Le voilier LinkedOut, accéléré par Advens, mené par Thomas Ruyan et Morgan Lagravière

La Transat Jacques Vabre et Thomas 

5ème participation à la Transat Jacques Vabre

Thomas Ruyant s’aligne en cette année 2021 pour la 5ème fois au départ de la Transat Jacques Vabre, après ses expériences contrastées de 2011 et 2013, (abandons en Class40), de 2015 (4ème) et 2019 (5ème) en Imoca. Le skipper Dunkerquois du foiler LinkedOut, accéléré par Advens, garde pourtant cette désormais classique de la course au large en très haute considération, pour l’opportunité exclusive qu’elle lui procure de naviguer avec des personnalités enrichissantes du plus haut niveau, Bruno Jourdren, Adrien Hardy, Stéphane Le Diraison, Antoine Koch et cette année, Morgan Lagravière, et pour la diversité de ses parcours, passionnants météorologiquement, en direction du Brésil, Salvador ou Itajai, ou Martinique cette année, via une marque de passage fabuleuse, Fernando da Noronha. Entretien…

« La Transat Jacques Vabre est bien ancrée dans le paysage de la course au large Française et Internationale, à la hauteur d’une Route du Rhum me semble-t’il. On en est déjà à la 15ème édition, puisqu’elle revient vite au calendrier, tous les deux ans. Elle se dispute en double, format très intéressant pour apprendre et progresser sur nos bateaux, avec à la clé des performances toujours spectaculaires. J’ai ainsi eu la chance de côtoyer des marins aux profils différents, qui m’ont tous enrichi à leur manière, Adrien Hardy, avec son côté atypique, Antoine Koch et son approche cartésienne des choses de la mer, et aujourd’hui Morgan, tout en feeling et en sensibilité. Ces marins me font progresser, et apportent énormément à la connaissance et à la maitrise du bateau. »

« Autre singularité de la Transat Jacques Vabre, ses parcours et destinations variées, depuis Cartagena das Indias en Colombie, le Brésil avec Salvador et Itajai, Puerto Limon et aujourd’hui la Martinique, via pour les IMOCA l’île magique de Fernando da Noronha. Nous allons parcourir une partie de la route du Vendée Globe, avec un double franchissement de l’équateur et le pot-au-Noir. C’est passionnant. Le parcours est très long, plus de 5 800 milles. Ce n’est donc pas un sprint alizéen comme une Route du Rhum. Il y aura du jeu, des pièges… Une belle tranche de vie maritime à partager à deux, avec de l’ambition car c’est une course où nous pouvons très bien figurer. Notre LinkedOut arrive à maturité. Il est typé pour ce parcours et on devrait connaitre de belles et longues envolées aux allures préférées de notre foiler. »

« Le plateau est impressionnant, et témoigne de l’extraordinaire dynamisme actuel de la course au large dans toutes ses composantes, multicoques ou monocoques. Côtoyer toutes ces classes au meilleur de leur composition dans le bassin Paul Vatine du Havre est une véritable fête, une communion de ce que l’inventivité humaine offre de mieux pour aller vite sur l’eau, relier les hommes et les pays par la seule force du vent.

Thomas Ruyant et Morgan Lagravière à l’entrainement à bord de l’IMOCA Linked Out avant la Transat Jacques Vabre, le 5 octobre 2021, photo © Jean-Marie LIOT / Linked Out

 

Morgan Lagravière ; le vent pour passion 

Il n’en finit pas de renaitre et de rebondir. Morgan Lagravière dessine sa carrière d’homme de mer en larges paraboles tantôt ascendantes, tantôt descendantes, au gré des fortunes que le vent et les océans poussent sur son chemin de vie. Depuis ses rivages enfantins de La Réunion et ses premiers bords en Optimist, il a avec bonheur touché à toutes les machines destinées à performer sur l’eau, du maxi trimaran au Kitefoil. Thomas Ruyant dit de lui qu’il est l’ami du vent et qu’en toutes circonstances, vitesse et performance l’accompagnent. Membre à part entière de l’équipage de l’Ultime Edmond de Rothschild, récent vainqueur de la Rolex Fastnet race, Morgan partage désormais à bord de l’Imoca LinkedOut, avec plaisir et envie, non seulement son talent si exclusif de performer, mais cette sensibilité singulière au vent, à la mer, à la vie trépidante des bateaux qui volent sur l’eau.
 
Une formation olympique

Tout commence, comme souvent, par un atavisme hérité d’un père et partagé par des frères « voileux » en diable. La Réunion et ses rivages déchirés par l’océan Indien offrent à la fratrie Lagravière d’extraordinaires terrains de jeux sur lesquels le jeune Morgan excelle dès l’âge de 6 ans, grimpant quatre à quatre les marches de l’expérimentation en Optimist, 420 puis 470, sous la houlette d’incubateurs de passion comme Gabriel Jean Albert son entraîneur et ami. Une voie semble se dessiner pour lui, qui passe par Antibes et Marseille, section sport étude, avec l’Olympisme pour but ultime. Stéphane Christidis est son partenaire en 49er, avec qui il frôlera la sélection pour les Jeux Olympiques de Pékin. « L’Olympisme me caractérise encore aujourd’hui » affirme-t’il, empreint de cette rigueur, de cette résilience, de ce perfectionnisme propre à la pratique exacerbée de la monotypie. « Ma priorité, c’est le sport, la gagne, la compétition. » Morgan Lagravière cultive contre vent et marée son sens innée de la vitesse, née de sa quête du plaisir de la glisse. « En course au large, la technologie vient rompre la logique du plaisir. Je m’attache à préserver l’intuition et les sensations tant en Imoca qu’en Ultime. C’est un point que j’ai en commun avec Thomas… »
 
L’homme oiseau

La quête de la vitesse sur l’eau passe aujourd’hui par le vol, par la capacité offerte par les nouvelles technologies d’arracher planches, monocoques ou multicoques aux éléments liquides, pour accélérer dans la durée non plus sur la crête des vagues, mais sur la résistance de l’air. Morgan l’homme oiseau se meut avec délectation dans cette nouvelle approche de la navigation hauturière. « Voler, piloter un avion est une autre de mes passions » avoue ce détenteur d’une licence de pilote privé. « J’ai un moment caressé le rêve de partir au Canada pour y devenir pilote de ligne. » Avion, foiler…. C’est encore une fois la sensibilité, l’approche intuitive de la gestion des éléments qui s’exprime, cette recherche de la symbiose parfaite avec les élément propulsifs naturels, liquides ou aériens.  « Je vis mes passions à fond. Dans l’instant. Sans calcul ni plan de carrière. Je suis ainsi devenu « addict »  au Kitefoil, un prolongement dans ma quête des sensations absolues de la glisse. C’est ainsi que je trouve mon équilibre, en prolongeant les exigences du sport de haut niveau inculquées par mon passé Olympique dans les pratiques saines des sports de glisse, de la voile et du vol, avec ma petite famille pour ciment. »

A 34 ans, Morgan Lagravière, a réalisé l’alchimie ciel, terre, mer, pour le plus grand bonheur de LinkedOut, TR Racing et Advens.

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