Vendée Globe :les heures s’égrènent aux Sables d’Olonne, et le stress augmente

. Demain, dimanche 6 novembre, S.A.S. le prince Albert II de Monaco donnera le top départ du 8e Vendée Globe à 13h02.
Ce matin, les 29 skippers ont participé au dernier briefing de la Direction de Course, écouté les ultimes conseils prodigués par Alain Gautier, le consultant sécurité du Vendée Globe. Tels des astronautes en partance pour une autre planète, les marins goûtent pour la dernière fois aux bonheurs des terriens : manger un bon repas, dormir dans un vrai lit et profiter des proches. Bientôt, il sera temps de gérer la grande émotion du départ ponton, le premier appareillage aura lieu demain matin à 8h50.
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« Le dernier briefing est toujours un moment important. C’est le dernier échange serein que l’on peut avoir avec les skippers. Demain sur les pontons, les visages ne seront plus les mêmes, il y aura beaucoup d’émotion. Nous leur avons donné les ultimes recommandations avec Alain Gautier (consultant sécurité du Vendée Globe, ndlr), nous avons reparlé de la disparition de Guo Chuan, un marin qui nous était cher à tous. Cela remet les choses dans un certain contexte même s’il ne faut pas dramatiser. Tous savent qu’ils partent pour un tour du monde qui ne sera pas simple. J’ai essayé de leur faire passer qu’ils doivent prendre du plaisir, et on leur redit que l’équipe de la Direction de Course est avec eux 24h/24 », expliquait ce matin Jacques Caraës, Directeur de Course à la sortie du traditionnel briefing skipper la veille du départ.

« Le dernier briefing est toujours un moment important. C’est le dernier échange serein que l’on peut avoir avec les skippers. Demain sur les pontons, les visages ne seront plus les mêmes, il y aura beaucoup d’émotion. Nous leur avons donné les ultimes recommandations avec Alain Gautier (consultant sécurité du Vendée Globe, ndlr), nous avons reparlé de la disparition de Guo Chuan, un marin qui nous était cher à tous. Cela remet les choses dans un certain contexte même s’il ne faut pas dramatiser. Tous savent qu’ils partent pour un tour du monde qui ne sera pas simple. J’ai essayé de leur faire passer qu’ils doivent prendre du plaisir, et on leur redit que l’équipe de la Direction de Course est avec eux 24h/24 », expliquait ce matin Jacques Caraës, Directeur de Course à la sortie du traditionnel briefing skipper la veille du départ.

Un peu de douceur avant de rentrer dans le dur…
Peu de marins ont fait leur apparition sur le ponton du Vendée Globe aujourd’hui, plongés dans leur cocon familial, un œil sur les fichiers météo des prochains jours. « Il faudra être en forme demain matin. Ce soir, je dîne tranquillement en famille, je fignole mes petites affaires, je regarde la météo et je vais me coucher tôt », confiait Vincent Riou à la sortie du briefing. Yann Eliès, lui-aussi, a décidé de profiter une dernière fois de ces petits moments de douceurs : « Ce soir, je fais un repas à la maison, tranquille avec les enfants, ma femme m’a préparé un filet mignon et des carottes… Hier soir, on a regardé Koh Lanta à la télé en famille, j’ai besoin de normalité et de choses très simples avant de partir. »

Vers un sprint jusqu’à l’équateur
Dimanche à 13h02 donc, les 29 solitaires vont pouvoir s’élancer rapidement, poussés par 15-20 nœuds de vent, vers le cap Finisterre distant de 350 milles. Si tout va bien, les IMOCA à foils devraient être déjà aux larges des côtes espagnoles lundi matin avec un vent qui devrait monter d’un cran : 35 nœuds, peut-être 40 dans les rafales. Premier passage à niveau, première option : le contournement du DST, le dispositif de séparation de trafic, interdit à la navigation. La logique voudrait que les concurrents poursuivent le long des côtes portugaises, là où la brise est bien présente, mais certains pourraient jouer la prudence et contourner par le large. Déjà, les skippers auront en tête leur stratégie et leur angle d’attaque pour éviter les trois archipels qui sont sur leur route : Madère, les Canaries puis le Cap Vert. « Il y aura des choix stratégiques à faire rapidement après le dégolfage, il ne faudra pas se tromper, et rester en accord avec soi-même, ne pas trop regarder ce que font les autres », confiait Arnaud Boissières ce midi. Dans tous les cas, la descente de la première moitié de l’Atlantique devrait faire tomber des records !

http://vendeeglobe.tv/player_mail.php?id=83e2add2c0c128ea0943b6768538d745

Ordre d’appareillages de 29 IMOCA :
8H50 One Planet One Ocean : Didac Costa
8H54 SMA : Paul Meilhat
8H58 Hugo Boss : Alex Thomson
9H02 Le Souffle du Nord pour le Projet Imagine : Thomas Ruyant
9H 06 Quéguiner- Leucémie Espoir : Yann Eliès
9H10 Edmond de Rothschild : Sébastien Josse
9H14 Newrest-Matmut : Fabrice Amedeo
9H18 Bastide Otio : Kito de Pavant
9H22 Foresight Natural Energy : Conrad Colman
9H26 La Fabrique : Alan Roura
9H30 StMichel-Virbac : Jean-Pierre Dick
9H34 Finistère Mer Vent : Jean le Cam
9H38 Spirit of Hungary : Nandor Fa
9H42 CommeUnSeulHomme : Eric Bellion
9H46 Spirit of Yukoh : Kojiro Shiraishi
9H50 Kilcullen Voyager – Team Ireland : Enda O’Coineen
9H54 Great American IV : Rich Wilson
9H58 Safran : Morgan Lagravière
10H02 Bureau Vallée : Louis Burton
10H06 Famille Mary – Etamine du Lys : Romain Attanasio
10H10 La Mie Câline : Arnaud Boissières
10H14 Compagnie du Lit – Boulogne Billancourt : Stéphane le Diraison
10H18 No Way Back : Pieter Heerema
10H22 Initiatives Cœur : Tanguy de Lamotte
10H26 Banque Populaire VIII: Armel Le Cléac’h
10H30 MACSF : Bertrand de Broc
10H34 Maître CoQ : Jérémie Beyou
10H38 TechnoFirst – faceOcean : Sébastien Destremau
10H42 PRB : Vincent Riou

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UN PARTENAIRE TITRE DE DERNIÈRE MINUTE POUR CONRAD COLMAN

Soulagement pour Conrad Colman qui, à quelques jours du départ du huitième Vendée Globe, a décroché un partenaire qui va lui permettre de s’élancer autour du monde plus sereinement. « Il s’agit de Foresight, une société d’investissements en capitaux privés londonienne dans le secteur des énergies renouvelables. Ce sponsor correspond aux valeurs de mon projet. Je suis sur mon petit nuage. »
Pour rappel, c’est sans sponsor principal que Conrad a dessiné les contours de son aventure planétaire. Malgré des soucis financiers, le jeune skipper de 35 ans a toujours assuré qu’il serait au départ le 6 novembre. « Grâce à ce soutien financier, je dispose du budget pour communiquer, envoyer des photos et des vidéos, et ainsi partager mon aventure », explique-t-il. « Cela aurait été tout de même dommage de faire un tour du monde en mode « muet » ! »

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Ils ont dit : 

Nandor Fa, Spirit of Hungary
« Les prévisions me conviennent. Je passerai la soirée avec ma famille, ma femme et mes enfants. Ils ont organisé une soirée sur la plage et on écoutera de la musique et boire un petit coup. Je me coucherai à 22h après avoir passé de bons moments avec mes proches. Je me repose, car on aura pas mal de boulot en mer les trois premiers jours. »Morgan Lagravière, Safran
« Ce soir, je vais profiter de ma famille et de mes proches, ce seront mes derniers instants de terrien. Je me prépare mentalement à ce changement radical de vie. Ce n’est pas évident. Pour le départ, la stratégie est claire. J’essaye de réviser, de refaire une petite analyse aujourd’hui, mais le schéma est simple et clair depuis quelques jours. L’idée c’est de se conditionner mentalement. Je vais me coucher de bonne heure, plus tôt qu’hier soir, me faire un dernier bon repas du soir, une bonne dernière nuit, dormir dans un vrai lit, et demain on sera à fond ! ».

Jérémie Beyou, Maître CoQ
« Le fait que mes enfants soient déjà partis, c’est mieux pour eux et pour moi, parce que le jour du départ, c’est toujours difficile de donner beaucoup d’attention à ses proches. Cela n’a pas été facile de leur dire au revoir. Ils ont 9 et 13 ans, ils se rendent davantage compte de la durée de l’absence, ils savent aussi que cette course comporte des risques et qu’il peut y avoir de l’échec. Je suis très fier d’eux parce qu’ils ont bien pris sur eux, ils se sont serrés les coudes entre frères. Ils vont suivre le départ à la télé, j’ai d’ailleurs promis de leur faire un petit signe spécial lors de la descente du chenal.»
Fabrice Amedeo, Newrest-Matmut
« Je commence à vraiment me projeter dans la course vu que les routages sont assez précis. J’imagine ce bord de reaching sur le cap Finisterre, l’envoi du gennaker, du jibe le long des côtes portugaises et le vent qui se renforce. Je décompose un peu les choses : le matossage, la configuration de départ du bateau. Je ne pense pas à l’émotion. J’ai quitté mes enfants mercredi. Je voulais les tenir à l’écart de tout ça, de cette émotion. Je ne voulais pas leur imposer les pleurs sur le ponton ni m’imposer ça à moi aussi. Ça a été un moment d’émotion mais pas plus que ça parce que je n’étais pas non plus en train de remonter le chenal quand je leur ai dit au revoir. C’était sur le quai de la gare, ça a duré un petit quart d’heure. C’était très sympa. Le plus dur a été fait donc je suis très serein.»
Alex Thomson, Hugo Boss
« Ca a l’air bien pour le départ ! Il y aura peut-être jusqu’à 15 nœuds. Nous serons au débridé travers pendant les premières heures. Le vent se renforcera en tournant. Aux abords du cap Finisterre, la météo annonce 30-35 nœuds, voire même 40. Je ne crois pas que ce sera aussi fort que cela. Il va falloir négocier le dispositif de séparation de trafic (DST) qui implique déjà une option à prendre, à l’est ou à l’ouest. Ensuite, les riches vont s’enrichir. Je pense que nous mettrons 6 à 7 jours pour arriver à l’équateur.»
Vincent Riou, PRB
« Concernant les premières heures de course, les choses commencent à être claires dans la tête de beaucoup de gens. J’ai bien réfléchi aux enchaînements qu’il faudra faire, c’est dans les tuyaux ! Maintenant il va falloir y aller et ne pas faire d’erreur. On a des belles conditions, mais ça va être rapide, il faudra être en forme demain matin. Ce soir, je dîne tranquillement en famille, je fignole mes petites affaires, je regarde la météo et je vais me coucher tôt. »
Yann Eliès, Queguiner – Leucémie Espoir
« Ce soir, je fais un petit repas à la maison, tranquille avec les enfants, ma femme m’a préparé un filet mignon et des carottes… Hier soir, on a regardé Koh Lanta à la télé en famille, j’ai besoin de normalité et de choses très simples avant de partir. Je vais aussi partager un peu d’intimité avec mon équipe, les full-speed comme je les appelle ! Je suis très fier d’eux, ils ont vraiment beaucoup donné depuis deux ans. Ensuite c’est au lit vers 22-23h pour se réveiller demain matin, sans doute avec la boule au ventre ! »

 

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