Bravo Clarisse, jeune et talentueuse skippeuse du Vendée Globe

Vendée Globe. Clarisse Crémer félicitée par Ellen MacArthur, « c’est carrément la classe »

Lors de sa conférence de presse d’arrivée, Clarisse Crémer, 12e du Vendée Globe et première femme, a eu la belle surprise d’entendre un message de félicitations d’une légende de la course au large : Ellen MacArthur, deuxième voilà vingt ans et dont la jeune navigatrice de Banque Populaire vient de pulvériser le temps de référence de plus de 7 jours. Extraits choisis de cette conférence de presse.

En bouclant le Vendée Globe en 87 jours ce mercredi 3 février, Clarisse Crémer (Banque Populaire) a battu de plus de 7 jours le temps de référence d’une femme sur le Vendée Globe, établi par une légende la course au large, Ellen MacArthur. Aujourd’hui silencieuse sur la course au large (à dire vrai elle ne s’exprime plus jamais sur le sujet), Ellen MacArthur a fait un très joli cadeau à Clarisse Crémer : un message audio diffusé pendant la conférence de presse. Ce message d’Ellen à Clarisse – en Français – disait ceci. « C’est génial. C’est vraiment un tour du monde exceptionnel. Prends soin de toi après l’arrivée, c’est toujours dur. Mais bravo pour tout ce que tu as fait. Bravo ! » Un message d’une légende à une grande, en somme

Avec humilité, Clarisse Crémer a tout de suite fait remarquer que depuis l’édition de 2000-2001, les temps avaient changé. Moments choisis.

Je suis contente, c’est chouette, voire rigolo d’entendre que je suis la femme la plus rapide autour du monde sur un monocoque en solitaire, mais ça s’arrête là

Sur le message d’Ellen MacArthur :

Clarisse Crémer : « Nous sommes tous d’accord pour dire que ce record date de 20 ans et que l’édition de 2000 et celle de 2020 sont complètement différentes. On a bien vu cette année que la durée d’un Vendée Globe n’est pas représentative de l’intensité de la course et de ce qu’ont fait les marins sur celle-ci. Je suis contente, c’est chouette, voire rigolo d’entendre que je suis la femme la plus rapide autour du monde sur un monocoque en solitaire mais ça s’arrête là. Par contre, recevoir un message d’Ellen McArthur, ça c’est carrément la classe. »

 
 

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Sur l’esprit d’entreprise

« Si je devais comparer le Vendée Globe au fait d’avoir monté ma propre entreprise, je dirais que ces deux aventures demandent beaucoup d’énergie et de croire à quelque chose qui demande de se lancer sans connaître tous les paramètres. Cela demande du travail, et de l’énergie donc, et de réussir à se faire confiance alors que tous les éléments ne vont pas dans notre sens au départ. C’est pour moi le point commun entre la grande aventure sportive du Vendée Globe et une aventure entrepreneuriale qui n’est pas toujours facile. »

Sur les femmes dans le Vendée Globe :

« Plus que d’être la première femme ou douzième de la course, ce qui me fait le plus plaisir, c’est clairement d’avoir terminé le Vendée Globe en naviguant bien, en mode course et pas en mode promenade de santé. Être la première femme est une cerise sur le gâteau car nous savons que nous ne sommes pas très nombreuses et le fait que je sois la première met en valeur le projet. C’est positif de ce côté-là mais je n’y pensais pas lorsque j’étais sur l’eau, je ne pensais pas au fait que j’étais une femme. Je pensais que j’avais un bateau pour faire le Vendée Globe et que les hommes ou femmes autour de moi étaient avant tout des concurrents. Le fait d’être un homme ou une femme n’est pas ce qui détermine notre façon de naviguer. Mais s’il faut en parler, j’ai une grosse pensée pour les filles qui sont encore sur l’eau et qui auraient pu prétendre à une super place comme Sam (Davies) ou Isabelle (Joschke) qui n’ont pas eu de chance comme ça arrive parfois sur le Vendée Globe et qui ont eu le courage de repartir hors course. Je trouve ça bien car boucler un tour du monde en solitaire à la voile, c’est quelque chose. »

Si je peux illustrer le fait que des femmes peuvent accéder à ce genre de projets…

« C’est sûr que c’est triste de voir parfois un Vendée Globe partir sans femme comme lors de la précédente édition, parce qu’il n’y a pas de raison qu’il en soit ainsi. Sur cette édition, nous sommes à 6 femmes pour 33 concurrents, donc c’est un bien meilleur chiffre. Je ne pense pas que chercher la parité ait du sens mais il est hyper important de montrer que l’on peut se lancer dans ce genre d’aventure en tant que femme, de montrer que l’on a le droit. Même si l’on n’a pas les mêmes capacités physiques, nous avons d’autres façons de faire qui permettent de compenser. Et c’est très intéressant sur une course comme ça de voir qu’il y a autant de types de marins différents que de concurrents. Il n’y a pas deux personnes avec le même cursus ou la même façon d’appréhender la ligne de départ de ce Vendée Globe. Il y a eu plein de projets différents et être une femme, c’est une façon d’être différente. Alors je ne conseille pas aux gens de me ressembler mais si je peux illustrer le fait que des femmes peuvent accéder à ce genre de projets, que c’est possible, parce qu’il est vrai qu’à l’échelle de l’humanité il n’y a pas si longtemps que ça que les femmes ont l’opportunité de se lancer dans de grands projets de ce type. Donc si je peux aider certaines femmes à se dire que c’est possible et à oser se lancer, à se donner un peu de courage, en s’attachant à d’autres femmes qui l’on fait, c’est bien.

J’ai réussi à faire le tour du monde en trois mois à la vitesse d’une mobylette, ça montre que la planète n’est pas si grande que ça…

Sur la nature :

« C’est bizarre le Vendée Globe, parce qu’on fait le tour du monde mais on ne voit que de l’eau ou presque donc on n’a pas vraiment l’impression d’avoir une connaissance profonde de la planète. Par contre, quand je me dis que moi, j’ai réussi à faire le tour du monde en trois mois à la vitesse d’une mobylette, ça montre que la planète n’est pas si grande que cela. À la fois on se sent perdu au milieu de nulle part, dans l’immensité des éléments lorsqu’on est au milieu du Pacifique, pas loin du point Nemo. On se demande un peu ce que l’on fait là et on se rend compte à quel point la nature est énorme, puissante et sublime et qu’elle peut nous écraser d’un instant à l’autre et en même temps on se dit que ce n’est pas si grand que ça. C’est peut-être un poncif mais j’ai vu des déchets au milieu du Pacifique, au milieu de nulle part, des bouteilles de lessive, un baril de pétrole en train de rouiller et ça c’est assez choquant, surtout quand ne voit aucun signe de civilisation pendant trois mois sauf ça ! Je n’ai pas porté particulièrement de cause environnementale sur mon projet de Vendée Globe mais j’ai vu des signes de notre présence sur terre loin d’être positifs…

« En revanche, j’ai été émerveillée à chaque instant. J’ai pensé à ma grand-mère qui passait son temps à dire « que la lumière est belle ». Je me le disais vingt fois par jour, un nuage, un scintillement sur l’eau… C’était magnifique, tout le temps changeant et c’est ce qui m’a porté, surtout dans les moments de détresse psychologiques où je n’étais pas bien dans ma peau. C’est toujours ce qui m’a permis de retrouver le sourire et de profiter de ce que j’étais en train de vivre. »

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