Kito de Pavant, Sébastien Audigane :complices pour le pire et le meilleur dans la Barcelona World Race

Pour Kito de Pavant et Sébastien Audigane : la Barcelona World Race, c’est un tête à tête de 90 jours et 25 000 milles nautiques à travers le globe. De l’aventure pure et dure !

Barcelone, la touristique, la festive et la sportive, a mis les bouchées doubles avec la FNOB (Fundacion Navegacio Océanica Barcelona – organisatrice de la BWR) pour accueillir les concurrents de cette seconde édition.

Départ le 31 décembre à 13H00
KITO DE PAVENT ET SEBASTIEN AUDIGANE

Les réponses de Kito et de Sébastien posées sur cette route du Grand Sud, un passage toujours plus ou moins redouté par les skippers :

Kito de Pavant : « J’ai une appréhension naturelle car je ne connais pas et l’ignorance mène aux doutes. Cela me parait très long un mois dans l’inconnu mais le Grand Sud, on s’en imprègne aussi des marins qui l’ont fait avant nous. Je me souviens des premiers Vendée Globe où les gars ne voulaient plus y retourner.
Aujourd’hui, les navigateurs se font beaucoup plus plaisir là-bas, c’est un signe. Nous nous sommes adaptés grâce aux progrès en matière de communication ou d’équipement comme les vêtements par exemple (Kito et Seb portent des vêtements MarinePool) ! Ce n’est pas tout à fait la même aventure mais je reste néanmoins impatient d’aller voir. Je n’oublie pas non plus l’Atlantique qui va nous occuper pendant deux mois et, lui, je le connais bien. »
Carte du Cap Horn

Sébastien Audigane : « C’est curieux, quand tu ne l’as jamais fait, tu es dans la légende. Je me souviens d’Olivier de Kersauson qui me demandait « tu as déjà été dans le Sud ? », ces quelques mots étaient lourds de sens.
Cela semblait être le lieu de tous les dangers. Comme j’aime naviguer dans la brise au portant et les longues glissades sans fin, ces régions m’attirent. J’y suis allé deux fois et l’entrée dans les mers du Sud m’a marquée.
A la perpendiculaire de Bonne Espérance, un matin tu te lèves, tu sais que tu approches du 38ème Sud, et les premiers Albatros apparaissent, la température baisse, ça accélère et c’est parti ! Je l’ai toujours fait en équipage donc la donne change en double. Ce n’est pas plus dangereux mais il faut appréhender les problèmes différemment et seul quand l’autre dort. J’aime naviguer là-bas.
On ne peut pas s’imaginer à quel point le plafond est bas, à quel point tu es minuscule sur l’océan. Le plus dur, c’est le froid. Il faut soigner la vie à bord, se protéger les mains, etc. Et dans l’Indien, la mer est démontée. Tu ne peux pas faire ce que tu veux, un vrai chaos ! C’est aussi dangereux dans le bateau que sur le pont mais c’est tellement magique, ce sentiment de liberté aBEL A BARCELONE @A.CASSIMbsolue… »

Comment définiriez-vous « la complicité entre marins » ?

Kito de Pavant : « Ma priorité est d’être en phase tous les deux, que l’on se comprenne à chaque fois que l’on fait un geste. J’ai totalement confiance en Seb. Je sais que lorsqu’il est sur le pont, le bateau est bien réglé ! Tout cela est essentiel car sur une course de quelques semaines, tu peux privilégier l’expérience ou le côté technique d’un marin, mais sur la BWR, le relationnel prend toute sa dimension. »

Sébastien Audigane : « Entre Kito et moi, c’est à la fois une complicité d’hommes et de marins. En ce moment, c’est particulier, je sens que la pression monte mine de rien. Elle va s’intensifier jusqu’au départ et je n’aime pas trop ça. J’ai l’impression de tourner en rond. Je suis impatient d’être au 31 et en même temps ce n’est pas n’importe quel départ, on en prend pour 90 jours ! Je pense qu’en ce moment, on a tous les deux la même chose dans la tête mais on ne se le dit pas forcément, on se prépare à une longue période de « mi-solitude » en tête à tête. Quitter la terre, c’est quitter beaucoup de choses. L’une des principales différences, c’est qu’avant un départ, Kito a besoin d’être entouré, de sa famille, de son équipe tandis que moi, je suis plus solitaire. Paradoxalement, je serais plutôt du genre à m’isoler. »

La Barcelona World Race en bref :

Tour du monde en double et sans escale à bord de monocoques de 60 pieds IMOCA
Deuxième édition de cette épreuve organisée par la FNOB (Fundació per la Navegació Oceànica Barcelona)
Parcours : 25 000 milles (46 300 kilomètres), passage entre les deux îles de la Nouvelle-Zélande
15 tandems inscrits : 30 marins, 8 nationalités, 3 femmes
Premier tour du monde pour Kito de Pavant, second pour Sébastien Audigane

Site du projet : www.sharingsmilestour.com

Site officiel : www.barcelonaworldrace.org

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