Volvo Ocean Race : en vue le Pot-au-Noir, une zone délicate à traverser

En tête de flotte, Telefónica mène et PUMA le colle, plus loin, CAMPER se décale dans l’est.
Groupama accélère après le Cap Vert.
Pour tous, le Pot-au-Noir sera déterminant.

Ils auront atteint la latitude 4°N lundi soir à minuit – c’est actuellement la limite supérieure du Pot-au-Noir.

Une fois arrivés dans cette zone de convergence intertropicale, l’écart entre les concurrents devrait se réduire.
Soumis à cet effet ressort, Telefónica et PUMA Ocean Racing ralentiront certainement dans des vents faibles et incertains.
Mais ils auront aussi de grandes chances de sortir de ce piège en premier pour rallier la marque de parcours de Fernando de Noronha.
Le ressort fonctionnera alors en sens inverse puisqu’ils fileront vers le Brésil dans des alizés de sud-est.

Leurs deux poursuivants, CAMPER with Emirates Team New Zealand et Groupama sailing team, n’ont donc pas d’autre choix que de faire route le plus vite possible et de réfléchir à une attaque au passage du Pot-au-Noir.

Les Français ont d’abord choisi de contourner l’archipel du Cap Vert par le nord. Ils filent à 18 noeuds, cap au sud.
 » La décision était facile à prendre » assure Charles Caudrelier, barreur et régleur, joint au téléphone une fois l’île de Sao Antao passée.  » On connaît bien le coin et ses dévents pour y être passés un paquet de fois. Il peut y avoir des gains dans les rotations de vent entre les îles, mais le risque est énorme.
On sait à peu près où on veut se placer dans le Pot-au-Noir, mais il y aura des recalages de dernière minute. C’est vraiment une zone que les modèles maitrisent mal ! Il faut choisir son point d’entrée et croiser les doigts »
« Plus on passe à l’est, plus le risque est élevé. On va avoir du mal à sortir aussi ouest que nos camarades. Mais plus on passe à l’est, plus l’angle est intéressant en sortie de Pot-au-Noir pour rejoindre Fernando. Ce n’est jamais un choix facile. »

C’est aussi pour cette raison que les Néo-Zélandais de CAMPER ont choisi de se décaler à droite : pour tenter une meilleure trajectoire à la sortie du Pot-au -Noir.

Mais rien n’est prévisible, car cette zone dynamique soumise aux deux systèmes de vent des hémisphères nord et sud est  » l’un des seuls moments de la course où les équipages n’ont aucun contrôle,  » commente Knut Frostad, directeur de la Volvo Ocean Race, quatre éditions de la course en tant que marin.

 » Le Pot-au-Noir pourrait s’étendre là où Telefónica, PUMA et CAMPER comptent traverser, et se réduire à l’est pour Groupama. C’est souvent arrivé par le passé ! Le contraire peut aussi se passer, les gars à l’ouest peuvent avoir de bons vents et Groupama peut se retrouver bloqué dans une grosse bulle. »
« Vous pouvez oublier votre routage ou vos fichiers météo. Votre radar fait tout. Il vous faut sans cesse observer depuis le pont. C’est un moment très tendu.  »

www.volvooceanrace.com

 

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