Le Class40, un bateau en plein essor, les nouveaux sont reconnaissables avec leur « nez » rond.

En 2019 , ils étaient 27 Class40 au départ de la Transat Jacques Vabre 2019. Ce dimanche, ils seront 45 sur la ligne, au large du Havre. Neuf des 45 bateaux ont été mis à l’eau en 2021. Les chiffres ne manquent pas pour illustrer l’essor d’une classe née en 2004.
 Vainqueur de la Transat Jacques Vabre 2019 avec Adrien Hardy, Ian Lipinski sur un Crédit Mutuel avait été le premier Class40 à arriver avec une étrave arrondie. Tous les bateaux mis à l’eau, des « scows » cette année présentent un nez rond.

Trois scows mis à l’eau cette année : La Boulangère Bio, Edenred et Crosscall. | THOMAS BRÉGARDIS / OUEST-FRANCE

Les scows attirent ceux qui aiment la vitesse

Depuis deux ans, toutes les courses du championnat Class40 ont été remportées par ces nouvelles machines. Révolution architecturale, les scows,  permettent des gains de vitesse de l’ordre de 2 nœuds au reaching dans la brise, attirent un nouveau public sur la classe.

Ces bateaux de dernière génération sont très ludiques, très plaisants et vont très vite. On prend énormément de plaisir à naviguer dessus, poursuit Ian Lipinski. Ils procurent des sensations. Les gens qui aiment la vitesse et la course peuvent aussi s’y retrouver.

Pour la Transat Jacques Vabre, Ian Lipinski (à droite) embarque Julien Pulvé sur son Crédit Mutuel, tenant du titre. | THOMAS BRÉGARDIS / OUEST-FRANCE

Des marins de renom arrivent sur la classe. Le dernier en date : Pierre Quiroga. Vainqueur de la Solitaire du Figaro 2021, il sera au départ de la Transat Jacques Vabre sur Edenred, le Class40 dernière génération d’Emmanuel Le Roch, mis à l’eau en juin dernier. Pierre Quiroga vise également la Route du Rhum 2022, sur un Class40 neuf dont il serait le propriétaire.

Pour moi, la Class40 a trouvé le bon équilibre entre technologie, économie et sport. D’autant plus avec ces nouveaux bateaux, les scows, qui sont hyper puissants. Ça rajoute un aspect technologique à des bateaux qui étaient auparavant très simples. Les scows complexifient les choses, les durcissent​, juge le skipper Macif 2019.

Si cette classe  attire autant, c’est aussi grâce à son calendrier de course. Il va y avoir un programme idéal, juge Pierre Quiroga. ​On participe à deux grandes courses, la Route du Rhum et la Transat Jacques Vabre, mais il va aussi y avoir un championnat en Méditerranée par exemple…

On peut également rajouter les deux tours du monde qui sont en train de se monter, The Race Around, et Globe40, et qui devraient attirer un public plutôt amateur, qui fait également l’essence du circuit.

Pour Ian Lipinski, Le Class40 est un bateau assez grand pour participer à ces courses et affronter des conditions de mer difficiles, mais aussi assez petit pour que ça reste à échelle humaine et simple dans sa mise en œuvre.

Aujourd’hui, il faut compter environ 750-800 000 euros pour un Class40 neuf. C’est largement moins que pour un Imoca neuf, par exemple (environ 7,5 millions).

Le calendrier bien garni et les coûts qui restent raisonnables sont forcément des arguments au moment d’aller démarcher un sponsor. 

Certains vont même plus loin. Fin mai, Halvard Mabire, président de la Class40, nous confiait : « La Class40 est en train de s’imposer comme la classe reine de la course au large, parce que c’est la plus abordable, ce qui découle sur le fait que c’est là qu’il y a le plus de mixité et de nationalités. »  

Si les scows ont tout de même augmenté de manière significative. Il y a dix ans, un Class40 neuf coûtait 300-350 000 euros, contre 750-800 000 euros aujourd’hui.

L’arrivée de coureurs de renom, qui placent la performance au centre de leur projet, change un peu l’esprit de départ de la classe. À l’origine, les Class40 étaient également prévus pour être utilisés en croisière. Si l’on regarde l’un des derniers nés, Crosscall, il s’agit d’une véritable machine de guerre, typé à l’extrême. Pas sûr que la croisière s’amuse beaucoup dessus.

« Je ne sais pas si la classe est en train de perdre ce mélange amateurs-professionnels mais je pense qu’il y a une transformation qui est en train de s’opérer, analyse Pierre-Louis Attwell. Aujourd’hui, le circuit classique est plus brigué par les professionnels. Mais en parallèle, on voit arriver des projets tour du monde qui sont majoritairement destinés aux amateurs. Je ne pense pas que ce soit gênant. On peut très bien imaginer des circuits différents au sein de la classe, avec des amateurs et des professionnels qui se croisent sur certaines courses. On n’est pas obligé de faire que des courses à deux vitesses. »

Trois Class40 d’ancienne génération : Lenzi – Lanternes de Paris, Milai et Free Dom. | THOMAS BRÉGARDIS / OUEST-FRANCE

Cette question de courses à deux vitesses génère également le débat. Comme en Imoca, où l’on fait la distinction entre foilers, Imoca d’anciennes générations upgradés avec des foils et dérives droites, on distingue forcément les scows, les bateaux spatulés (d’ancienne génération dont l’étrave a été retravaillée comme Lamotte – Module Création ou Entrepreneurs pour la planète) et les bateaux d’ancienne génération en Class40.

Désormais, les bateaux d’ancienne génération ne courent plus pour la victoire, mais pour être les premiers de leur catégorie.

« Il y a toujours eu une différence entre les Class40 plus récents et les anciens, tempère cependant Ian Lipinski. En Mini, c’est pareil et ça n’empêche pas les gens de porter des projets différents. Je pense qu’il n’y a rien de très nouveau. »

Une chose est sûre : le circuit Class40 devient de plus en plus excitant !

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Donc à suivre dès dimanche 7 novembre lors du départ de la TJVabre , cap sur la Martinique

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