Vendée Globe : deux mois de solitude et le Horn pour le 15 janvier !

Il y a deux mois jour pour jour, le 6 novembre 2016, Fabrice Amedeo s’élançait sur son tout premier Vendée Globe. Un défi longuement préparé et mûri, abordé avec le professionnalisme et la passion de celui qui était encore journaliste dans une rédaction parisienne il y a dix-huit mois. 60 jours et 60% du parcours autour du monde dans le sillage, le skipper de Newrest-Matmut qui pointe en 12ème position se débat actuellement avec des vents mous dans l’océan Pacifique et n’a qu’une idée en tête dans l’immédiat : saluer enfin le cap Horn ! Un premier passage prévu pour le dimanche 15 janvier.

Si Fabrice Amedeo mesure chaque jour la chance qu’il a de vivre ce pour quoi il s’est battu et a travaillé avec acharnement ces dernières années, il avoue régulièrement ces derniers jours que le temps commence à lui sembler long dans le Pacifique. C’est que ces mers du Sud semblent un peu s’éterniser pour le bizuth qui peine à voir la configuration météo idéale tourner en sa faveur. Englué dans une zone de vents faibles et instables depuis de longues heures, il l’évoque avec franchise : « J’ai l’impression d’être en froid avec la chance côté météo. J’attends mais je n’ai pas ce petit coup de pouce qui jouerait en ma faveur. Il n’y a rien à faire, ça ne vient pas ! ». Mais qu’on ne s’y trompe pas, le skipper de Newrest-Matmut ne présente aucun signe avant-coureur d’un syndrome visant à se persuader que la malchance le suit. Loin de là ! Alors que le marin vit son soixantième jour en mer, il relativise : « Deux mois de mer, c’est à la fois immense et c’est passé très vite. L’approche du temps en mer est complètement différente de celle que nous avons à terre. J’ai à la fois le sentiment d’être parti hier, mais aussi celui d’avoir quitté ma famille et la terre depuis une éternité. Malgré ces contradictions et le manque de mes enfants notamment, je suis très content d’être là même si nerveusement c’est dur. Mais la perspective du Horn attenue un peu le côté négatif des choses ».

« Encore quelques heures laborieuses »

Le cap Horn est depuis plusieurs jours au centre des conversations que Fabrice Amedeo mène avec la terre et très certainement avec lui-même. S’il poursuit sa progression à ce rythme, il passera ce mythique promontoire pour la première fois de sa vie, le dimanche 15 janvier. Mais d’ici là, il lui faut encore en terminer avec l’océan Pacifique et les caprices du moment : « Hier, cette nuit pour vous, j’ai passé la journée à l’arrêt quasiment, confiait-il ce vendredi. J’en ai profité pour renforcer la réparation de ma grand voile et changer une latte cassée. En fin de nuit chez vous, le vent est revenu de Nord comme prévu et m’a permis d’accélérer un peu. Mais tout ça reste très fluctuant. Je vais devoir composer avec quelques heures encore un peu laborieuses. Mais je me console en me disant qu’hier, j’avais certes 3 nœuds de vent, mais j’avais aussi un grand soleil et j’étais en tee-shirt. Toute la nuit je vois les lueurs du soleil à l’horizon. C’est assez incroyable ! ». Un sort finalement assez enviable pour le skipper de Newrest-Matmut après deux mois de solitude autour du globe…

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