas le cas pour Jean-Pierre Dick car StMichel-Virbac peine en approchant du cap Horn dans un régime mal organisé qui se structure par derrière, au grand bonheur du duo Jean Le Cam (Finistère Mer Vent) et Yann Éliès (Quéguiner-Leucémie Espoir).

Quant à Louis Burton (Bureau Vallée), les conditions de navigation sont quasiment idéales : de la brise portante, un rayon de soleil, une longue houle et une mer pratiquement plate ! Longeant depuis près d’une semaine la ZEA (Zone d’Exclusion Antarctique), il est suivi à 900 milles par Nándor Fa (Spirit of Hungary), puis par Conrad Colman (Foresight Natural Energy) qui s’est remarquablement bien sorti de la tempête qui le poursuivait. Le Kiwi en a profité pour reprendre quasiment 200 milles au Hongrois depuis son passage sous la Nouvelle-Zélande… Et d’ailleurs au large de l’île Auckland, le peloton perd un de ses composants puisque l’Irlandais Enda O’Coineen (Kilcullen Voyager-Team Ireland) a décidé de faire route au Nord, vers l’île Stewart, pour faire une révision complète de son bateau avant de traverser le Pacifique.

Un arrêt technique sans assistance que programme aussi Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean) qui partage la queue de flotte avec Pieter Heerema (No Way Back) : le Hollandais a semble-t-il, résolu ses problèmes redondants de pilote et d’électronique ces jours derniers. Quant à Paul Meilhat (SMA), il est arrivé à Tahiti et Stéphane Le Diraison (Compagnie du Lit-Boulogne Billancourt) est en passe de s’amarrer à Melbourne.

EXTRAITS DES VACATIONS 
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Louis Burton (Bureau Vallée) :
« C’est super : cela fait plusieurs jours que je glisse facilement dans cet océan Pacifique, depuis que je suis sorti de la dépression néo-zélandaise. Je longe la ZEA avec 20 à 30 nœuds de vent de Nord-Ouest, sur une mer plate : on se croirait en baie de Quiberon, c’est top ! Je suis à environ 1 800 milles du cap Horn et j’ai même reçu cette nuit, un message des services de sécurité chiliens. Je vais devoir faire un empannage pour éviter une zone sans vent qui va se former au large de la Patagonie, et je devrais donc longer les côtes de la Terre de Feu : cela va me permettre de retrouver progressivement la civilisation car je suis bien isolé depuis des lustres… Il n’y aura pas beaucoup de vent quand j’arriverai dans le détroit de Drake. En tous cas, je suis bien sorti des galères et le Pacifique porte bien son nom ! »
CLASSEMENT DE 5H00
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